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[Revue de presse] Commission européenne : les premiers pas mal assurés d'Ursula von der Leyen

Revue de presse 18.07.2019

Elue à la présidence de la Commission européenne avec une poignée de voix d'avance, Ursula von der Leyen se prépare à un début de mandat compliqué. Considérée a priori comme peu légitime par les 49 % de députés qui ont voté contre elle, la nouvelle tête de l'exécutif européen doit en outre composer avec un Parlement divisé. Celui-ci devra pourtant élire le nouveau collège de commissaires et voter ses propositions de lois.

Le Parlement européen pendant le discours d'Ursula von der Leyen, le 16 juillet 2019

Le Parlement européen pendant le discours d'Ursula von der Leyen, le 16 juillet 2019 - Crédits : Mathieu Cugnot / Parlement européen

Encore inconnue de la plupart des Européens il y a quelques semaines, l'Allemande Ursula von der Leyen, "fidèle de Mme Merkel" [Le Monde], a été élue à la tête de la Commission européenne ce mardi 16 juillet. Avec 383 voix sur 747, elle a néanmoins obtenu "la marge la plus faible" d'un candidat à la présidence de l'institution, note Politico.

Une figure pro-européenne qui divise

D'abord ministre de la Famille en 2005 puis du Travail en 2009, Mme von der Leyen "devient vite l'une des vedettes du gouvernement", bien que souvent jugée "trop moderne" par son propre parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), relève Le Monde. Elle fait par exemple partie de la minorité de droite "à voter la loi sur le mariage pour tous" et impulse la "mise en place d'un salaire parental", détaille le média.

"Mais ses premiers détracteurs sont [aujourd'hui] les sociaux-démocrates (SPD)", explique la RTBF. Ministre de la Défense depuis 2013, elle est, comme à la Commission, "la première femme à occuper ce poste", pointe le média. Mais si elle "bouscule l'institution", le SPD reproche à Mme von der Leyen d'être "empêtrée dans une affaire de soupçon de favoritisme et de corruption". Elle est en outre soupçonnée "de plagiat [pour] son doctorat", ce qui fait aujourd'hui d'elle "l’une des ministres allemandes les plus impopulaires", relate la RTBF.

Fille d'un "haut fonctionnaire européen" et élevée à Bruxelles, Ursula von der Leyen s'impose par ailleurs comme l'une des figures les plus pro-européennes du paysage politique allemand. En 2011, elle se prononce ainsi "en faveur des Etats-Unis d'Europe", rappelle Le Monde. La nouvelle présidente de la Commission est donc une figure qui ne fait pas consensus, aussi bien dans son pays qu'en Europe, où ses idées d'inspiration fédéraliste ne sont pas majoritaires.

Pour les populistes, elle est une "candidate mal élue (…), signe de l’affaiblissement d’une Europe qu’ils dénoncent". Tandis que "la gauche de la gauche" conclut de l'opposition de près de la moitié des députés "une rébellion démocratique, celle d’un Parlement européen en ébullition", décrypte RFI. En France, seuls 29 élus sur 74 ont voté pour elle, souligne Euractiv.

Commissaires antieuropéens

Celle qui entrera "en fonction le 1er novembre" devra néanmoins d'ici là "constituer une nouvelle Commission", composée d'un commissaire choisi par chaque Etat membre [Le Figaro]. Une tâche qui s'avère pour le moins difficile au vu des revendications des différents pays et groupes politiques.

"On aura très certainement des commissaires antieuropéens", prévient la docteure en histoire Marion Gaillard, citée par le JDD. D'autant plus que le Mouvement 5 étoiles italien, le PiS polonais et le Fidesz hongrois auraient voté pour Ursula von der Leyen, rappelle Euractiv. Mais s'ils sont effectivement validés par la présidente et le Conseil, ils pourront toutefois être affectés à des portefeuilles moins intéressants, explique la chercheuse.

La Ligue, le parti italien d'extrême droite de Matteo Salvini, s'attendrait néanmoins "à recevoir l'un de ces trois portefeuilles - Commerce, Concurrence ou Marché intérieur", selon une source gouvernementale citée par Reuters. Même si, pour un proche du Mouvement 5 étoiles également interrogé par Reuters, les chances que la Ligue obtienne une position importante sont "non-existantes".

Un Parlement composite

Car rien n'indique que le Parlement, déjà divisé sur la candidature d'Ursula von der Leyen - élue avec une "très courte avance" [RFI] -, facilite ces nominations. "Les prétendants seront auditionnés à tour de rôle à l'automne par le Parlement européen, qui votera ensuite sur la nouvelle Commission dans son ensemble", détaille le JDD. Il faudra donc obtenir un accord global sur pas moins de 26 noms (puisque les Britanniques devraient avoir quitté l'UE le 31 octobre).

Le présidents du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, Philippe Lamberts, a d'ores et déjà indiqué qu'il ne fallait pas "compter sur les Verts pour assurer la majorité au Parlement sans [qu'ils ne soient] à la Commission européenne", rapporte Le Figaro. Les écologistes revendiquent ainsi d'obtenir quatre portefeuilles, au vu de leur score lors des dernières élections européennes.

En outre, "le Parlement a une arme essentielle : la montre", explique le JDD. "Il peut repousser le vote [sur le collège de commissaires] autant qu'il veut" et "va essayer d'instaurer un rapport de force", analyse Olivier Costa, spécialiste des questions européennes interrogé par le journal.

Mais au-delà de l'élection du collège, beaucoup s'interrogent déjà sur la suite et le vote des textes proposés par la Commission. "Chacun nécessitera de nouvelles alliances", car "l'hémicycle est fragmenté", prévient ainsi le JDD. Toutefois, le "Parlement européen a l'habitude des alliances au cas par cas et a développé une culture du compromis", nuance le journal.

En outre, pour Politico, Ursula von der Leyen pourrait "être plus puissante et efficace que ce que ses détracteurs ne le suspectent", car elle possède déjà "un fort soutien de la part des dirigeants des Etats membres, y compris M. Macron et Mme Merkel" et de son groupe politique, le Parti populaire européen, qui demeure le plus puissant en Europe.

 

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