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[Revue de presse] Commission européenne : Thierry Breton confirmé, le candidat hongrois en suspens

Revue de presse 15.11.2019

Les auditions des trois derniers candidats à la Commission européenne se sont déroulées hier, le 14 novembre, dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles. Le Français Thierry Breton et la candidate roumaine ont convaincu les eurodéputés, ce qui permet d'envisager une entrée en fonction de la Commission le 1er décembre, malgré l'absence de commissaire britannique. Celle-ci reste néanmoins suspendue à l'approbation du candidat hongrois, qui devra répondre à des questions supplémentaires.

Thierry Breton, après son audition face aux commissions du marché intérieur et de l'industrie du Parlement européen, le 14 novembre - Crédits : Lukasz Kobus / Commission européenne

Thierry Breton, après son audition face aux commissions du marché intérieur et de l'industrie du Parlement européen, le 14 novembre - Crédits : Lukasz Kobus / Commission européenne

"Le bout du tunnel approche pour la Commission von der Leyen", titre Le Soir. Jeudi 14 novembre, les trois nouveaux candidats désignés par la France, la Hongrie et la Roumanie, en remplacement des personnalités retoquées quelques semaines plus tôt, ont passé leur oral devant les eurodéputés.

"Mme von der Leyen, qui espère entrer en fonction le 1er décembre, n’était pas certaine de si bien s’en tirer", rappelle Le Monde. Au début de l'automne, le rejet de Sylvie Goulard, de Rovana Plumb et de László Trócsányi sur la base de potentiels conflits d'intérêts avait été un coup dur pour la future présidente de la Commission.

Face aux trois nouveaux candidats ce jeudi, le Parlement s'est montré plus clément : proposé par la France pour le portefeuille du Marché intérieur, Thierry Breton a largement convaincu, tout comme Adina-Ioana Vălean, la candidate roumaine aux Transports.

"Le seul intérêt général en tête"

"Emmanuel Macron tient enfin son commissaire français !", commente ainsi Le Point : contrastant avec le "psychodrame Goulard" [Le Soir] début octobre, "Thierry Breton a brillamment passé l'épreuve" [Le Point]. "Un soulagement pour l’Elysée", rapporte Le Monde. L'ancien ministre de l'Economie avait en effet "multiplié les sourires, les mains serrées et le pouce en l’air", et "pris la peine de rencontrer 50 eurodéputés en seulement quelques jours" avant son audition, explique La Croix.

D'abord ménagé par les eurodéputés du centre (groupe Renew) et de la droite modérée (Parti populaire européen, PPE), Thierry Breton a ensuite dû se défendre face à la gauche radicale et aux écologistes qui l'ont interrogé sur les risques de conflits d'intérêt qui pesaient sur sa candidature. "Mardi [12 octobre], la commission des Affaires juridiques du Parlement, chargée de se prononcer sur les conflits d’intérêt, n’avait accepté que de justesse la candidature de l’ancien patron d’Atos", rappelle Le Monde.

"Sapant avec méthode chaque saillie de la gauche, il a enlisé l’un après l’autre ses opposants", relate toutefois L'Echo. Ainsi, pour ne garder que "le seul intérêt général en tête" [Ouest-France], il a assuré avoir "vendu ses actions [et] démissionné de ses mandats d’administrateur" [Le Monde], promis qu'il "se récuser[ait] de toute décision qui pourrait intéresser de près ou de loin son ancienne entreprise" [Le Soir] sans pour autant se "déporter du secteur dont [il a] la charge", précise La Croix. Une transparence qui a convaincu le PPE : "il s'est (…) imposé une exemplarité éthique au-delà même des conditions requises", a déclaré le Républicain Geoffroy Didier cité par Le Point. "Avec Breton, on a gagné un demi-commissaire PPE", a même confié au Monde un autre élu du groupe conservateur, proche du candidat français.

Car au-delà des questions touchant à son intégrité, l'ancien grand patron a également rassemblé autour de ses idées et de ses ambitions. Souhaitant "relever le pari des nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et les technologies quantiques" et "créer des groupes industriels capables de rivaliser face aux géants américains et chinois", explique L'Echo, il a souligné l'importance de "préparer la croissance de demain en investissant dans les technologies critiques futures" [Ouest-France], comme les technologies vertes.

La fin des jeux politiques ?

Bien que les Verts, la gauche radicale (GUE/NGL) et l'extrême-droite (ID) aient réclamé des précisions supplémentaires à l'issue de son audition, "les coordinateurs du PPE (…), des Socialistes & Démocrates, des Conservateurs et Réformistes Européens et des centristes de Renew Europe (…) ont voté en faveur de Breton", explique Politico. Une majorité bienvenue, les principaux groupes étant "conscients de l’impact négatif de l’image d’une 'Europe paralysée'", analyse Le Soir.

C'est également ce consensus qui a primé lors du vote suivant l'audition de la candidate roumaine. D'abord "mise à mal notamment par les questions (…) sur l'éventualité d'une taxation du kérosène des avions", elle a finalement rassemblé autour de "sa volonté de participer à une amélioration de la sécurité routière et la nécessité de pousser davantage les solutions de mobilité 'vertes'", rapporte la RTBF avec Belga.

En revanche, bien qu'adoubé par le groupe politique (PPE), le Hongrois Olivér Várhelyi (Elargissement) a, lui, échoué à convaincre les parlementaires du premier coup : les groupes "S&D, Renew, les Verts et la GUE (gauche radicale) n’ont pas cru sa promesse de suivre 'la ligne européenne et uniquement la ligne européenne'" [Le Soir], "s'inquiétant de sa capacité à promouvoir l'État de droit dans les pays des Balkans occidentaux qui se dirigent vers l'adhésion", ajoute la RTBF avec Belga. Il est notamment accusé d'avoir "toujours défendu à Bruxelles les positions de Viktor Orbán", explique Le Monde. "Il devra répondre à une nouvelle batterie de questions écrites" avant le 18 novembre, détaille donc Le Soir, éventuellement suivies d'une courte audition supplémentaire. Une décision "politique", dénonce le parti de Viktor Orbán [Euronews].

La Commission lance une procédure contre le Royaume-Uni

Deux candidats sur trois ont donc reçu l'aval du Parlement européen, portant à vingt-six le collège de commissaires.  Et si la candidature d'Olivér Várhelyi finissait par être acceptée, Ursula von der Leyen "devrait donc pouvoir soumettre son collège au vote de l’assemblée de Strasbourg, le 27 novembre", indique Le Monde.

Car s'il a refusé de nommer un commissaire "en raison des élections générales anticipées du 12 décembre", le Royaume-Uni a souhaité ne pas "empêcher ou retarder la formation de la Commission" pour autant [Franceinfo avec l'AFP].

"La Commission européenne a envoyé [mercredi] une lettre de mise en demeure au Royaume-Uni pour manquement aux obligations qui lui incombent", a néanmoins indiqué l'institution dans un communiqué. Mais si "cette procédure peut mener jusqu'à une saisine de la Cour de justice de l'UE" et même à "des sanctions financières", il ne s'agit guère plus que d'une "formalité légale", selon Politico, n'ayant "pas d'importance sur le plan politique" [Franceinfo]. Cette décision devrait ainsi "permettre à la nouvelle Commission de prendre ses fonctions même si un Etat membre ne compte pas de commissaire", et rassurer "de petits pays comme l’Irlande [qui] se refusaient à avaliser un exécutif européen au sein duquel chaque Etat ne posséderait pas son représentant", ajoute Le Monde. "Mme von der Leyen (…) peut respirer", termine le quotidien.

 

 

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