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[Revue de presse] Brexit : vers un report d'un an ?

Revue de presse 10.04.2019

Le Brexit ne se conclura probablement pas par un no deal vendredi 12 avril. A l'occasion du sommet européen extraordinaire qui se tient ce mercredi 10 avril à Bruxelles, les Européens pourraient accorder un nouveau report à Theresa May. Mais jusqu'à quand ? La Première ministre demande de repousser la sortie du Royaume-Uni de l'UE au 30 juin. Les Vingt-Sept, eux, semblent pencher pour un report plus long.

Theresa May et Emmanuel Macron à l'Elysée, mardi 9 avril 2019 - Crédits : Number 10 / Flickr

Theresa May et Emmanuel Macron à l'Elysée, mardi 9 avril 2019 - Crédits : Number 10 / Flickr

Que vont finalement décider les Vingt-Sept ce mercredi 10 avril à Bruxelles ? A quelques heures d'un nouveau "sommet décisif" [Le Figaro] dédié à l'épineux dossier du Brexit, l'UE serait "prête à accorder un nouveau délai à Londres", mais elle "s'interroge sur la durée" de ce second report, selon La Croix.

Vers un long report ?

Le 5 avril, Theresa May, la Première ministre britannique, a adressé une lettre au président du Conseil européen Donald Tusk afin de demander une prolongation du sursis que lui avait accordé l'UE le 21 mars dernier. Ce jour-là, les Vingt-Sept avait déjà accepté de repousser la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne du 29 mars au 12 avril. Désormais, alors que le gouvernement britannique espère un report au 30 juin, l'option "la plus probable" est celle d'un "report long, d'un an maximum", fait savoir Le Monde.

"Les deux dates qui émergent des débats entre les capitales européennes sont la fin décembre [2019] ou la fin mars 2020", confie en effet un diplomate de l'UE au Guardian. Ainsi la demande de Theresa May d'un bref report du Brexit a-t-elle été rejetée par l'UE, rapporte le journal. 

"Un an de plus avec les Britanniques", titre aussi Le Parisien, qui qualifie ce dossier "de plus en plus fou !". Bien que les Vingt-Sept devront encore se prononcer à l'unanimité sur la probable extension du report, un no deal le 12 avril est donc "quasiment exclu", relève Le Monde. "Les Européens sont d'accord sur un point : les Britanniques vont devoir participer aux élections européennes", précise le quotidien. 

A cette heure, leur préférence semble aller à une "flextension" du Brexit : un report pouvant aller jusqu'à un an mais "flexible", "le Royaume-Uni pouvant en sortir dès qu’un consensus national sur le Brexit aura émergé". Cette extension "pourrait ainsi être interrompue dès ratification de l'accord de retrait par les deux parties", explique Capital.

Mettre le Brexit au "congélateur"

Selon Donald Tusk, cette "flextension", dont il est l'initiateur, est l'option à privilégier au vu de l'impasse constatée ces derniers mois outre-Manche.

Les députés britanniques ont rejeté trois fois l'accord de sortie négocié entre Bruxelles et Theresa May. "Notre expérience jusqu'à présent, ainsi que les profondes divisions au sein de la Chambre des communes, nous donnent peu de raisons de croire que le processus de ratification pourra être achevé d'ici à la fin juin", écrit donc le président du Conseil européen dans sa lettre d'invitation au sommet [Capital].

En effet, le blocage a peu de chances d'être levé rapidement, au regard des discussions "pas très concluantes" menées ces dernières jours entre la cheffe des conservateurs et l'opposition travailliste [Libération].

Néanmoins, Theresa May espère encore pouvoir trouver un compromis pour faire valider l'accord de sortie rapidement. D'après le gouvernement, les discussions devraient ainsi reprendre "après le sommet de mercredi", relate Courrier international (avec AFP). C'est également le vœu du négociateur de l'UE Michel Barnier, qui déclarait un peu plus tôt : "Nous avons tous exprimé une attente et un espoir à propos de cette négociation".

En arrière-plan, les Européens craignent en effet qu'un nouveau report du Brexit porte préjudice au bon fonctionnement de l'UE. "Fixer une nouvelle date de sortie des Britanniques trop près des élections européennes du 29 mai [pourrait] 'polluer' le scrutin, en déroutant les électeurs", note Le Parisien. Un report plus long du Brexit pourrait quant à lui permettre aux Britanniques de mettre leur veto ou de voter contre tous les nouveaux projets de l'UE au sein des institutions dans lesquelles ils conserveraient leur place. Mais, "nous ne pouvons pas continuer à tenir des sommets répétés sur le Brexit", concède aussi une source de l'Élysée, citée par The Guardian.

Le camp des modérés "prend le dessus"

Si elle semble privilégiée pour le moment, l'option de "flextension" proposée par Donald Tusk ne ravit pas tous les Etats.

Ces derniers jours, le "camp des 'durs'" comprenant "le président français, le premier ministre belge, Charles Michel, et le Luxembourgeois Xavier Bettel, mettait encore en garde Londres contre un risque de 'no deal'", rappelle ainsi Le Monde, même s'il observe désormais que "le camp des modérés – Donald Tusk et Angela Merkel, la chancelière allemande – semble avoir nettement pris le dessus".

Surnommés respectivement "good cop" et "bad cop" par les médias britanniques, Angela Merkel et Emmanuel Macron, que Theresa May a rencontrés mardi 9 avril afin de les convaincre de sa bonne volonté, ne sont donc pas sur la même longueur d'onde.

"La chancelière allemande est toujours perçue comme plus souple que le président français vis-à-vis des demandes britanniques", décrypte Libération. Elle a ainsi assuré vouloir "travailler jusqu’à la dernière minute à éviter un no deal" [Le Monde].

De son côté, "la France n'est pas opposée à un report, mais un an 'paraît trop long'", a fait savoir l'Elysée mardi [Europe1]. "Paris demande des garanties sur les perspectives de négociation, un comité de suivi trimestriel pour suivre l’état des discussions et la promesse de ne pas perturber le fonctionnement de l’Union européenne pendant cette période", poursuit le média.

Quoi qu'il en soit, Michel Barnier semble catégorique : "L’UE ne prendra jamais la décision d’un no deal", a-t-il affirmé le 9 avril. "Ce sera un choix des Britanniques" [Le Monde].

 

 

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