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[Revue de presse] Commission européenne : Ursula von der Leyen face aux eurodéputés avant un vote incertain

Revue de presse 16.07.2019

Après un débat le matin avec l'Allemande Ursula von der Leyen, les eurodéputés devront se prononcer ce mardi 16 juillet à 18 heures sur sa nomination à la présidence de la Commission européenne. La proposition du Conseil européen, qui se voulait un choix de compromis, est cependant loin de faire l'unanimité dans les rangs de l'hémicycle.

Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, le jour du vote (16 juillet)

Ursula von der Leyen, candidate à la présidence de la Commission européenne devant le Parlement européen, le jour du vote - Crédits : Mathieu Cugnot / Parlement européen

Bientôt l'heure du vote au Parlement européen. L'hémicycle devrait à 18 heures, ce mardi 16 juillet, se prononcer sur la candidature d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne, tandis que "les résultats devraient être communiqués entre 19h30 et 20 heures" [L'Echo].

Auparavant, l'Allemande aura tenté de "tout faire pour convaincre le plus grand nombre qu’elle est la bonne personne pour remplacer Jean-Claude Juncker", souligne La Croix. En particulier le mardi matin lors d'un dernier échange avec les députés européens avant leur vote.

Un "green deal" pour l'Europe

Lors de cette allocution, celle qui pourrait devenir la première femme à prendre la tête de la Commission [RTBF] a promis "un 'green deal' pour l'Union européenne dès les 100 premiers jours de son mandat", rapporte l'Obs, "et de faire de l’Europe 'le premier continent neutre' en carbone en 2050". Elle s'est par ailleurs "déclarée 'prête' à un nouveau report du Brexit", poursuit le journal.

Ursula von der Leyen a ainsi repris de nombreux engagements exprimés la veille dans "une missive de huit pages" transmise aux eurodéputés sociaux-démocrates (S&D), explique La Libre. "Elle promet d’œuvrer à la création d’un salaire minimum en Europe", mais aussi "d’améliorer le processus des Spitzenkandidaten, [et] de travailler à un droit d’initiative législative du Parlement européen". Par ailleurs, la candidate s'est aussi engagée sur un "nouveau pacte migratoire" et souhaite relancer "la réforme du mécanisme de Dublin", détaille L'Echo. Elle entend en outre "mettre en place un mécanisme permanent de surveillance de l'État de droit" [La Libre].

"La première présidente sans majorité pro-européenne"

De quoi emporter l'adhésion d'une majorité de membres du Parlement européen ? Pour être élue, la candidate "doit obtenir le soutien de 374 eurodéputés sur 747 (l’hémicycle compte 751 sièges mais trois Catalans et un Danois manquent encore à l’appel)", explique La Croix. Mais "malgré tous ses efforts, elle n’est pourtant pas assurée d’[y] arriver", selon le Huffington Post. Car pour l’heure, "seul son groupe politique du PPE lui a garanti son soutien", souligne la RTBF.

Ce groupe compte 182 élus, "dont une poignée pourrait voter contre, n’ayant pas digéré l’éviction de la tête de liste" et actuel chef du groupe conservateur Manfred Weber, relève La Croix. D'autant que "le vote à bulletin secret [permet] plus facilement de se dégager des consignes des groupes", note le Huffington Post. Pourtant, mardi M. Weber a bien appelé "les eurodéputés du PPE à voter en faveur de celle qui a été choisie à sa place par les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit", relate Le Figaro.

Ursula von der Leyen ne peut donc "se passer du soutien des groupes socialiste (S&D, 154 sièges), libéral (RE, 108)", voire des conservateurs et réformistes eurosceptiques (CRE, 62), détaille La Croix. La candidate risque ainsi "de devoir sa majorité au renfort des eurosceptiques et des démagogues" [Libération].

Comme le note Sven Giegold, député européen des Grünen allemands cité par le quotidien, elle "pourrait devenir la première présidente élue sans majorité pro-européenne. Ce serait un signal catastrophique puisqu’elle serait alors également la présidente des ennemis de l’Europe".

Le parti polonais Droit et Justice le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) ou encore la Ligue de Matteo Salvini pourraient voter l’investiture d’Ursula von der Leyen, croit savoir Libération.

Moins de 400 voix

Tandis que le vote de la plupart des groupes demeure flou et divisé en fonction d'intérêts nationaux, les Verts européens sont les premiers à avoir indiqué en bloc qu'ils ne soutiendraient pas Mme von der Leyen, rejoints par la gauche radicale (GUE). "Pour eux, la remise en cause par les gouvernements du système des Spitzenkandidaten" (où seules les têtes de liste qui ont fait campagne pour les élections européennes peuvent obtenir la présidence de la Commission) "est une atteinte inadmissible à la démocratie européenne", analyse Libération.

Comment est "élu" le président de la Commission européenne ?

Du côté des délégations françaises, Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, a assuré au Huffington Post que son groupe votera "contre". De même, l'opposition d'une partie des socialistes à Mme von der Leyen, menée par le SPD allemand, pourra "compter sur le soutien des 5 socialistes français". La candidate est néanmoins assurée du vote en sa faveur des 21 élus La République en marche, comme l'a expliqué Stéphane Séjourné, président de la délégation.

Il est ainsi possible qu'Ursula von der Leyen obtienne "moins de 400 voix", ce qui serait "très faible", estime Eric Maurice, analyste à la Fondation Robert Schuman cité par le Huffington Post. Un tel résultat serait loin de ce qu'avait obtenu son prédécesseur "Jean-Claude Juncker en 2014 (422 voix avec 729 députés présents)", rappelle Libération.

"Si Ursula von der Leyen ne remporte pas la majorité absolue, le Conseil européen sera contraint de proposer une autre personnalité", qui sera alors élue en septembre. "Un scénario de crise dont personne ne veut", estime le Huffington Post.

 

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