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[Revue de presse] Brexit : ni deal, ni no deal, la presse parle d'effondrement, de précipice et de chaos…

Revue de presse 14.03.2019

Les députés britanniques ont rejeté mercredi 13 mars la possibilité d'un no deal, une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'Union européenne. La Première ministre Theresa May n'a donc plus le choix : elle devrait leur proposer un court report du Brexit ce jeudi soir… mais qu'elle conditionnera à une ratification de l'accord de retrait, déjà refusé par deux fois ! Pour la presse britannique, le "chaos règne".

Crédits : Tanaonte / iStock

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Vers un report du Brexit après le rejet d'un "no deal" par le parlement britannique

Après avoir rejeté pour la seconde fois l'accord de sortie conclu avec Bruxelles en novembre, les députés britanniques ont exclu purement et simplement, mercredi 13 mars, un Brexit sans accord. "C’est pourtant simple. Les députés britanniques ne veulent pas sortir de l’Union européenne sans avoir d’abord conclu un accord avec cette dernière. Et ce, quelles que soient les circonstances", résume Libération.

Pourtant, la Première ministre avait prévenu que cette option d'un no deal devrait rester sur la table tant qu'aucun accord de sortie n'aurait été ratifié par les parlementaires avant le 29 mars, la date fatidique du divorce. Sans doute espérait-elle ainsi arracher d'ultimes concessions aux Vingt-Sept. Mais, contre la volonté de Theresa May, lâchée par une partie de son propre clan, c'est maintenant un report du Brexit qui semble l'hypothèse la plus probable.  

Ce jeudi 14 mars, la Chambre des communes doit en effet se prononcer sur un tel scénario. La Première ministre, toujours convaincue par sa stratégie de départ, mettra aux voix une proposition de "courte extension technique de l'article 50", soit un probable report de la date de sortie de quelques semaines… conditionné à la ratification d'un accord de retrait avant le 20 mars. Au final, celui-ci ne permettrait que de repousser le Brexit au 30 juin, pour mieux s'organiser.

Le gouvernement réitère donc ses mises en garde face à un report plus long, censé permettre de renégocier avec les Vingt-Sept. "Sans accord, 'une extension beaucoup plus longue' sera nécessaire tout comme la tenue d'élections européennes au Royaume-Uni", a prévenu Theresa May [Euronews]. Par ailleurs, cet éventuel report devra être approuvé par les autres Etats membres à l'unanimité, au plus tard au cours du Conseil européen des 21 et 22 mars.

Le "chaos règne"

L'impasse est donc on ne peut plus présente… "Le pays est 'au bord du précipice'", prévient une dirigeante de la City, Catherine McGuinness, citée par Le Figaro. "C'est un peu 'comme si le Titanic votait pour écarter l'iceberg'", aurait aussi ironisé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

"Le chaos règne", titre dès lors le Daily Mail. Un sentiment largement partagé par la presse britannique ce jeudi.

"[Theresa] May perd le contrôle après la révolte de masse des ministres pour rejeter un no deal. Maintenant, elle veut un TROISIEME vote sur SON accord et prévient : soutenez-moi ou risquez d'échouer totalement le Brexit", détaille le quotidien, en rappelant que la Première ministre britannique veut donc faire revoter, avant le 20 mars, les parlementaires sur l'accord conclu en novembre.

Le Guardian met également en avant la fragilité du leadership de Theresa May. Tandis que le Times, le Daily Mirror et I, tabloïd petit frère de The Independent, voient eux aussi dans la séquence politique du 13 mars "l'effondrement" du Brexit. "Theresa May a perdu le contrôle du Brexit la nuit dernière, après que 13 ministres tories ont rejeté un plan no deal dans une mutinerie qui a laissé son leadership en lambeaux", commente ainsi le Daily Mirror.

Même son de cloche côté américain, chez CNN, qui prévient que "maintenant tout est possible".

Le Brexit reporté ?

Les députés britanniques se prononceront vraisemblablement en faveur d'un report du Brexit ce jeudi soir. Mais ce dernier sera-t-il vraiment approuvé par les Vingt-Sept, alors qu'ils ont à de nombreuses reprises répété que l'accord conclu en novembre, et refusé deux fois par le Parlement britannique, n'était pas renégociable ?

En déplacement au Kenya, Emmanuel Macron a réaffirmé mercredi soir, peu avant le vote à la Chambre des communes, la fermeté de la France à cet égard. "L'accord de retrait n'est pas négociable", a déclaré le président, en invitant les Britanniques à sortir "de l'impasse" [L'Obs avec l'AFP]. Emmanuel Macron prévient : "Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pour quoi faire (...). Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu'il n'était pas renégociable".

Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour l'UE, ne dit pas autre chose. Dans un tweet, cité par Le Figaro, M. Barnier estime que "l'impasse ne peut être résolue qu'au Royaume-Uni". Au Parlement européen mercredi 13 mars, il a expliqué que le Royaume-Uni "doit nous dire ce qu'il veut, quel est son choix" quant aux modalités de sa relation future avec l'UE [La Croix] "C'est cette question-là qui se pose avant même celle d'une décision sur une éventuelle extension", a-t-il insisté.

 

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