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[Revue de presse] Climat : malgré les efforts européens, la situation reste alarmante

Revue de presse 27.11.2019

Dans son rapport annuel sur les émissions de gaz à effet de serre, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) fait état de sombres perspectives quant à la lutte contre le réchauffement climatique. Les objectifs des Etats y sont décrits comme insuffisants pour éloigner les conséquences désastreuses du phénomène à long terme. Malgré les efforts de plusieurs Etats européens, le Vieux Continent doit encore considérablement intensifier ses actions en faveur du climat selon l'agence onusienne.

Manifestation pour le climat devant le siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 20 septembre 2019 - Crédits : Greg Vandevyver / Commission européenne

Manifestation pour le climat devant le siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 20 septembre 2019 - Crédits : Greg Vandevyver / Commission européenne

C'est un "constat alarmant" que dresse le rapport du PNUE, résume Euronews avec l'AFP, qui met le monde "au pied du mur" [La Croix]. Notant une nouvelle hausse des émissions de CO2 en 2018, le document, publié mardi 26 novembre, "encourage les pays à accélérer drastiquement la transition écologique" [Euronews].

A quelques jours de l'ouverture de la COP 25 à Madrid, qui aura lieu du 2 au 13 décembre, ce rapport intervient comme "un nouvel avertissement" aux grands Etats pollueurs, explique Le Monde. Les engagements pris par ces puissances, dont l'Union européenne, "sont très en deçà des transformations structurelles nécessaires pour être à la hauteur de l'enjeu climatique" [Libération].

Des prévisions pessimistes

"Si l'humanité espère limiter la hausse mondiale des températures à 1,5° C ou 2° C par rapport à l'époque préindustrielle, elle doit faire baisser ses émissions dès 2020" et atteindre la neutralité carbone d'ici la moitié du siècle, résume Libération. Mais les principaux pollueurs n'effectuent pour le moment que trop peu d'efforts en ce sens : "les émissions mondiales ont grimpé de 1,6 % tous les ans, depuis 2008", et ce malgré une baisse dans certaines régions du globe comme l'UE, ajoute le quotidien. L'année 2018 en particulier marque "un record historique" de progression des émissions, relève Le Monde.

"Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère", s'inquiète Petteri Taalas, le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale [Le Monde]. Pas de pic des émissions en vue non plus, selon le PNUE.

A ce rythme-là, "la planète pourrait se réchauffer de 3,4 à 3,9°C d'ici la fin du siècle. Et même si les Etats signataires de l'accord de Paris respectent leurs engagements, le mercure montera de 3,2°C", annonce La Tribune avec l'AFP. Et un tel réchauffement ne serait pas sans conséquences : "en 2050, 300 millions de personnes vont subir une inondation côtière au moins une fois par an, conséquence directe du réchauffement climatique et de la montée du niveau de la mer", selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), cité par RFI. Et les Européens ne seraient pas épargnés : "la Belgique, la France, le Royaume-Uni et les Pays Bas" seraient les plus touchés sur le Vieux Continent, indique le GIEC.

Plus d'efforts nécessaires

Le rapport du PNUE recommande donc une baisse des émissions mondiales de CO2 "de 7,6 % par an dès l'an prochain et de moitié jusqu'en 2030", détaille Euronews, pour contenir le réchauffement en deçà de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle. "Respecter l’accord de Paris impliquerait que les pays triplent le niveau de leurs contributions nationales pour ne pas dépasser 2 °C, et le multiplient par 5 pour ne pas aller au-delà de 1,5 °C" [Le Monde].

En Europe, ces engagements sont pour l'instant insuffisants : si l'UE voit ses émissions baisser, c'est notamment parce qu'elle bénéficie de la "délocalisation des industries lourdes (…) vers la Chine", indique Libération. Ainsi, "les Européens se placent juste au-dessus des Chinois" en termes d'émissions, directes et indirectes, par habitant, poursuit le quotidien. L'Europe n'a même pas augmenté ses investissements contre le changement climatique (1,2 % de son PIB) depuis 2011, explique L'Opinion : "la Chine et les Etats-Unis ont beau polluer plus que l’Union européenne, ils investissent davantage", respectivement 3,3 et 1,3 % de leurs revenus nationaux, d'après les chiffres de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Comment les Etats peuvent-ils faire mieux ? Le PNUE invite à "repenser nos modes de déplacements et s’engager dans une démarche de sobriété" [La Croix]. "Rien qu'une suppression des subventions au secteur fossile permettrait une baisse de 10 % des émissions de CO2 en dix ans", note Libération. En effet, "la grande majorité [des émissions carbonées] sont imputables à la combustion des ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz) pour la consommation d’énergie et l’industrie", explique Le Monde.

Si des efforts considérables sont encore à mener pour limiter le réchauffement climatique, l'idée de réduire les sources de financement des énergies fossiles progresse en Europe  : "la Banque européenne d’investissement vient ainsi d’annoncer qu’elle cesserait de financer de nouveaux projets liés [à ces] énergies (...) dès 2022" [La Croix].

Une prise de conscience des Européens

Les perspectives sombres du rapport laissent tout de même entrevoir certains "signes encourageants", considère La Croix. Ce rapport du PNUE participe en effet à la "prise de conscience politique des enjeux [écologiques], dans de nombreux États, mais aussi au sein de la société civile", poursuit le journal La Croix. Au Parlement européen, "les eurodéputés ont entamé un premier débat en vue de voter, jeudi, une résolution déclarant 'l'état d'urgence climatique'", rapportent Les Echos.

Parlement européen : décréter "l'urgence climatique" en Europe, ça veut dire quoi ?

A la Commission, le projet de "Green deal" devrait être présenté le 11 décembre prochain, selon Libération. Ce projet fait espérer "un plan d'action plus ambitieux que celui publié pour la COP 21". Il devrait permettre à l'UE de revoir ses objectifs à la hausse, "une révision des engagements des Etats" pour l'accord de Paris étant prévue lors de "la COP26 à Glasgow fin 2020", rappelle La Tribune. Mais si l'Union devrait réussir à tenir ses objectifs pour 2030 [Le Monde], une révision à la hausse de ces engagements réclamera plus d'efforts.

Cette nécessité semble comprise par les Etats membres : la Finlande "a décidé de bannir l’usage [du charbon] d’ici à 2029", et compte "atteindre la neutralité carbone, à l’horizon 2035", ce qui implique de préserver ses forêts, ces "gigantesques puits de carbone, capables d’absorber en moyenne 21 millions de tonnes de CO2", rapporte Le Monde. "A terme, le but est d’atteindre un bilan carbone négatif", rappelle le président du groupe d’experts finlandais sur le climat Markku Ollikainen. L'Allemagne aussi, à travers la voix de sa ministre de l'environnement Svenja Schulze, "plaide pour un renforcement des objectifs européens de réduction des émissions de CO2", et veut servir "d'exemple", expliquent Les Echos.

D'autres pays, comme la Suède ou le Royaume-Uni, sont vus comme les "bons élèves" de l'UE : la Suède "a réduit d'un quart ses émissions de gaz à effet de serre, sans pénaliser sa croissance", tandis que le Royaume-Uni a réduit "ses émissions carbones par habitant de 44 % entre 1990 et 2018, alors même que son économie progressait de 75 %" [Les Echos].

 

 

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