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[Revue de presse] Brexit : pas de compromis avec l'Union européenne à l'horizon

Revue de presse 08.10.2019

La dernière proposition de Boris Johnson a laissé l'Union européenne de marbre. Alors que les Européens pointent plusieurs éléments problématiques, le Premier ministre britannique estime que c'est maintenant à leur tour de faire des concessions. Le délai pour trouver un accord est désormais très court, tandis que l'éventualité d'un nouveau report du Brexit pose question.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson - Crédits : Suzanne Plunkett / Flickr Chatham House CC BY 2.0

Le Premier ministre britannique Boris Johnson - Crédits : Suzanne Plunkett / Flickr Chatham House CC BY 2.0

Une proposition "largement insuffisante" : c'est, "au début d’une semaine cruciale" [Libération avec l'AFP], ce que semblent penser les Européens du nouveau plan de Boris Johnson sur le Brexit [Huffington Post]. Pour Guy Verhofstadt, qui dirige le groupe de pilotage sur le Brexit au Parlement européen, cette offre faite mercredi 2 octobre "ne constitue pas une base pour un accord et pour sortir de l'impasse sur le Brexit" [RFI]. Tandis que des "propositions plus détaillées" étaient attendues par l'Union européenne, selon la porte-parole de la Commission européenne Mina Andreeva [Libération].

Parmi les points "problématiques" relevés, la proposition d'alternative au backstop en Irlande du Nord concentre les critiques. Pour éviter le rétablissement d'une frontière dure entre les deux Irlande, Boris Johnson a imaginé un système qui maintiendrait l'Irlande du Nord dans le marché commun jusqu'en 2025, la dissociant sur ce point du reste du Royaume-Uni qui, lui, quitterait l'union douanière dès la date du Brexit. En parallèle, l'assemblée parlementaire d'Irlande du Nord devrait voter tous les quatre ans pour décider de continuer à suivre les règlementations européennes, ou non. Or ce système pourrait être "une porte ouverte à la fraude fiscale", entres autres, selon RFI. "Les propositions du plan pour les contrôles douaniers entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande après le Brexit" ne satisfont pas Bruxelles, rapporte aussi Libération. Enfin, le "droit de veto" que propose Boris Johnson au parlement nord-irlandais n'est "pas du tout du goût des Européens", relève Le Figaro.

Une semaine pour progresser

Désormais, "un compromis doit être trouvé en cinq jours, selon l’ultimatum informel fixé par Bruxelles", souligne Le Figaro. En effet, "après vendredi [12 octobre], il sera trop tard pour peaufiner un 'deal' avant le sommet [du Conseil européen] des 17 et 18 octobre". "Chaque jour compte", a donc averti Mina Andreeva [Libération].

Une révision de l'offre britannique semble donc obligatoire pour parvenir à un accord. Si le gouvernement britannique ne "revient pas avec de nouvelles propositions sur deux problèmes graves que nous [lui] avons signalés, je ne vois pas comment nous pourrions avancer", a déclaré en ce sens le négociateur européen du Brexit Michel Barnier, au cours d'une conférence organisée par Le Monde.

Mais Boris Johnson considère, lui, que la balle est désormais dans le camp des Européens, qu'il a exhortés "à faire des compromis", rapporte RFI. Le Premier ministre britannique maintient sa position selon laquelle le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 octobre, quoi qu'il arrive. "Nous sortons dans 25 jours. Et nous pouvons le faire avec un accord si l’UE le veut", a-t-il déclaré dimanche [Le Figaro].

Le dirigeant britannique poursuit en même temps une campagne diplomatique pour défendre son plan auprès de ses homologues européens, dont les Premiers ministres "finlandais, néerlandais et portugais", ou encore Emmanuel Macron. "Son ministre du Brexit continuera de sillonner les capitales européennes jusqu'à mardi [8 octobre]", rapporte France info.

Delay or not delay

Devant le peu d'enthousiasme soulevé en Europe par la proposition de M. Johnson, la presse s'interroge sur la possibilité d'un troisième report du Brexit. Lundi 7 octobre, la justice écossaise a rejeté "un recours intenté par trois personnes qui voulaient contraindre [Boris Johnson] à demander un report de trois mois si aucun accord avec l’UE n’était conclu le 19 octobre" [Libération]. Mais c'est "une victoire en trompe l'œil", selon Les Echos. Effectivement, la cour a jugé que "le gouvernement britannique a donné des 'assurances sans équivoque' qu'il respectera la loi" l'obligeant à solliciter un report en cas d'absence d'accord. "Une manière de mettre le gouvernement sous pression", analysent Les Echos.

Dans le même temps, le Telegraph révèle que "des ministres [britanniques] ont contacté le gouvernement hongrois pour obtenir des assurances qu'il opposerait un véto à toute demande de délai", selon des sources européennes. Une information toutefois démentie par le gouvernement britannique [Le Figaro].

"La stratégie du Premier ministre jusqu’au 31 octobre ne lui permettra sans doute pas d’accomplir le Brexit à cette échéance, mais devrait le placer en position de force pour les élections…", conclut le journal belge L'Echo. Car si un nouveau report est acté, le Royaume-Uni ne coupera pas à des élections législatives anticipées, et le bras de fer qu'aura tenu jusqu'au bout Boris Johnson pourrait lui attirer les faveurs d'un électorat lassé de trois ans d'impasse.

 

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