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[Revue de presse] Brexit : regain d'optimisme à quelques heures du sommet européen

Revue de presse 16.10.2019

Les relations s'étaient passablement tendues, ces dernières semaines, entre le Royaume-Uni et ses partenaires. Toutefois, mardi 15 octobre, plusieurs figures européennes ont fait part de leur optimisme quant à l'avancée des négociations. Alors que le Brexit est prévu le 31 octobre, et qu'un sommet des chefs d'Etats et de gouvernement de l'Union doit s'ouvrir jeudi 17 octobre à Bruxelles, le no deal paraît encore évitable.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, en septembre 2019 - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, en septembre 2019 - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Il y a une lueur d'espoir pour un accord", a estimé ce mercredi le ministre français de l'Economie Bruno Lemaire [BFM TV avec l'AFP]. Cet enthousiasme, partagé dans plusieurs pays européens, serait la "conséquence de l'intervention, mardi [15 octobre], de Michel Barnier devant les ministres de l'Union européenne réunis à Luxembourg", expliquent Les Echos. Le négociateur en chef des Européens y a en effet tenu, devant les ministres de l'Union européenne, "un discours tout en retenue, mais insistant sur les points positifs", poursuit le média.

Au début d'une nouvelle semaine de négociations, plusieurs responsables européens ont laissé entendre qu'un nouvel accord de sortie pourrait être conclu entre les Vingt-Huit dans les prochains jours. Soit lors du Conseil européen, qui rassemblera les chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles jeudi 17 et vendredi 18 octobre, soit la semaine suivante.

Tout le monde ne partage cependant pas cet optimisme. "Une possibilité d'accord n'est pas encore un accord", a ainsi rappelé l'Elysée [BFM TV]. "Des progrès significatifs sont encore nécessaires", confirme le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney.

Concessions britanniques

"Un accord est encore très possible", selon le ministre du Brexit Steve Barclay, cité par La Tribune. Le Premier ministre britannique Boris Johnson souhaitant "respecter son engagement de faire sortir la Grande-Bretagne le 31 octobre", l'approche de cette date butoir aurait poussé les Britanniques à "[bouger] sur les points de blocage". Car Boris Johnson ne veut "pas arriver les mains vides au Conseil européen", expliquent Les Echos.

Dans cette optique, le gouvernement britannique a ainsi accordé des concessions aux Européens, acceptant "une frontière douanière en Mer d'Irlande", rapporte The Guardian. Une option que l'ancienne Première ministre britannique Theresa May avait quant à elle rejetée. Mais ce nouveau "point de départ" devrait satisfaire l'Union, selon Michel Barnier. Il permettrait en effet "d’éviter le retour d’une frontière entre la République d’Irlande (…) et l’Irlande du Nord", rappelle Euronews.

Après des négociations "intensives pendant le week-end et [lundi]", les pourparlers "se sont poursuivis toute la nuit" de mardi à mercredi, rapporte Euronews. "Si on veut un accord pour le sommet, il faut qu'un texte juridique soit finalisé [ce mercredi matin] au plus tard", prévenait auparavant Michel Barnier [BFM TV]. Pour parvenir à cet objectif, "toutes les directions de la Commission sont mises intensément à contribution", assure une source européenne aux Echos.

Un "optimisme prudent"

C'est donc un "optimisme prudent" qui règne à Londres et Bruxelles, nuancent Les Echos. Des doutes subsistent notamment sur l'intégrité du marché intérieur, "un point sur lequel nous ne pouvons pas négocier", explique Amélie de Montchalin, la Secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes. Et pour cause, "Boris Johnson [avait] promis de faire du Royaume-Uni un 'Singapour sur la Tamise'", rappelle BFM TV, en pratiquant un dumping social et environnemental. Or chez les Vingt-Sept, personne ne veut d'un "nouveau concurrent", rapporte L'Obs. "Les Etats membres (…) ne laisseront pas Londres transformer l'Irlande du Nord en maillon faible de leur grand marché", prévient La Tribune. Cela "empêcherait, à leurs yeux, la signature d'un accord de libre-échange", ajoutent Les Echos.

Aux désaccords entre l'Union et Londres s'ajoute un second obstacle : le Parlement britannique. "Le Premier ministre doit informer son cabinet de la situation à 16h00 ce mercredi", explique The Guardian. Or sa proposition risque d'être "extrêmement difficile à avaler" pour certains députés : Arlene Foster, cheffe de file des unionistes nord-irlandais, a ainsi critiqué la différenciation nord-irlandaise proposée par le gouvernement : "c'est une question de principe (…) nous devons faire partie intégrante du Royaume-Uni", rapporte Euronews. Néanmoins, certains eurosceptiques comme le député Steve Baker se sont au contraire déjà déclarés "confiants" et "optimistes" quant à la capacité de Boris Johnson à réunir une majorité autour d'un éventuel accord [The Guardian].

Une poursuite des négociations après le sommet ?

Dernière contrainte, et pas des moindres : le calendrier. Si le chef du gouvernement Irlandais Leo Varadkar a reconnu un progrès dans les négociations, il a déclaré ne pas "savoir si nous pourrons conclure un accord (...) à temps pour le sommet jeudi", la situation n'étant pour l'instant "pas claire" [BFM TV]. "Les problèmes sont loin d'être réglés", pour Shaun Osborne, de Scotiabank [Capital]. Tandis que pour l'Elysée, "le Conseil européen ne peut pas être une enceinte (…) de négociations" [BFM TV].

Or les "bonnes intentions" doivent être transformées en "texte juridique" à temps, indique Michel Barnier [La Tribune]. "Ainsi circule l'hypothèse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre", explique le journal. "S’il n’est pas possible de conclure pour le sommet de jeudi, alors nous verrons", glisse le ministre belge des Affaires étrangères et futur commissaire européen Didier Reynders [Libération avec AFP].

L'option d'un Conseil européen extraordinaire est d'ores et déjà défendue par le Premier ministre finlandais Antti Rinne, qui déclare que "nous avons besoin de plus de temps et de négocier après la réunion" des 17 et 18 octobre. Si Michel Barnier le demande, "personne ne sera contre", indique une source gouvernementale allemande [BFM TV]. Cela "viserait à finaliser une discussion qui n'a jamais semblé aussi proche de son but", concluent Les Echos.

 

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