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[Revue de presse] Candidat français à la Commission : un plan B comme Breton

Revue de presse 24.10.2019

Le président Emmanuel Macron a proposé le profil de Thierry Breton comme candidat français à la Commission européenne, a annoncé l'Elysée ce matin. Si Thierry Breton peut faire valoir ses nombreuses expériences industrielles et politiques, son parcours sera scruté par le Parlement européen pour prévenir d'éventuels conflits d'intérêts.

Thierry Breton en 2018 - Crédits : compte Twitter @ThierryBreton

Thierry Breton en 2018 - Crédits : compte Twitter @ThierryBreton

Après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard il y a deux semaines, c'est finalement Thierry Breton qui a été choisi par Emmanuel Macron comme nouveau candidat français au poste de commissaire européen ce jeudi 24 octobre. "Principal enjeu pour Paris", le vaste portefeuille obtenu par la France à la Commission européenne reste le même [Le Parisien avec l'AFP]. Il doit comprendre la politique industrielle, le marché intérieur, le numérique, la défense et l'espace.

Selon une source du Monde à la Commission européenne, Ursula von der Leyen, future cheffe de l'institution, attendait de la France "un profil qui connaisse bien le numérique et soit passé par des grandes entreprises". "Avec son parcours qui mêle public, privé et politique, ainsi que sa connaissance de l’industrie, cet ami de Jacques Chirac coche en effet de nombreuses cases", souligne le quotidien avec l'AFP.

"La prise de fonction de la nouvelle Commission a été repoussée d'un mois, au 1er décembre", afin de laisser le temps à la France, mais aussi à la Hongrie et à la Roumanie, de proposer leurs nouveaux candidats [La Libre avec l'AFP]. Si Emmanuel Macron n'a pas attendu le dernier moment pour trancher, il a toutefois dû arbitrer entre plusieurs propositions. Ces derniers jours, le négociateur du Brexit Michel Barnier, la ministre des Armées Florence Parly, ou encore l'économiste en chef de l'OCDE Laurence Boone figuraient parmi les favoris, indique La Croix avec l'AFP.

Un profil industriel et européen

Le profil de Thierry Breton est d'abord celui d'un dirigeant à la tête de grandes entreprises françaises : Thomson, France Télécom et Atos, une société de services numériques, dont il est le président-directeur général depuis 2009. "C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endetté, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation", précise Le Monde.

Mais l'industriel a aussi occupé d'importantes fonctions politiques. D'abord conseiller régional de Poitou-Charentes de 1988 à 1992, il est nommé ministre de l'Economie en 2005, un poste qu'il occupera pendant deux ans [Le Monde].

Pour l'Elysée, il s'agit d'un "Européen convaincu, qui a conduit de nombreux projets franco-allemands". A cet égard, Thierry Breton a travaillé avec Ursula von der Leyen, alors ministre de la Défense en Allemagne, "sur la création d'un fonds européen de la défense et de la sécurité, pour doper les investissements européens dans ces domaines", fait savoir La Libre.

Ce chef d'entreprise est par ailleurs  considéré comme "un ardent défenseur du développement en Europe de supercalculateurs capables de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis", selon Les Echos.

Plus récemment, il était "membre de la délégation officielle accompagnant le président [français] dans sa visite d'Etat à Washington en avril 2018", rapporte Politico.

Eviter les erreurs de la candidature de Sylvie Goulard

"L’éviction de Sylvie Goulard, le 10 octobre, [ayant été] vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen" [Le Monde], l'Elysée et la Commission européenne souhaitent "éviter à tout prix le même type de déconvenue devant des députés européens très sourcilleux sur les principes" de sélection des commissaires [Les Echos]. La candidature de Sylvie Goulard a notamment été rejetée pour une suspicion de conflit d'intérêt avec un think tank américain, par qui elle était rémunérée en étant députée européenne. "Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen 'se sont mis d’accord sur le profil [de Thierry Breton] après une discussion en amont'", rapporte Le Monde. "Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient", a déclaré la présidence de la République [Le Monde].

Plusieurs journaux pointent cependant le risque de conflits d'intérêts accru par le choix d'un grand patron, passé par la direction et les conseils d'administration de nombreuses entreprises. Ainsi, "s'il était nommé commissaire, [Thierry Breton] aurait théoriquement à gérer la politique européenne d'investissement dans le domaine des supercalculateurs, les ordinateurs les plus puissants, dont la construction est la spécialité d'Atos", souligne Marianne. De plus, Thierry Breton avait aussi notamment été "mis en cause et sujet à des perquisitions, notamment dans l’affaire Rhodia [qui fait référence à des faits qui auraient eu lieu en 1999], lors de laquelle des actionnaires s’étaient plaints d’avoir été roulés par les dirigeants de la société avant son introduction en bourse", rappelle Euractiv. En 1999, Thierry Breton était administrateur de Rhodia, et dirigeait le comité d'audit de l'entreprise.

Mais pour l'Elysée, "M. Breton a toujours fait preuve de rigueur pour éviter tout conflit d'intérêts", notamment en se déportant de certains dossiers lorsqu'il était ministre de l'Economie, rapporte La Libre.

 

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