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[Revue de presse] Brexit : sèchement accueilli en Ecosse, Boris Johnson tente de rassurer

Revue de presse 30.07.2019

Boris Johnson a été accueilli fraîchement en Ecosse lundi 29 juillet. Opposée au no deal, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a vivement critiqué la stratégie du leader conservateur sur le Brexit. Ce dernier, se voulant rassurant, semble néanmoins convaincu que l'UE réouvrira les négociations pour trouver un nouvel accord de sortie. Il réclame par ailleurs un accord commercial conséquent pour l'après-Brexit.

De gauche à droite : Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la dirigeante d'Ecosse Nicola Sturgeon - Crédits : Wikimedia Commons / Flickr CC BY-NC 2.0

De gauche à droite : Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la dirigeante d'Ecosse Nicola Sturgeon - Crédits : Wikimedia Commons / Flickr CC BY-NC 2.0

 

Visite tendue en Ecosse

Après le nord de l’Angleterre le week-end dernier, l’Ecosse était, lundi 29 juillet, "la deuxième étape d’une tournée qui doit [désormais] conduire Boris Johnson au Pays de Galles et en Irlande du Nord, afin de tenter d’obtenir des soutiens sur le Brexit et de donner tort à ceux qui agitent la menace d’une dissolution de l’union" [20 minutes].

Mais à Edimbourg, "le Premier ministre [britannique] n'a pas passé sa meilleure journée au nord de la frontière...", écrit Politico. En effet, à en croire Le Monde, "sa visite à Bute House, la résidence de la Première ministre d’Ecosse, s’est déroulée dans un climat tendu". Accueilli par "quelques manifestants", Boris Johnson a été reçu par Nicola Sturgeon "sans un sourire, pour une poignée de main glaciale" et a dû repartir par "la porte de derrière", poursuit le quotidien.

Alors que Boris Johnson continue de clamer une sortie du Royaume-Uni de l'UE le 31 octobre, avec ou sans accord, la dirigeante écossaise "l'accuse de vouloir un Brexit sans accord", explique 20 minutes. Elle juge sa stratégie sur le Brexit volontairement "très dure" afin d'être "vouée à l'échec", selon La Croix. "Derrière tout le bluff et la fanfaronnade, c’est un gouvernement qui est dangereux", a ainsi estimé Nicola Sturgeon au terme de ses discussions avec Boris Johnson.

Alors que la tournée du Premier ministre est "censée promouvoir l'union du Royaume déchiré face à la perspective d'une sortie de l'UE sans accord" [Le Point], le risque d'un "éclatement du Royaume-Uni" serait aujourd'hui réel pour Le Monde. Rappelant que l'Ecosse, qui a voté à 62 % pour rester dans l’Union européenne en 2016, n'a pas voté pour un "no deal Brexit catastrophique" [BBC], Mme Sturgeon demande par ailleurs "depuis des années un deuxième référendum sur l’indépendance [écossaise], après celui de 2014", rappelle le quotidien français. Or la menace d'une sortie de l'UE sans accord "justifierait" ce dernier, estime aujourd'hui Politico.

Boris Johnson demande un "geste" à l'UE…

Malgré son désaccord profond avec Boris Johnson, la dirigeante écossaise a tout de même assuré vouloir "travailler ensemble dans la mesure du possible" [BBC]. Et si le Royaume-Uni accélère bel et bien les préparatifs en cas de no deal [BFMTV], l'ancien maire de Londres s'est voulu rassurant sur sa stratégie.

Opposé au dispositif du "backstop" dans l'accord de retrait, qui permet d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, Boris Johnson compte bien décrocher un nouveau "deal" avec l'Union européenne. "Ce que nous voulons, c'est dire tout à fait clairement que le backstop n'est pas bon, qu'il est mort, qu'il doit disparaître. L'Accord de retrait est mort, il doit disparaître. Mais il est possible de conclure un nouvel accord", a ainsi déclaré le chef du gouvernement en visitant une base navale près du village de Faslane, cité par Le Figaro. "Il y a une très bonne chance que nous puissions obtenir un accord et c'est ce que nous visons", a-t-il affirmé sur le même ton [Le Point]. 

Pour ce faire, alors que l'UE a jusqu'à présent "exclu de renégocier l'accord de Brexit conclu avec le gouvernement de Theresa May" [Le Figaro], Boris Johnson "attend un geste des Européens en faveur de la réouverture des négociations sur le Brexit" [Le Point]. L'ancien ministre des Affaires étrangères a ainsi prévenu que s'il voulait "évidemment rencontrer les dirigeants européens et négocier", ce n'était "pas pour qu'on (...) lui dise que l'UE ne peut pas réexaminer l'accord de retrait", selon l'une de ses porte-paroles.

D'après BFMTV, Boris Johnson n'aurait toutefois "pas annoncé de voyage à l'étranger avant le sommet du G7 fin août en France", alors même que le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel l'ont "tous deux invité […] à leur rendre visite".

… et réclame un "vaste accord commercial"

Au-delà de son assurance quant à la réouverture des négociations, le chef des conservateurs a indiqué vouloir conserver des liens avec l'Union européenne après le Brexit. "Ce que nous voulons faire, c'est établir un nouveau partenariat pour tout ce qui est important pour nous, collaborer sur la défense, la sécurité, le renseignement, la culture, la science, tout ce à quoi vous pouvez vous attendre", a-t-il indiqué selon Challenges.

Surtout, en matière économique, le Premier ministre britannique espère un accord commercial avec l'UE qui permettrait, selon lui, de regagner en souveraineté. "Au cœur de tout cela, (il faut) un nouvel accord de libre-échange qui nous permette de reprendre le contrôle de nos droits de douane et de nos règlements, et d'agir différemment là où nous voulons le faire" [Challenges].

Avec l'Union européenne certes, mais pas seulement. Selon un communiqué repris par La Croix, la ministre britannique au Commerce international, Elizabeth Truss, a rencontré lundi l'ambassadeur américain à Londres pour "discuter de l'accélération" d'un accord de libre-échange post-Brexit entre Washington et Londres.

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