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[Revue de presse] Brexit : vers une démission de Theresa May ?

Revue de presse 27.03.2019

La crise politique n'en finit plus au Royaume-Uni. Alors que les députés britanniques doivent se prononcer mercredi 27 mars sur une série de propositions alternatives à l'accord de sortie conclu avec Bruxelles, des parlementaires conservateurs conseillent à la Première ministre d'annoncer son départ.

Crédits : narvikk / iStock

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Après la reprise en main du calendrier du Brexit par les parlementaires à la Chambre des communes et la démission de trois des ses ministres, la Première ministre du Royaume-Uni est sur la sellette. Le parlement britannique doit en effet voter une série de propositions alternatives à l'accord de sortie, mais cette dernière pourrait d'ici là annoncer sa future démission. Un départ annoncé qui devrait permettre de faire adopter l'accord, selon certains.

[Revue de presse] Theresa May perd la main sur le processus du Brexit

Le parlement britannique cherche une alternative à l'accord de sortie

Ce mercredi 27 mars à 20h (heure française), les députés britanniques devront se prononcer sur une liste d'options pour le Brexit, explique Politico. Celles soumises au vote seront sélectionnées dans la journée par le président de la Chambre des communes John Bercow, parmi seize propositions formulées par des députés.

Les alternatives à l'accord de sortie sur la table et sur lesquelles les députés devront se prononcer pourraient par exemple prévoir le maintien du Royaume-Uni dans le marché unique, l'organisation d'un nouveau référendum voire l'annulation de la procédure de sortie de l'UE.

Les résultats de ce vote seront publiés dans la soirée, rapporte The Guardian. Une seconde série de votes aura lieu lundi 1er avril sur les propositions qui auront recueilli aujourd'hui le plus de suffrages. Les options adoptées n'auront qu'une valeur indicative pour le gouvernement, mais cette initiative permettra peut-être de dégager une majorité alternative à l'accord de sortie conclu avec Bruxelles en novembre, déjà rejeté par deux fois (le 15 janvier et le 12 mars).

Malgré tout, Theresa May espère toujours réussir à le faire voter avant le 29 mars, date butoir fixée par l'UE le 21 mars à Bruxelles. "Et il y a de plus en plus de spéculations quant à la tenue d'un vote jeudi", annonce Politico. Si l'accord est effectivement approuvé, le Brexit serait alors repoussé au 22 mai. A l'inverse, les Britanniques auraient jusqu'au 12 avril pour se résoudre à un report long afin d'éviter une sortie sans accord.

L'accord de sortie finalement voté par des Brexiters ?

Afin de faire adopter l'accord de sortie négocié avec Bruxelles, Graham Brady, chef du groupe parlementaire des Tories (conservateurs) à la Chambre des communes, aurait conseillé à la cheffe de l'exécutif britannique d'annoncer "le calendrier de son départ", rapporte le tabloïd The Sun, avec une démission d'ici l'été.

Un départ annoncé qui pourrait en faire basculer certains. Nigel Evans, parlementaire conservateur anglais, estimait ainsi mardi 26 mars au micro de BBC Radio 4, que "cela conduirait de nombreuses personnes à se ranger derrière son accord".

Theresa May pourrait suivre ces recommandations lors d'une réunion à huis clos avec des députés de son parti, ce mercredi 27 mars après-midi.

Par ailleurs, certains des plus ardents défenseurs du Brexit considèrent maintenant que l'accord conclu entre Bruxelles et le gouvernement de Theresa May est préférable à l'éventualité d'une possible annulation ou d'un report long. C'est notamment le cas de David Davis, ancien ministre démissionnaire du Brexit, qui a considéré sur la BBC  que "ce n'est pas un bon accord mais [que] l'alternative est une cascade de chaos". Selon lui, la Première ministre a maintenant "une chance raisonnable" de réussir à le faire voter.

Et en effet, le très influent Brexiter Jacob Rees-Mogg a de son côté annoncé dans le Daily Mail qu'il soutiendrait finalement l'accord de Theresa May si celle-ci annonce son prochain départ : "désolée, je vais soutenir l'accord de May", titre le tabloïd londonien, citant le député. "Un no deal est mieux que l'accord de Mme May, mais l'accord de Mme May est mieux que de ne pas sortir du tout", s'est-il expliqué dans un podcast sur le blog conservateur ConservativeHome, cité par Le Point (avec l'AFP).

Le sulfureux Boris Johnson, qui compte parmi les leaders de la campagne pour le Brexit, a également annoncé que "si nous rejetons à nouveau l'accord, il y a un risque pour que nous ne quittions pas du tout  [l'UE]", rapporte également le Daily Mail.

Pour autant, Le Point fait toutefois savoir que les alliés des Conservateurs au parlement, les indépendantistes nord-irlandais du DUP, n'avaient toujours pas l'intention de voter pour l'accord jugé "toxique". En effet, le DUP juge que "le dispositif de 'filet de sécurité' qu'il contient, destiné à éviter un retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et l'Irlande voisine, risque d'aboutir à un traitement différent de la province britannique par rapport au reste du Royaume-Uni". 

L'incertitude est donc loin de s'atténuer concernant les modalités du Brexit, bien au contraire. A l'heure actuelle, "selon le Président du Conseil européen, Donald Tusk, toutes les options demeurent ouvertes pour le Royaume-Uni : un deal, un no deal, une extension longue des délais ou encore une révocation de l'article 50 du Traité sur l'UE [un abandon du Brexit]", rappelle le directeur du Centre européen de l'université de Lorraine Yves Petit dans La Tribune.

 

 

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