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[Revue de presse] Commission européenne : le candidat belge à la Justice visé par une enquête judiciaire

Revue de presse 16.09.2019

Le candidat au portefeuille de la Justice dans la nouvelle Commission européenne est dans le collimateur de la justice belge, après un témoignage évoquant des affaires présumées de corruption et de blanchiment d'argent. Il doit être auditionné le 30 septembre par le Parlement européen, qui a la charge d'approuver - ou non - le collège des nouveaux commissaires.

Didier Reynders à une réunion du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, en septembre 2018 - Crédits : The Official CTBTO Photostream / iStock

Didier Reynders à une réunion du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, en septembre 2018 - Crédits : The Official CTBTO Photostream / iStock

"L’affaire tombe au plus mal pour le Belge Didier Reynders" [Le Monde]. Samedi 14 septembre, les journaux belges De Tijd et L'Echo ont révélé qu'une information judiciaire avait été ouverte en avril 2019 concernant le vice-Premier ministre belge, ministre de la Défense, et actuel candidat au poste de commissaire européen à la Justice. Il serait visé par des allégations de corruption et de blanchiment d'argent.

"L'information judiciaire a été ouverte après qu’un ancien agent secret de la Sûreté de l’État s’est rendu, en avril dernier, à la police judiciaire fédérale", explique L'Echo. L'enquête s'appuie sur "cinq rapports secrets que l’ex-agent de la Sûreté de l’État a rédigés durant ses années de fonction", mais qui "n’ont pas valeur de preuve", complète le quotidien.

En fonction des résultats de l'enquête, "le dossier sera transmis, ou non, au parquet général de Bruxelles, compétent pour décider des suites à réserver à un dossier concernant un ministre en exercice", complète Le Monde.

Des soupçons de corruption et de blanchiment

Le témoignage évoque "des marchés publics faussés, le versement de pots-de-vin, la vente d’œuvres d’art ou d’antiquités à des prix surfaits, des transactions immobilières douteuses, du blanchiment d’argent au travers de sociétés-écrans", énumère Le Monde.

Parmi les corrupteurs présumés, L'Echo évoque particulièrement "des marchands d’armes, et un candidat à l’élection présidentielle congolaise". Selon les informations du journal, le dossier pointerait notamment "la construction de l’ambassade belge à Kinshasa, pour lesquels des pots-de-vin ont été versés". "Les enquêteurs vérifient, dans ce cadre, quelle fut la raison précise du rappel de l’ambassadeur belge [en République démocratique du] Congo, en 2018. L’administration avait évoqué une 'rupture de confiance' entre le diplomate et le ministre Reynders en raison de divergences quant à l’attitude à adopter face au régime du président Joseph Kabila, auteur d’une violente répression de manifestations" [Le Monde].

Hasard du calendrier, le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, proche de l'ancien dirigeant Joseph Kabila, effectue une visite officielle en Belgique dès ce lundi 16 septembre, et devrait être accueilli par Didier Reynders, selon la RTBF.

Le dossier évoquerait enfin des pratiques de blanchiment, dans lesquelles "un proche conseiller" du cabinet de Didier Reynders pourrait être impliqué, ou encore "un Néerlandais qui aurait organisé des transferts d’argent vers des sociétés offshore", selon les informations du Monde.

Un parcours international et juridique

"Candidat malheureux" à la direction du Conseil de l'Europe, "cette institution de défense des droits fondamentaux sur le continent" [La Libre], Didier Reynders s'était déclaré "'très heureux' [le 10 septembre dernier] d'avoir été sollicité pour hériter, dans la prochaine Commission européenne, des compétences de la Justice" [La Libre]. S'il venait à être confirmé au poste de commissaire européen, le responsable belge aurait la charge de la justice "au sens large, depuis l'Etat de droit à la prévention du crime, la coopération judiciaire et la protection des consommateurs", selon la lettre de mission que lui a confiée la future présidente de la Commission Ursula von der Leyen [La Libre]. Didier Reynders avait ainsi déclaré au Soir : "C’est moi qui surveillerai l’Etat de droit".

"Ministre fédéral depuis 20 ans, vice-Premier ministre depuis 15 ans, M. Reynders a jusqu'ici exercé les compétences des Finances, des Affaires étrangères et européennes, ainsi que de la Défense", raconte La Libre. Mais il n'a "jamais encore" été en charge d'un portefeuille de la Justice. Didier Reynders "fait plus dans la 'réalpolitique' que dans l’indignation droits-de-l’hommiste", estime Le Soir. La proximité de "ce juriste de formation" avec le milieu des magistrats "a pu lui bloquer l'accès à un tel portefeuille", commente aussi La Libre. Mais les obstacles auraient été levés depuis, explique le journal.

Un risque d'audition mouvementée au Parlement européen

L'enquête judiciaire en cours pourrait avoir des répercussions importantes sur le parcours européen de Didier Reynders, qui avait déjà tenté d'obtenir un poste de commissaire en 2014, sans succès.

Les candidats à la Commission européenne doivent en effet être auditionnés par le Parlement européen à partir du 30 septembre, avant un vote général d'approbation du collège, prévu quelques semaines plus tard. "Au terme de leur audition, les candidats peuvent être recalés ou leur portefeuille peut être révisé", explique Le Parisien avec l'AFP. "La présomption d’innocence doit prévaloir absolument, mais tout cela est évidemment gênant, pas bon pour un futur commissaire à la Justice", commente Philippe Lamberts, le coprésident belge du groupe des Verts au Parlement européen [Le Monde].

D'autres candidats risquent aussi une audition mouvementée. "Plusieurs commissaires […] font déjà l’objet d’enquête, comme la Française Sylvie Goulard, visée par des accusations d’emplois présumés fictifs du Modem au Parlement européen", rappelle RFI.

En attendant les auditions, "le vice-Premier ministre […] Didier Reynders a affirmé à notre micro ne pas avoir connaissance d'une enquête judiciaire préliminaire ouverte à son encontre à la suite d'allégations de corruption et de blanchiment", précise la RTBF. Il "espère que la clarté sera faite le plus rapidement possible" ; tandis que l'un de ses porte-paroles évoque "un nouveau montage émanant du même homme malveillant qui tente sans cesse de nuire" [Le Monde].

 

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