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[Revue de presse] Cinq ans après l'annexion de la Crimée, la Russie revient au Conseil de l'Europe

Revue de presse 25.06.2019

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a permis, mardi 25 juin, la réintégration de la Russie dans ses rangs, mettant fin à cinq années de crise institutionnelle provoquée par l'annexion de la Crimée par Moscou. 

Le Conseil de l'Europe à Strasbourg - Crédits : Wikimedia Commons

Le Conseil de l'Europe à Strasbourg - Crédits : Wikimedia Commons

La Russie revient dans le jeu

"La Russie autorisée à réintégrer le Conseil de l'Europe", titre le Huffington Post. Dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 juin, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) "a voté un texte rendant possible le retour de la Russie dans cette instance", annonce également 20 minutes.

L'APCE, l'un des organe du Conseil de l'Europe, rassemble les délégations des 47 Etats membres de l'institution [Huffington Post], dont l'objectif est, selon Arte, "de promouvoir un espace démocratique et juridique commun en Europe, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme". Celle-ci doit être signée par le pays préalablement à son adhésion.

Et elle devient donc aujourd'hui "la première institution à lever les sanctions décidées après la guerre en Ukraine" [Le Monde]. En effet, à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, la délégation russe à l’APCE "s’était vu en 2014 privée de ses droits de vote au sein de l’instance" [20 minutes]. En réponse, la Russie avait a rappelé en 2016 l’ensemble de ses dix-huit diplomates siégeant au Conseil de l'Europe. Avant de suspendre le versement de sa contribution financière annuelle, "soit près de 7 % du budget total", note Arte. Une décision qui a logiquement placé l'organisation intergouvernementale "dans une position délicate", le Kremlin allant jusqu'à "menacer d'aller plus loin et de [la] quitter définitivement", poursuit la chaîne franco-allemande.

Ainsi l'organisation paneuropéenne a-t-elle choisi de mettre "un terme à cinq ans de crise institutionnelle avec Moscou", fait savoir le média en ligne 20 minutes. "Quatre heures de débat houleux, suivies de presque cinq heures de vote" [20 minutes] sont venues à bout des 222 amendements déposés, non sans échange de "noms d'oiseaux". Au final, 118 parlementaires sur 190 ont accepté que "la Russie puisse dès mardi présenter une délégation" [Le Monde]. "Au grand dam de l'Ukraine" ou encore du Royaume-Uni, les 62 voix contre et les 10 abstentions n'auront pas suffi, précise le Huffington Post.

Une décision controversée

Le 23 juin déjà, l'Ukraine avait exhorté le Conseil de l'Europe, actuellement présidé par la France, à ne pas lever l'interdiction de la Russie [The Telegraph]. "Si cela se produit, l'Ukraine considérera le Conseil de l'Europe comme une institution discréditée qui a perdu son autorité pour servir de mentor aux Etats membres et à l'Ukraine", déclarait en ce sens Dmytro Kuleba, envoyé de l'Ukraine auprès du Conseil de l'Europe, au média.

Cependant, la majorité des pays ont fait primer leur souci de conserver la possibilité, pour les 144 millions de citoyens russes, de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, sur un conflit géopolitique. "La Cour reste le dernier rempart des opposants politiques russes contre le pouvoir arbitraire du Kremlin", soutient à cet égard Arte. "En vingt ans, plus de 160 000 recours ont été portés à Strasbourg contre la Russie", rappelle le média.

"Il serait dangereux que, sous prétexte de questions géopolitiques qui se traitent ailleurs (…), nous soyons amenés à priver des millions de citoyens de l'accès à des instances qui protègent leurs droits", a également estimé la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin en ouverture de séance à Strasbourg le 24 juin [La Croix]. Une opinion partagée par la rapporteure du texte, la Belge Petra De Sutter, selon qui "il ne s’agit pas d’un débat pour ou contre la Russie. (...) Les sanctions n’ont pas été efficaces" [Le Monde].

Cette réintégration ne met toutefois pas un terme aux tensions entre l'Union européenne et le pays. "Le président russe Vladimir Poutine a prolongé ce lundi [24 juin] jusqu'au 31 décembre 2020 l'embargo sur les produits alimentaires occidentaux, introduit en 2014 en représailles aux sanctions décrétées par les Américains et les Européens contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne", indique ainsi Ouest-France. Et jeudi 20 juin, les Vingt-Huit s'étaient entendus pour "prolonger d'un an les sanctions économiques contre la Russie".

 

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