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[Revue de presse] Brexit : ultimes négociations pour éviter le no deal, les douaniers entrent en grève

Revue de presse 08.03.2019

A quelques jours du Brexit, programmé pour le 29 mars, la Première ministre britannique Theresa May doit se rendre à Bruxelles lundi. Le lendemain, les députés britanniques sont censés se prononcer sur un nouvel accord de sortie. Mais à défaut d'avancées concrètes, les douaniers français se préparent au rétablissement brutal de la frontière.

Brexit : ultimes négociations pour éviter le no deal, les douaniers entrent en grève - Crédits : Rawf8 / iStock

Crédits : Rawf8 / iStock

Des discussions toujours au point mort

Dans trois semaines, le Royaume-Uni doit sortir de l'Union européenne. Le divorce sera-t-il brutal, ou un "deal" sera-t-il conclu in extremis pour organiser les relations futures ? La Première ministre britannique Theresa May devrait se rendre une énième fois à Bruxelles lundi 11 mars, pour d'ultimes tractations, principalement sur la question du backstop. C'est ce dispositif, visant à empêcher le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande, qui fâche toujours de nombreux députés britanniques. Leur crainte : qu'il les empêche de mener une politique commerciale indépendante après le Brexit. Ils réclament donc, dans l'accord de retrait actuellement sur la table, des garanties sur une date d'expiration de ce "filet de sécurité", et la possibilité d'en sortir unilatéralement, ce que les Européens refusent [BFMTV].

Brexique : le lexique du Brexit

De nouvelles discussions se sont ouvertes mardi 5 mars entre Geoffrey Cox, le Procureur général britannique chargé de se pencher sur la solidité juridique des engagements européens, Stephen Barclay, le ministre britannique du Brexit, et Michel Barnier, le négociateur du camp européen [Les Echos]. Mais "aucune solution n'a été identifiée à ce stade qui serait cohérente avec l'accord de retrait, qui comme vous le savez ne sera pas rouvert" aux négociations, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas [BFMTV].

Dans une interview au Guardian, la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, estime que la balle est dans le camps des Britanniques : "Nous attendons toujours une proposition de Londres", dit-elle. "Le temps presse et je pense qu'il aurait été préférable pour les gens et les entreprises de vivre avec plus de certitude qu'aujourd'hui".

Le 12 mars : une échéance cruciale pour la suite des événements

Theresa May se retrouve donc dans une situation très délicate, alors que les députés de son pays sont censés se prononcer la semaine prochaine sur un "nouvel" accord amendé par les Européens.

"Le 12 mars au plus tard, les députés britanniques se prononceront une seconde fois sur le texte de divorce entre Londres et Bruxelles", relate Courrier international. Et quand bien même un nouvel accord serait trouvé, la probabilité que les parlementaires britanniques l'approuvent semble faible, soulignent Les Echos. Car "Londres n’a pas obtenu à ce stade les concessions de l’UE" susceptibles de "faire pencher la balance en faveur du texte", déjà rejeté massivement le 15 janvier par la Chambre des communes [Ouest-France].

Brexit : l'accord de retrait en 8 points clés

Si Westminster refuse à nouveau le deal qui lui est soumis, Theresa May devra passer aux étapes suivantes de sa stratégie. Dans un premier temps, le 13 mars, elle devrait faire voter les députés britanniques. Seraient-ils prêts à accepter un divorce net le 29 mars à minuit ? S'ils refusent également ce scénario, la cheffe du gouvernement leur soumettra le 14 mars une proposition de report "limité" du Brexit.

Cette prolongation devra néanmoins être "dûment justifiée", ont averti les dirigeants européens [BFMTV].

En ouvrant cette voie, "la Première ministre se range derrière les europhiles de son camp et accélère la désintégration du Parti conservateur", regrette pour sa part The Daily Telegraph, un quotidien pro-Brexit repris par Courrier international.

Le parti conservateur britannique est en effet déjà divisé entre les partisans d'un Brexit dur et ceux qui souhaitent conserver des liens avec l'Union européenne. Or un éventuel report après le 29 mars serait du pain bénit offert aux partisans du remain, le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, ce camp ayant émis à plusieurs reprises l'idée de faire revoter les citoyens sur le Brexit.

Une grève des douaniers français en guise de contestation

A l'approche du Brexit, les douaniers français, qui compteront parmi les premiers à en subir les conséquences, se sont mis en grève le 4 mars.

En conséquence, à Calais et Dunkerque, mais aussi à Paris, les voyageurs font face à de fortes perturbations. "Jusqu’à deux heures de retard pour les trains Eurostar au départ de la gare du Nord, à Paris". Des "bouchons interminables", avec au total 3 200 camions en attente sous le tunnel de la Manche ou à Calais, rapporte Le Figaro.

La préfecture du Pas-de-Calais a estimé jeudi à la mi-journée que "la situation s’améliore globalement" et que "l’embarquement des poids lourds se fait de manière quasi normale au port", même si "des difficultés d’embarquement subsistent à l’Eurotunnel" [Le Monde].

Les douaniers demandent davantage de moyens à l'approche du 29 mars, fait savoir Le Figaro. Ils réclament notamment "une augmentation des effectifs et des moyens pour le Brexit". Car en réalité, ce n'est pas vraiment une grève qu'ils mènent actuellement, mais plutôt une manifestation d'excès de zèle, précise Euronews : ils font exprès d'appliquer tous les règlements des douanes aux frontières pour montrer la situation de blocage qui naîtra concrètement du Brexit.

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