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[Revue de presse] Confirmée à son poste, Theresa May reportera-t-elle le Brexit ?

Revue de presse 17.01.2019

Theresa May a réchappé, mercredi 16 janvier, à la motion de censure déposée la veille par l'opposition travailliste, qui a donc échoué à la renverser. Après le rejet massif mardi par la Chambre des communes de l'accord sur le Brexit, le gouvernement britannique doit à présent proposer une solution alternative susceptible de rassembler une majorité de parlementaires. Un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE est envisagé.

Theresa May a lancé des pourparlers avec les partis d'opposition après avoir remporté la motion de censure - Crédits : Stortinger / Flickr

Theresa May a lancé des pourparlers avec les partis d'opposition après avoir remporté la motion de censure - Crédits : Stortinger / Flickr

"Personne ne s'attendait" à ce que le gouvernement britannique tombe à cause de cette motion de censure déposée par le Labour à la suite du rejet massif par la Chambre des communes de l'accord de sortie négocié par Theresa May avec Bruxelles. "Et il n'est pas tombé", constate Le Parisien. Durant le débat précédant le vote, le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a fustigé un gouvernement "zombie", estimant que la Première ministre aurait dû démissionner après avoir perdu "la confiance et le soutien" du Parlement, relate France Culture.

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Retrouver sa majorité

La motion de censure a finalement été rejetée à 325 voix contre 306 : Theresa May était "assurée que ses troupes ne la lâcheraient pas pour donner les clés [du 10 Downing Street] à ce chef de l'opposition honni par les conservateurs", rappelle Le Parisien.

Mais si Theresa May a sauvé sa tête mercredi soir, son gouvernement "reste dans une position profondément précaire suite au vote de mardi" et doit proposer une alternative acceptable pour une majorité de parlementaires britanniques, rappelle Politico. La cheffe du gouvernement a donc "immédiatement entamé des pourparlers entre les partis" afin de "travailler ensemble de manière constructive", relate le média en ligne. Jeremy Corbyn a néanmoins fait savoir qu'il ne souhaitait pas répondre à l'invitation de la Première ministre tant que celle-ci n'écartait pas la possibilité d'un no deal, indique The Guardian dans son live. Ce qu'elle a refusé de faire pour le moment.

Theresa May a jusqu'au lundi 21 janvier pour présenter aux parlementaires un plan B. Elle pourrait notamment demander à Bruxelles de reporter la date de sortie effective actuellement prévue le 29 mars, ce qui représenterait une extension du fameux article 50 qui prévoit une sortie de l'UE deux ans après son activation par un État membre. Alors qu'elle avait jusqu'alors "repoussé avec véhémence" [Le Parisien] cette perspective, "elle a indiqué qu'un Brexit au 29 mars restait l'hypothèse de travail, mais qu'elle n'avait pas fermé la porte à un report de la date", précise France 24.  

Reporter la date du Brexit ?

L'intérêt serait de gagner du temps pour retourner à Bruxelles et tenter d'obtenir des concessions et un nouvel accord "susceptible de passer l'obstacle du Parlement britannique", poursuit le média – même si Bruxelles s'entête à rappeler que ses lignes rouges ont été atteintes par l'actuel accord. De la même manière, un délai pourrait être utilisé pour organiser un second référendum comme le demandent les libéraux et les écologistes britanniques au gouvernement, une option encore improbable.

Brexit : quels scénarios possibles ?

"Il y a encore le temps de négocier", a cependant tempéré Angela Merkel [France Culture], car l'idée d'un tel report inquiète les Vingt-Sept, même s'ils craignent encore plus un possible no deal.

Si le report va au-delà de la prise de fonction du nouveau Parlement européen – élu fin mai, il commencera ses travaux le 2 juillet – "les services juridiques des institutions communautaires sont formels : le Royaume-Uni, encore membre de l’UE, devra participer au scrutin", souligne Le Monde. Dans ce cas, même si la procédure de sortie n'est pas abandonnée, les électeurs britanniques devront élire des eurodéputés.

La France accélère les préparatifs

En parallèle des discussions entre Londres et Bruxelles, dans la mesure où la probabilité d'une sortie sans accord n'a jamais été aussi importante, les préparatifs s'accélèrent pour en limiter les conséquences potentielles. En France, à la suite d'une réunion avec plusieurs ministres, Edouard Philippe a ainsi annoncé jeudi 17 janvier le déclenchement du "plan lié à un Brexit sans accord" qui prévoit notamment des "mesures législatives et des mesures juridiques qui visent à faire en sorte qu'il n'y ait pas d'interruption de droits et que les droits de nos concitoyens ou de nos entreprises soient effectivement protégés" [Europe 1].

Autre préoccupation : les médicaments. Près de 3 000 médicaments anglais sont distribués en France et "beaucoup de titulaires d'autorisation de mise sur le marché sont basés au Royaume-Uni". Ces derniers "vont donc devoir les transférer en Europe, vers leurs filiales ou des entreprises partenaires", explique ainsi Philippe Lamoureux, directeur général des entreprises du médicament interrogé par France 3.

Outre les médicaments, "près de 60 millions de tonnes de marchandises circulent entre la France et le Royaume-Uni chaque année", rapporte France 3. Et un no deal impliquerait le retour immédiat d'une frontière entre les deux pays et des formalités douanières. "Le gouvernement français a donc annoncé l'embauche de 700 douaniers d'ici 2020", poursuit la chaîne. La moitié d'entre eux devrait être affectée à la région des Hauts-de-France, précise Le Figaro.

La possibilité d'embouteillages aux différents points de passage – et notamment Dunkerque ou Calais – est également incontestable. "Chaque jour 1 100 camions traversent la Manche vers le Royaume-Uni", rappelle le quotidien. Ce qui fait dire à Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France : "deux minutes de contrôle douanier par véhicule, c'est 27 kilomètres de bouchons du côté anglais à Douvres et du côté français à Calais". Dans ce contexte, les ports essaient de s'y préparer avec l'aménagement de zones physiques dédiées aux déclarations pour les poids-lourds, ou des systèmes de déclarations douanières dématérialisées… Des fonds sont débloqués pour les ports, mais in fine les mesures mises en place ne devraient pas entièrement amortir les conséquences d'un Brexit sans accord.

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