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[Revue de presse] Brexit : pression accrue sur les négociateurs pour trouver un accord

Revue de presse 13.11.2020

A un mois et demi de la fin de la période de transition post-Brexit, Européens et Britanniques ne se sont toujours pas mis d’accord sur certains dossiers clés de leur future relation. La date limite pour tenter de trouver un accord, fixée à la mi-novembre par les négociateurs, a été repoussée d’une semaine. Parallèlement, l’élection de Joe Biden à la tête des Etats-Unis complique la tâche du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier est à Londres cette semaine pour poursuivre les négociations sur les relations futures avec le Royaume-Uni post-Brexit

Le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier est à Londres cette semaine pour poursuivre les négociations sur les relations futures avec le Royaume-Uni post-Brexit - Crédits : Conseil de l'UE

"Les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sur la relation commerciale post-Brexit" sont entrées cette semaine dans "une phase intensive"[Ouest-France]. "Nous travaillons dur pour parvenir à un accord. Les pourparlers se poursuivront à Londres pendant le week-end et auront lieu à Bruxelles la semaine prochaine", a annoncé jeudi 12 novembre Daniel Ferrie, porte-parole de la Commission européenne. "La mi-novembre apparaissait jusqu’alors comme la date limite afin de pouvoir ratifier à temps un accord qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2021, à la fin de la période de transition mise en place pour laisser du temps à la négociation", rappelle le quotidien.

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Quant à l’interprétation de cette extension, "les avis divergent sur la question de savoir si un accord est encore possible avant la fin de la semaine prochaine", écrit Politico. Pour certains fonctionnaires, il ne faut pas pour autant voir "l'allongement du délai comme un signe que les négociations ne se sont pas bien déroulées cette semaine : ‘toutes les options sont encore sur la table’". "Un autre diplomate européen a déclaré qu'il y avait encore de l'espoir de parvenir à un mince accord, mais que le résultat final restait inconnu", ajoute Politico. Néanmoins, "signe que les deux parties continuent de rechercher un accord, des sources européennes ont rapporté qu'elles s'attendaient désormais à ce que les discussions aboutissent à un texte accepté par les deux parties vers le milieu de la semaine prochaine", interprètent Les Echos. D’autres enfin, n’excluent pas que les négociations se prolongent jusqu'à début décembre, précise le journal.

Blocages persistants

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier mais reste aligné sur les règles communautaires pendant une période de transition qui court jusqu'au 31 décembre, "le temps pour les deux parties de se mettre d'accord sur le cadre de leurs relations post-Brexit, notamment en matière de commerce", rappellent Les Echos. Mais si "Bruxelles est de plus en plus nerveuse face au tic-tac de l'horloge[Politico], c’est que les négociations sur l'après Brexit butent toujours sur trois sujets. "Les discussions achoppent notamment sur la mise au point de règles de concurrence équitables, d'un dispositif de règlement des futurs litiges et d'un mécanisme de partage des droits de pêche", précisent Les Echos.

"Les problèmes restent les mêmes. Rien n’a changé", résume un diplomate européen à l'AFP [Ouest- France] ajoutant "qu’un accord devra être conclu la semaine prochaine, sinon il n’y en aura pas". Côté britannique, le ministre chargé de la coordination de l'action gouvernementale Michael Gove a déclaré que "des progrès [avaient] été faits mais des divergences [persistaient]" et qu’il était important que l’UE "fasse également preuve de flexibilité". Néanmoins pour le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier, "les discussions ne sont pas encore sur la voie d'un accord". Son homologue britannique David Frost insiste quant à lui "sur le fait que les solutions doivent respecter pleinement la souveraineté du Royaume-Uni, une condition délicate puisque tout traité empiète inévitablement sur celle-ci", analyse The Economist.

L’Irlandais président américain

Côté britannique, la pression pour parvenir à un accord s’est accrue depuis l’élection du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis. Selon RFI, cette victoire "a changé le contexte international du Brexit : l'allié le plus puissant du Royaume-Uni sera désormais dirigé par un homme qui privilégie un Brexit avec accord et qui se prévaut de son héritage irlandais".

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Boris Johnson, qui comptait sur la "relation spéciale" entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, a reçu une pression supplémentaire de la part du futur locataire de la Maison Blanche. Dès le 10 novembre, le président élu a téléphoné au Premier ministre britannique "avant tout autre dirigeant européen[The Economist]. Pour autant, "cet appel n'était pas seulement amical pour cimenter la ‘relation spéciale’. Il contenait une menace implicite : si M. Johnson permettait à la Grande-Bretagne de quitter l'UE sans accord, sapant ainsi l'accord du Vendredi saint qui a apporté la paix en Irlande du Nord, la Grande-Bretagne n'obtiendrait pas d'accord commercial avec l'Amérique", relève The Economist.

Le chef du gouvernement britannique se trouve désormais dans une position délicate avec son projet de loi sur le marché intérieur (Internal Market Bill), qualifié par l'un de ses ministres de "violation du droit international[Washington Post]. En l’absence d’un accord avec l’UE, "le projet de loi donnerait la priorité à la libre circulation des marchandises entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne, ce qui pourrait réintroduire des contrôles frontaliers sur l'île - entre la République d'Irlande, qui fait partie de l'Union européenne, et l'Irlande du Nord, qui fait partie de la Grande-Bretagne", explique le Washington Post. Néanmoins, Boris Johnson "ne montre aucun signe de recul" sur la question, accentuant pour lui le besoin de parvenir à un accord avec l’Union européenne [Financial Times].

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