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[Revue de presse] Brexit : un accord sur la frontière irlandaise serait en vue

Revue de presse 05.11.2018

Theresa May aurait obtenu des concessions de Bruxelles sur le Brexit, a relevé la presse britannique dimanche 4 novembre. De nouvelles avancées seraient constatées sur la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. Pures "spéculations", répond toutefois le cabinet de la Première ministre. Dans le même temps, une tribune signée par 70 patrons d'outre-manche réclame un vote populaire sur l'accord final.

La Une du Sunday Times, dimanche 4 novembre

La Une du Sunday Times, dimanche 4 novembre - Crédits : The Sunday Times

Un "accord secret" selon la presse britannique

C'est le Sunday Times qui est à l'origine de cette information : la Première ministre britannique Theresa May aurait "obtenu des concessions de Bruxelles", traduit Courrier international, pour "éviter une frontière 'dure' en Irlande du Nord". Concrètement, "l’Union européenne accepterait ainsi d’inscrire 'un accord sur une union douanière concernant tout le Royaume-Uni' dans l’accord de divorce". Le blocage irlandais demeure à ce jour le principal obstacle à la signature de l'accord sur le Brexit.

En effet, "aucune des parties ne souhaite rétablir une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord", rappelle Le Monde, "par peur de compromettre l’accord de paix ayant mis fin à des décennies de violences communautaires". Mais le scoop du premier hebdomadaire britannique doit être pris avec des pincettes : selon le quotidien français,  "le cabinet de Theresa May a commenté l’article du Sunday Times dimanche, en qualifiant de 'spéculations' ces informations, tout en précisant que les 'négociations se poursuivaient'".

Selon des "sources haut placées citées par [le Sunday Times]", cette union douanière serait temporaire, "jusqu'à la mise en place d'une nouvelle relation commerciale avec l'UE après le Brexit, prévu fin mars 2019", indique La Croix. Tout en abandonnant l'option d'une "hard border" impensable entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, cette solution permet aussi "d'éviter le 'filet de sécurité' (ou 'backstop') proposé par l'UE et prévoyant de maintenir l'Irlande du Nord dans l'union douanière et le marché unique".

Venant appuyer les révélations du Sunday Times, le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney a déclaré : "je pense que nous sommes très près de résoudre [le problème de la frontière], j'espère fermement que nous le sommes", [RTBF (Belgique)]. Des propos optimistes tenus lors d'une conférence de presse commune, vendredi 2 novembre, avec David Lidington, secrétaire d'État auprès du cabinet de la Première ministre britannique. Ce dernier a ajouté que "les négociations avec l'UE doivent désormais continuer et s'intensifier davantage".

Nouvel appel pour un second référendum

Le Sunday Times, là encore, publie ce dimanche 4 novembre une tribune signée par "70 poids lourds du monde économique et financier", écrit RFI. Parmi les cosignataires, on trouve notamment "James Daunt, le patron des librairies Waterstones ; Martha Lane Fox, la cofondatrice du site de voyage lastminute.com ; ainsi qu'un ancien président de la chaîne de magasins Marks & Spencer", continue le média international. Plus précisément, "ces chefs d’entreprises ne font pas référence explicitement à un second référendum ; ils évoquent un vote final sur l’accord qui sera négocié à Bruxelles".

"Le texte annonce également le lancement de 'Business for a People's Vote', une nouvelle campagne qui se déroulera dans les prochaines semaines", ajoutent Les Echos. Selon les signataires, le Royaume-Uni va "maintenant faire face soit à un accord incertain, soit à un Brexit dur". Or, "aucun des deux n'était sur le bulletin de vote en 2016", et "le choix final devrait revenir au peuple, avec un vote populaire". De son côté, "Theresa May a déclaré qu'un vote populaire n'était pas à l'ordre du jour", continue toutefois le journal économique.

Le texte dénote une réelle crainte des acteurs économiques nationaux : "il avait été promis au monde des affaires que si le pays votait en faveur du Brexit, les relations commerciales avec l'Union européenne continueraient à être fluides", cite Le Figaro. Mais pour les signataires, "les propositions en cours de négociation entre le gouvernement et la Commission européenne sont loin de le garantir et les conditions ne seront pas aussi bonnes qu'actuellement".