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[Revue de presse] Commission européenne : l'approbation du candidat hongrois ouvre la voie à l'entrée en fonction de la nouvelle équipe

Revue de presse 19.11.2019

Après son audition ratée, le candidat hongrois à l'Elargissement et au Voisinage pour la nouvelle Commission européenne a finalement été confirmé par les eurodéputés. Le Parlement européen est désormais appelé à approuver l'ensemble du collège de commissaires lors d'un scrutin qui s'annonce tendu. L'équipe d'Ursula von der Leyen pourra-t-elle enfin entrer en fonction le 1er décembre ?

Le candidat hongrois à la Commission européenne Olivér Várhelyi n'avait pas convaincu les eurodéputés lors de son audition le 14 novembre - Crédits : Gabor Kovacs /  Flickr European Parliament CC-BY-4.0

Le candidat hongrois à la Commission européenne Olivér Várhelyi n'avait pas convaincu les eurodéputés lors de son audition le 14 novembre - Crédits : Gabor Kovacs / Flickr European Parliament CC-BY-4.0

"L’horizon s’est finalement dégagé plus vite que pouvait le craindre Ursula von der Leyen", proclame Le Soir. Lundi 18 novembre, "les eurodéputés ont approuvé […] la candidature du Hongrois Olivér Várhelyi pour le portefeuille de l’Elargissement" au sein de la nouvelle Commission européenne, rapporte Libération avec l'AFP. L'actuel ambassadeur de la Hongrie auprès de l'UE "était le dernier des 27 candidats à la Commission à attendre l’approbation des députés européens", rappelle La Croix.

"C’est même un petit 'miracle' qui s’est produit", selon Le Soir, puisque le candidat "a échappé à l’écueil d’une seconde audition au Parlement européen". En effet, "après l’échec de son audition" le 14 novembre [La Croix], le Hongrois avait été soumis à de nouvelles questions, cette fois écrites, de la part des députés européens. Ses réponses auront finalement suffi à les convaincre.

"Le feu vert a été donné par le PPE (droite), les libéraux de Renew, le groupe Socialistes et démocrates [S&D], les conservateurs d’ECR et l’extrême droite d’ID, tandis que la gauche radicale et les écologistes ont voté contre, selon plusieurs sources parlementaires", précise Libération.

Le casse-tête Viktor Orbán

"Quand la présidente-élue [de la Commission européenne] avait présenté la composition de son équipe, le choix d’un candidat hongrois pour le poste de commissaire à l’Elargissement [et à la politique de voisinage] avait provoqué des levées de boucliers", rappelle pourtant le journal belge L'Echo.

Dans ces deux dossiers, "la question du respect des normes et valeurs de l’UE est centrale". "Comment confier cette tâche au candidat désigné par la Hongrie, elle-même en délicatesse avec l’Etat de droit, au point que le pays est soumis depuis l’an dernier à une procédure au titre de 'l’article 7' du Traité, qui peut en théorie conduire à une suspension du droit de vote ?", s'interroge dès lors Le Soir.

Face à ces inquiétudes, Olivér Várhelyi a réitéré sa promesse de n'être "lié ni influencé par aucune déclaration ou position d’aucun Premier ministre d’aucun pays ni d’aucun autre représentant d’aucun gouvernement" [Le Figaro]. "En théorie, les commissaires européens sont indépendants des gouvernements qui les proposent et sont supposés être les premiers ambassadeurs des décisions du collège dans leur pays d’origine", précise L'Echo.

Dans les faits cependant, le gouvernement hongrois semble bien utiliser ce poste pour pousser son agenda. En visite en Azerbaïdjan le mois dernier, Viktor Orbán aurait ainsi déclaré à ses interlocuteurs : "Si nous parvenons à obtenir ce portefeuille, nous nous ferons un plaisir de vous aider dans vos efforts", poursuit le journal.

Un vote d'approbation sous pression ?

La confirmation du candidat hongrois permet finalement à "l’exécutif européen de l’Allemande Ursula von der Leyen [d'arriver] au bout de ses peines après un parcours semé d’embûches", résume Libération. Après un vote formel du Conseil, l'ultime étape avant la prise de fonction de la Commission est désormais "l’approbation de son collège des commissaires par le Parlement européen, lors d’un vote d’investiture prévu le 27 novembre, à la majorité des suffrages exprimés".

Ursula von der Leyen "devrait théoriquement pouvoir compter sur les 444 voix des trois groupes politiques qui l’ont soutenue (la droite du PPE, les socialistes et démocrates du S&D et les libéraux de Renew), auxquelles devraient s’ajouter celles du Mouvement 5 étoiles (antisystème) et des conservateurs polonais", souligne Libération. Toutefois, lors du vote de juillet qui l'avait confirmée comme future présidente de la Commission, Ursula von der Leyen n'avait recueilli que 383 votes, "soit seulement neuf de plus que le minimum requis", souligne Euractiv. "Il a donc été supposé que […] les groupes [PPE, S&D et Renew] comptaient des parlementaires 'rebelles' dans leurs rangs" [Euractiv].

"Des eurodéputés issus de tous les groupes politiques du Parlement européen ont confirmé à Euractiv.com qu’ils subissaient des pressions, ou qu’ils avaient conscience que certains de leurs collègues y étaient soumis", rapporte aujourd'hui le média en ligne. "Un certain nombre de fonctionnaires représentant les instances dirigeantes des groupes politiques du Parlement, de la Commission et du Conseil, ont fait pression sur les parlementaires réputés 'dissidents', afin qu’ils votent 'correctement'".

Procédure contre le Royaume-Uni

Si les eurodéputés approuvent la composition de la Commission européenne, celle-ci devrait entrer en fonction le 1er décembre, malgré l'absence de commissaire britannique.

Bien qu'il soit toujours membre de l'Union jusqu'au 31 janvier 2020, le Royaume-Uni a en effet "refusé de présenter un candidat" à la Commission. En retour, cette dernière "a lancé contre Londres une procédure d’infraction", rapporte Libération. "Une démarche avant tout juridique qui, selon une source européenne, permet au nouvel exécutif d’entrer en fonction même si cet Etat membre ne compte pas de commissaire", précise le quotidien. "Le litige devrait se régler devant la Cour de Justice de l’UE", conclut Le Soir.

 

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