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[Revue de presse] Conseil européen : des sanctions, des menaces et des invitations à coopérer pour la Biélorussie et la Turquie

Revue de presse 02.10.2020

Réunis en sommet européen à Bruxelles depuis le 1er octobre, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont négocié pendant de longues heures avant de trouver une position commune face à Minsk et Ankara.

Après une première journée dédiée aux affaire étrangères, les 27 dirigeants de l'UE se retrouvent pour discuter relance économique, coronavirus et état de droit

Après une première journée dédiée aux affaire étrangères, les 27 dirigeants de l'UE se retrouvent pour discuter relance économique, coronavirus et état de droit - Crédits : Conseil européen

"Nous sommes crédibles", s'est félicité le président du Conseil européen Charles Michel lorsqu'il a présenté à la presse dans la nuit du 1er au 2 octobre les conclusions de la première journée du sommet européen, qui a débuté hier à Bruxelles. Une satisfaction justifiée, selon Les Echos : "au terme d'un intense débat et après avoir frôlé le risque d'un aveu d'impuissance, [l'UE] est finalement parvenue à surmonter ses difficultés pour envoyer un signal de fermeté et de cohérence sur deux dossiers diplomatiques".

Les dirigeants ont donné leur feu vert pour "sanctionner le régime au pouvoir en Biélorussie et ont, parallèlement, délivré à la Turquie un message de fermeté assorti de menaces de sanctions", résume Le Figaro. Qui considère que les Vingt-Sept "sont parvenus à sortir par le haut du nœud turquo-biélorusse dans lequel ils se trouvaient depuis plusieurs semaines".

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Sanctions en Biélorussie

Première avancée dans l'agenda diplomatique : l'adoption de "mesures restrictives" (sanctions) à l'encontre d'une quarantaine de responsables biélorusses, "une tentative pour éviter un nouveau coup porté à l'ambition de l'UE d'être prise au sérieux comme acteur sur la scène mondiale", analyse Politico. "L'Union européenne agit maintenant contre ceux qui s'opposent aux mouvements démocratiques", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, citée par Politico. "Je trouve que c'est un signal très important", poursuit la dirigeante. Un signal qui était notamment réclamé par l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa. "Si l’UE se rallie à nous (…) cela pourrait aider beaucoup", plaidait-elle encore en amont du sommet [Le Monde].

Ces mesures "gèlent les avoirs des personnes concernées dans l'UE qui sont également interdites d'entrée sur le territoire de l'Union", complète Europe 1. Elles ne concernent pas cependant, à ce stade, le président Alexandre Loukachenko. Une absence justifiée par le président français Emmanuel Macron, pour qui "[les Européens] veulent que Loukachenko coopère avec les enquêtes internationales", rapporte France24. La liste, qui doit être officiellement validée par le Conseil des ministres des Affaires étrangères dans les prochains jours, reste néanmoins ouverte. La menace d'y ajouter le président biélorusse est donc "censée lui donner la motivation nécessaire pour coopérer", explique Dave Keaton, le correspondant à Bruxelles pour France 24.

"Ces mesures étaient prêtes depuis plusieurs semaines mais devaient être approuvées à l’unanimité par les États membres : or, Chypre refusait de donner son aval si l’UE n’adressait pas d’abord un message musclé à la Turquie", rapporte Ouest-France. "Alors que la Turquie a cessé ses opérations de recherche d'hydrocarbures dans les eaux grecques, elle les a en effet poursuivies dans les eaux chypriotes", complètent Les Echos pour expliquer l'attitude de Nicosie. Après plusieurs heures de tractations, un compromis a cependant permis de "lever le veto chypriote", poursuit le quotidien économique.

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Menaces contre la Turquie

Mais si l'attitude à adopter face à la Biélorussie faisait relativement consensus, il a été beaucoup plus difficile de s'accorder vis-à-vis de la Turquie. "Chypre réclamait que l’option des sanctions figure noir sur blanc dans les conclusions de la réunion sur les relations entre l’UE et la Turquie. De son côté, la Grèce voulait que les Européens utilisent 'la carotte et le bâton' :  des offres d’ouverture à l’égard d’Ankara, notamment sur l’union douanière, mais assorties de menaces de représailles si la Turquie poursuivait ses actions déjà condamnées par l’UE", résume Ouest-France.

De l'autre côté du tableau, certains Etats se montrent  "très réticents quand il s'agit de tracer des lignes rouges pour la Turquie, c'est pourquoi les discussions ont pris aussi longtemps" (plus de 7 heures), a déclaré le chancelier autrichien Sebastian Kurz, repris par Europe 1. "L'Union européenne a beaucoup d'intérêt à développer une relation réellement constructive avec la Turquie, malgré toutes les difficultés", a plaidé Angela Merkel.

La décision finalement adoptée reflète cette "double approche" vis-à-vis d'Ankara: "améliorer certaines coopérations et relancer l'union douanière mais à condition que la Turquie cesse ses forages illégaux dans les eaux de Chypre", a expliqué Charles Michel [Europe 1]. Dans leurs conclusions, les Vingt-Sept préviennent que l'UE "utilisera tous les instruments et toutes les options à sa disposition, y compris en accord avec l'article 29 du Traité de l'UE et l'article 215 du Traité sur le fonctionnement de l'UE". "Or, le second de ces articles fait référence à des mécanismes de sanctions", note le correspondant des Echos à Bruxelles, Gabriel Grésillon.

 

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