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[Revue de presse] Brexit : succès en demi-teinte pour l'accord de Boris Johnson

Revue de presse 23.10.2019

Mardi 22 octobre, le Premier ministre britannique Boris Johnson a remporté un premier vote de principe des députés britanniques sur son nouvel accord de Brexit. Mais il a également subi un revers concernant son calendrier, la chambre refusant d'examiner le texte en trois jours. La balle est désormais dans le camp de l'Union européenne, qui doit accepter - ou non - un nouveau report de la sortie du Royaume-Uni.

La Chambre des communes, lors du premier débat sur l'accord de retrait de Boris Johnson, samedi 19 octobre - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

La Chambre des communes, lors du premier débat sur l'accord de retrait de Boris Johnson, samedi 19 octobre - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

"Oui, mais non, mais…". Cette une du Sun résume, pour Les Echos, les dernières tergiversations du Parlement britannique autour du Brexit.

C'est d'abord une victoire du Premier ministre britannique Boris Johnson, mardi 22 octobre en début de soirée. "La Chambre des communes a approuvé sur le principe, par 329 voix contre 299, le nouvel accord de divorce conclu par leur Premier ministre Boris Johnson et les dirigeants de l’UE", explique L'Obs avec l'AFP.

Une victoire cependant très rapidement suivie d'une défaite. Boris Johnson, qui prévoyait après ce premier vote un programme de travail "en trois jours, demandant aux élus de siéger 'jour et nuit' s’il le fallait" [Le Figaro], n'a pas convaincu. La Chambre "a en effet refusé par 322 voix contre 308 de se prononcer sur ce texte d’ici à jeudi soir, un délai jugé trop court", détaille L'Obs. "A moins d’un miracle", ce rejet compromet une sortie de l'Union le 31 octobre, estime alors Le Monde.

Un pas en avant, un pas en arrière

C'était un "vote à double tranchant" [L'Obs]. L'accord de sortie a dans un premier temps remporté une "victoire rare", en obtenant pour la première fois le soutien du Parlement, "quoiqu'à un stade encore précoce du processus législatif", nuance France 24 avec Reuters. Le chef du gouvernement irlandais, Leo Varadkar, a à ce sujet "salué la 'majorité claire' qui s’est prononcée en faveur de la loi d’application", rapporte Ouest-France avec l'AFP. Boris Johnson a ainsi "réussi son pari", explique un responsable européen repris par le quotidien. "Mais ce vote n’était pas définitif : il ne validait que le passage du texte (…) en deuxième lecture à Westminster", indique Le Monde.

L'enthousiasme du Premier ministre est ainsi retombé quelques minutes plus tard seulement, lorsque les mêmes députés se sont opposés à "[l']examen express" proposé par Boris Johnson [Le Figaro]. Le gouvernement espérait pouvoir conclure en trois jours l'inscription des modalités de l'accord dans le droit britannique. Un calendrier rapide jugé "nécessaire pour réaliser le Brexit à temps" selon le gouvernement, à savoir le 31 octobre [France 24].

Mais trop court pour les députés : "nous avions siégé pendant une vingtaine de jours pour ratifier le traité de Maastricht", a déploré le doyen de la chambre, le conservateur Kenneth Clarke [Le Monde]. D'autant qu'ils ont à examiner un document de "110 pages, auxquelles il faut ajouter des notes explicatives qui épaississent sérieusement le dossier", précise Le Figaro.

Un report qui fait débat

Ce contretemps rendant une sortie avec accord le 31 octobre difficilement réalisable, le Premier ministre doit attendre la décision des Vingt-Sept sur un report. Contraint par le Benn Act voté en septembre, Boris Johnson avait demandé un nouveau délai à la suite de la décision des députés ajournant leur vote sur l'accord le 19 octobre. "Je dois dire ma déception devant cette Chambre qui a à nouveau voté pour un report", a-t-il commenté à l'issue du vote du mardi 22 octobre [France 24].

Brexit : tous les événements depuis le référendum

"La balle est dans le camp bruxellois", résume Franceinfo. En effet, "Boris Johnson a alors annoncé qu’il suspendait l’examen de l’accord par le Parlement jusqu’à ce que l’Union européenne prenne une décision", explique L'Obs. "Notre position reste que nous ne devrions pas faire de report", a-t-il réitéré, avertissant que le gouvernement devait "accélérer [les] préparations à une issue sans accord" [France 24].

Toutefois, "des sources de Downing Street laissaient entendre qu’il serait disposé à une courte extension, le temps que son texte soit examiné", révèle Le Figaro. Cette option pourrait être accordée par la France : "nous avons perdu trop de temps, nous avons trouvé un accord et il faut maintenant le mettre en œuvre sans délai", déclarait mardi la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Amélie de Montchalin [Ouest France]. "Nous verrons si une extension purement technique de quelques jours se justifie", a-t-elle ajouté face au Sénat, excluant une rediscussion de l'accord [L'Obs].

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, "a recommandé aux dirigeants de l’UE d’accepter de retarder une nouvelle fois le Brexit". Et ce, "par procédure écrite", c’est-à-dire sans avoir besoin de convoquer un nouveau sommet européen [L'Obs]. "Une réunion des ambassadeurs des pays membres auprès de l’UE a été planifiée mercredi [23 octobre] pour discuter de cette recommandation". Un report du Brexit au 31 janvier 2020 tel que réclamé par le Parlement britannique ne serait toutefois "pas acceptable", juge un responsable européen cité par l'AFP [L'Obs].

Qu'attendre pour la suite ?

"Boris Johnson met le Royaume-Uni sur la voie des élections générales", titre le quotidien britannique The Telegraph, repris par Courrier International. En effet, le Premier ministre avait averti qu'un report au mois de janvier l'amènerait à "réclamer de nouvelles élections", rapporte France 24. Cependant, pour provoquer un tel scénario, il "a besoin des deux tiers des voix aux Communes", précise Le Monde. De surcroît, "si des élections devaient être organisées cette semaine, elles ne pourraient avoir lieu au plus tôt que le jeudi 28 novembre", ajoute la BBC, citée par Courrier International.

Quoi qu'il arrive, "l’opposition entend bien mettre sur sa route toute une batterie d’amendements" au texte de l'accord, ajoute Le Figaro. "L’un proposerait le maintien dans une union douanière avec l’UE (…) un autre amendement possible concerne la tenue d’un référendum 'de confirmation' de l’accord de sortie", tandis que d'autres députés souhaiteraient "un amendement empêchant toute sortie sans accord à la fin de la période de transition", liste Le Figaro.

En attendant, après la décision de Boris Johnson de suspendre l'examen de l'accord de sortie, les députés "vont maintenant devoir revenir 'au programme national du gouvernement pour la nouvelle session parlementaire', qui avait été énoncé par la reine lors d’un discours à Westminster, le 14 octobre", fait savoir Courrier International, citant la BBC. Contrairement à ce qui était prévu pour mercredi 23 et jeudi 24 octobre, le Brexit s'éclipsera donc momentanément de leurs activités aux Parlement.

 

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