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[Revue de presse] Brexit : pas d'accord avant le sommet européen des 17 et 18 octobre

Revue de presse 16.10.2018

Les dirigeants européens vont se réunir les 17 et 18 octobre à Bruxelles pour un Conseil européen décisif consacré au Brexit. Mais alors que Michel Barnier annonçait la semaine dernière qu'un accord était possible d'ici là, les discussions sont finalement restées bloquées à la suite d'une rencontre avec Dominic Raab, dimanche 14 octobre. Tous les acteurs européens se préparent à une absence d'accord.

Michel Barnier et Donald Tusk à Bruxelles le 16 octobre 2018

Michel Barnier et Donald Tusk à Bruxelles le 16 octobre 2018 - Crédits : European Union

"Un nouveau jour sans fin"

"Les discussions (…) qui ont eu lieu dimanche [14 octobre] à Bruxelles n'auront pas suffi à débloquer la situation", déplore L'Obs. Les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne "butent encore et toujours sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit", et l'échéance du 29 mars 2019 approche chaque jour un peu plus. Le déplacement à Bruxelles pour ces dernières discussions du ministre britannique chargé du Brexit Dominic Raab, "annoncé à la dernière minute", laissait "présager des avancées". Il s'est toutefois soldé par un échec, selon l'hebdomadaire. D'autant plus qu'il n'y aura "plus de négociations d'ici au sommet européen".

Celui-ci s'ouvre mercredi 17 octobre à Bruxelles et "devait être crucial pour enregistrer des progrès dans ces fameuses négociations", relate Libération. Malgré cela, lundi 15 octobre, "la Première ministre britannique est venue expliquer aux députés [britanniques] le nouveau coup d’arrêt aux négociations", dans un discours à la Chambre des communes. Mais "Theresa May n’a pas dit autre chose devant le Parlement" que "les mêmes déclarations qui se succèdent depuis des mois", poursuit le quotidien. C'est un nouveau "jour sans fin, et rien n’a changé" pour le chef des travaillistes Jeremy Corbyn.

L'insoluble question irlandaise isole encore Theresa May

Car sur la question de la frontière irlandaise, les points d'achoppement et les solutions proposées ne sont pas nouveaux. Déjà "en décembre 2017, Michel Barnier avait proposé un 'backstop' ["filet de sécurité"] pour empêcher le retour de cette frontière, quelle que soit la relation future entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept", rappelle Le Monde. Dans cette optique, "l’Irlande du Nord resterait dans le marché intérieur pour les biens et l’agriculture". Ainsi, "les contrôles douaniers devenus nécessaires s’effectueraient, non en Irlande, mais entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni".

Une solution difficile à accepter pour les conservateurs britanniques dans la mesure où les dix députés du Parti unioniste démocrate (DUP) d'Irlande du Nord, farouchement opposés à cette alternative, permettent à Theresa May d'obtenir la majorité absolue à la Chambre. Mme May a ainsi déclaré aux parlementaires qu'elle avait besoin de "pouvoir regarder les Britanniques dans les yeux pour leur dire que la solution du 'backstop' entre l'UE et le Royaume-Uni n'est que temporaire", souligne Politico. Pour le média européen, cette déclaration était aussi une "opportunité pour les députés conservateurs de montrer leur soutien à la dirigeante, face à l'opposition", ce que "très peu de tories ont fait". En fin de compte, Mme May est plus isolée que jamais dans sa propre majorité et le "no deal" parait de plus en plus inévitable.

L'absence d'accord "plus probable que jamais"

Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, "il faut se préparer à un 'hard Brexit'". Dans une déclaration, il a estimé "plus probable que jamais" le scénario d'une "absence d'accord entre Londres et l'Union européenne dans les négociations sur le Brexit", indiquent Les Echos. Dans l'invitation officielle aux dirigeants pour le sommet à venir, il affirme néanmoins que les négociateurs doivent "rester optimistes et déterminés, car il y a de la bonne volonté à poursuivre ces discussions des deux côtés".

Pragmatique, Donald Tusk, cité par Europe 1, poursuit : "le fait que nous nous préparons à un scénario d'absence d'accord ne doit en aucun cas nous empêcher de tout mettre en œuvre pour parvenir au meilleur accord possible, pour toutes les parties". C'est pour lui "ce que devrait être l'état d'esprit [des deux parties] à ce stade". De son côté, Angela Merkel interrogée sur ce sujet "au cours d'une rencontre avec des industriels à Berlin", s'est montrée confiante "tout en soulignant la nécessité de préparer un potentiel échec des négociations", faisant écho aux propos de Donald Tusk, rapporte L'Express.

Devant son Parlement, Theresa May avait au contraire annoncé qu'elle "continuait de penser qu'un accord négocié est ce qu'il y a de mieux pour le Royaume-Uni et l'UE". Elle a également assuré "croire qu'un tel accord est réalisable", souligne l'hebdomadaire. Faisant fi des plus ardents Brexiters de sa majorité, elle a insisté sur le fait que "personne ne voulait un divorce sans accord".

Enfin, le DUP "a estimé lundi 'probablement inévitable' que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans accord, après l’échec des discussions sur la question de la frontière irlandaise", rapporte Ouest France. "Étant donné l’attitude de l’UE et la manière dont ils ont acculé Theresa May, je ne vois pas quel accord obtiendrait la majorité", a déclaré le porte-parole du DUP sur le Brexit, Sammy Wilson.