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[Revue de presse] Budget italien : comment éviter la confrontation ?

Revue de presse 06.11.2018

Réunis à Bruxelles lundi 5 novembre, les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé la décision de la Commission européenne demandant à l'Italie de lui fournir une nouvelle version de son budget. L'issue de cette confrontation reste incertaine, les Européens affichant leur volonté de dialogue tout en menaçant le pays de sanctions.

Réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles, le 5 novembre 2018

Réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles, le 5 novembre 2018 - Crédits : Union européenne

L'Eurogroupe soutient la Commission

Le cas du budget italien a de nouveau été débattu lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles lundi 5 novembre. "Face à l’Italie, les 18 autres États de la zone euro ont pris le parti de la Commission européenne", rapporte RFI. "À l’issue de débats intenses sur le budget italien", les ministres des Finances ont unanimement "écrit noir sur blanc qu’ils partageaient l’évaluation de la Commission", estimant que "tous les pays doivent se soumettre aux mêmes règles". Pour les ministres, ces règles concernent particulièrement l'Italie "car son économie est la troisième de la zone euro" et pourrait fragiliser "tous les pays de l’union monétaire", poursuit le média international.

Comme le rappelle Ouest France, "le projet de budget 2019 élaboré à Rome enfreint les règles européennes", non pas à cause de son déficit, inférieur à 3%, mais car "il prévoit une forte augmentation du déficit structurel alors qu’il devrait le réduire". Déjà au cours du mois d'octobre, "il avait été retoqué par la Commission européenne", l'exécutif européen pointant du doigt "une déviation claire, nette, assumée".

"Le budget ne change pas", prévient toutefois le ministre italien des Finances Giovanni Tria [Euronews], qui "promet un dialogue constructif avec la Commission".

De son côté, le président de l'Eurogroupe Mário Centeno indique que "l'Italie a une semaine de plus pour soumettre à nouveau son budget". Le Portugais espère donc que ce "dialogue constructif en cours portera ses fruits" pour réassurer "l'engagement de l'Italie d'assainir ses finances publiques".

Dialogue ou sanctions ?

Le gouvernement de la péninsule a donc "jusqu’au 13 novembre pour fournir un budget révisé", car si l'heure est aux négociations, l'Italie s'expose à terme "à une 'procédure pour déficit excessif', susceptible d’aboutir à des sanctions financières", rapporte 20 minutes.

Côté italien, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a déclaré qu'"aucune petite lettre ne pourra nous faire revenir en arrière. Plus jamais une Italie à genoux" [20 minutes]. À la tête du Mouvement 5 étoiles, l'autre vice-Premier ministre Luigi Di Maio s'est montré plus modéré que le turbulent chef de la Ligue. "je ne pense pas que nous irons jusqu'aux sanctions financières", a-t-il déclaré lundi dans le Financial Times, cité par La Croix. Il s'est également dit "convaincu qu'il est possible de réduire 'la dette publique avec un budget important' et même que la 'recette' italienne fera des émules".

De la même façon, "Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques, espère amener l’Italie au compromis", ajoute RFI : "je ne crois pas que les sanctions soient une bonne démarche, je ne l’ai jamais cru. Je ne crois pas que la punition soit une volonté, je ne l’ai jamais pensé".

Finalement, "toute la difficulté de l’exercice, pour les ministres des Finances de la zone euro", analyse La Libre (Belgique), "consiste à faire preuve de fermeté, sans braquer le gouvernement italien, ni susciter de remous sur les marchés". Pour l'instant, l'heure est donc à la discussion et ce n'est que le 21 novembre que "la Commission décidera, en fonction de la réponse de Rome, de la nécessité d’ouvrir une procédure d’infraction pour déficit excessif", continue le quotidien belge. "Notre état d’esprit est celui du dialogue", a insisté Pierre Moscovici, sans pour autant transiger : "nous ne sommes pas dans une négociation. Les règles sont les règles".

L'avenir de la zone euro sur la table

"Quand on partage une monnaie, on a des responsabilités envers les autres", a aussi estimé le ministre irlandais des Finances, Paschal Donohoe [Les Echos]. Et de fait, la remise en cause de la légitimité des règles budgétaires pèserait sur "les débats sur l'avenir de la zone euro", qui seraient "la victime collatérale de ce contexte". "Nous devons achever l'architecture de l'union monétaire et je crains que l'approche du gouvernement italien ne mette cet objectif en danger", a résumé Peter Kazimir, le ministre slovaque des Finances cité par le quotidien économique.

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