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[Revue de presse] Brexit : Theresa May "humiliée" par les Vingt-Sept

Revue de presse 21.09.2018

Les chefs d'État et de gouvernement européens rassemblés à Salzbourg (Autriche), les 19 et 20 septembre, ont fait une nouvelle fois preuve de leur unité sur la question du Brexit face au Royaume-Uni. Les Vingt-Sept ont méticuleusement sapé les propositions britanniques sur leur future relation et en ont profité pour mettre la pression à la Première ministre britannique, à six mois de la sortie du Royaume-Uni de l'UE et alors que la question irlandaise n'est toujours pas tranchée.

Les Unes du Times et de The Guardian du 21 septembre 2018 - crédits : Kiosko

Les Unes du Times et de The Guardian du 21 septembre 2018 - crédits : Kiosko

Si la question migratoire a fortement divisé les chefs d'État et de gouvernement européens réunis à Salzbourg ces 19 et 20 septembre, les Vingt-Sept ont, en revanche, fait preuve de leur unité sur la question du Brexit pour faire pression sur le Royaume-Uni.

Lors d'un dîner avec ses homologues, Theresa May a présenté ses propositions pour encadrer la future relation entre l'Union européenne et les Britanniques. Avec ce plan dit "de Chequers", la Première ministre espérait "sortir de l’UE en douceur en ménageant un accès au marché unique pour les produits britanniques, mais pas pour les services", rappelle Le Monde.

Mais celui-ci n'a visiblement "pas séduit" les dirigeants européens qui se sont appliqués à démonter, les propositions de Theresa May selon France 24. Celles-ci "ne sont pas respectueuses de l'intégrité du marché unique", a ainsi déclaré Emmanuel Macron, en qualifiant au passage les défenseurs du Brexit de "menteurs". Et ce plan "saperait les fondements du marché intérieur", selon Donald Tusk, président du Conseil européen [France 24].

Une "pression maximale" avant les dernières échéances

"Rien de cet épisode autrichien ne semble avoir été improvisé", analyse L'Obs. Les Européens ont profité de ce sommet pour "exercer une pression maximale sur la Première ministre britannique" et rappeler que "la dernière ligne droite des négociations du Brexit a vraiment commencé", observe Le Monde.

Le Conseil européen du 18 octobre et un potentiel sommet supplémentaire en novembre seront les dernières échéances pour proposer un accord de sortie et une déclaration politique qui encadrera les négociations sur la future relation entre l'UE et le Royaume-Uni, selon le quotidien.

"Un compromis miraculeux" est possible, espère L'Obs. Pour le moment, "nous nous préparons à un no deal", a toutefois déclaré Theresa May, "visiblement en colère" selon Politico. Même si la Première ministre croit "en la volonté d'un deal", le Royaume-Uni "serait prêt à se retirer des négociations", a-t-elle également expliqué selon le média européen.

Theresa May "humiliée" à dix jours du congrès des Tories

"A en croire la presse britannique, Theresa May a passé un très mauvais moment au sommet européen de Salzbourg", relate donc France Culture.  La Première ministre a été "humiliée" et prise "en embuscade alors qu'elle se bat pour sauver le plan Chequers", titre The Guardian.

Tous les titres de la presse britannique s'accordent sur le fait qu'Emmanuel Macron est celui qui "a convaincu les 26 autres de ne pas laisser la Première ministre quitter Salzbourg avec des mots d'encouragements, comme c'était prévu", poursuit France Culture. "Un Macron cinglant prévient les Britanniques de revoir leurs positions à la baisse s'ils veulent un accord", peut-on par exemple lire en Une du Daily Telegraph.

Les Conservateurs, profondément divisés sur le sujet du Brexit, se réunissent en Congrès dans moins de dix jours. "Le pire est encore à venir, maintenant que [Theresa May] est rentrée au Royaume-Uni", ajoute donc France Culture.

En effet, pour David Davis, l'ancien secrétaire d'État britannique chargé du Brexit, le Parlement "n'était déjà pas susceptible de soutenir Chequers". Donc "il n'autorisera certainement pas plus que Chequers", affirme-t-il aujourd'hui, cité par The Guardian. Par conséquent, la Première ministre serait "en grave danger politique", selon Politico.

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L'épineuse question de la frontière irlandaise

Dans la perspective de l'accord de sortie, la question irlandaise demeure "le dernier véritable point de blocage entre les Vingt-Sept et Londres", commente Le Monde.

"Afin d'éviter un retour à la violence", les deux parties ont déjà "convenues qu'il ne fallait pas une frontière dure entre l'Irlande du Nord - nation du Royaume-Uni - et la République d'Irlande", expliquent Les Échos. Mais reste à déterminer quelles nouvelles modalités encadreront cette frontière.

Le négociateur européen Michel Barnier avait suggéré, fin 2017, de mettre en place un "filet de sécurité permettant à l'Irlande du Nord de rester alignée sur les normes européennes afin d'éviter les contrôles avec la République d'Irlande", le temps de la période de transition, poursuit le quotidien économique. Mais cette solution temporaire reviendrait, pour Theresa May, "à unifier de facto toute l’île d’Irlande en l’arrimant à l’UE" [Le Monde].

L'idée d'une réunification ne serait cependant pas exclue par les Irlandais, qui voteraient "pour" entre 65 et 82 %, si un référendum se tenait, selon des sondages cités par le sénateur irlandais Mark Daly dans Libération. "L’Irlande du Nord n’a pas voté pour le Brexit, elle est déstabilisée et la situation a accéléré le débat", donc "plus le Brexit sera dur, plus vraisemblable sera la réunification irlandaise", observe-t-il.

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