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[Revue de presse] Brexit : Michel Barnier juge qu'un accord est à portée de main

Revue de presse 11.10.2018

Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, estime que l'accord final est atteignable avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre, même si la prudence reste de mise. S'agissant de la frontière irlandaise, la mise en place de contrôles administratifs entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord est à l'étude.

Michel Barnier et Arlene Foster, leader du Parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP) à Bruxelles, le 9 octobre 2018

Michel Barnier et Arlene Foster, leader du Parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP) à Bruxelles, le 9 octobre 2018 - Crédits : Mauro Bottaro / European Commission

Un optimisme loin de faire l'unanimité

Après des mois d'incertitude, l'Union européenne commençait à prendre très au sérieux l'éventualité d'un "no deal" dans les négociations sur le Brexit. Le négociateur en chef de l'UE sur cette question, Michel Barnier, a finalement estimé mercredi 10 octobre qu'un accord est "à portée de main d'ici au Conseil européen des 17 et 18 octobre", rapporte Challenges. Celui-ci a "informé à Bruxelles le collège des commissaires européens de l'état des négociations, qui sont entrées dans une phase décisive".

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Pour autant, relativise RFI, "l'optimisme n'est pas particulièrement de mise et les responsables des services administratifs européens se voient conseillés d'être prêts pour l'éventualité d'un Brexit sans accord" malgré les déclarations de Michel Barnier. A cet égard, M. Barnier a tenu à répéter que "le Brexit n'est pas un choix fait par les Européens, mais bien par les Britanniques", démontrant une volonté de "mettre le Royaume-Uni devant ses responsabilités" dans cette dernière ligne droite de négociation, poursuit le média international.

Les discussions "se tiennent désormais à Bruxelles de manière quasi permanente", soulignent Les Echos. Et en dépit de "l'optimisme prudent" affiché par M. Barnier, il ne faut pas perdre de vue que "c'est désormais un sentiment d'urgence qui pointe", indique le quotidien économique. "Nous n'y sommes pas encore", a ainsi déclaré le commissaire européen aux Affaires intérieures Dimítris Avramópoulos, mercredi 10 octobre devant la presse.

"L’UE et le Royaume-Uni sont par ailleurs loin d’un accord global, alors que le Brexit doit être effectif le 29 mars 2019", rappelle Le Monde. Et c'est un "bilan mitigé des négociations entre les deux parties" qui a été dressé par Michel Barnier et le secrétaire général de la Commission européenne Martin Selmayr lors de cette "réunion de tous les commissaires européens mercredi à Bruxelles". Parmi les points de blocage essentiels, se trouve évidemment la question de la frontière irlandaise.

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Quelle solution au problème irlandais ?

"L'UE et le Royaume-Uni excluent tous deux l'existence d'une frontière physique avec l'île d'Irlande", a expliqué Michel Barnier. Par conséquent, le négociateur de l'UE a évoqué la nécessité d'"imposer des contrôles administratifs entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord" ce qui implique de créer des "procédures administratives qui n'existent pas encore". Ainsi, "ce qui arrivera en Irlande du Nord arrivera également dans le marché unique européen".

Ce déplacement de la limite du marché unique entre les deux îles britanniques, est un "moyen d'éviter la création d'une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord", détaille Euronews. L'Irlande du Nord, appartenant au Royaume Uni, aurait donc un statut à part, entre l'espace européen et la Couronne britannique. Une option rejetée en bloc par le Parti unioniste nord-irlandais, partenaire gouvernemental de la Première ministre Theresa May.

"L'Union européenne est attachée à l'intégrité territoriale du Royaume-Uni, mais le Royaume-Uni doit respecter le marché unique européen qui comprend l'Irlande", a martelé le négociateur européen [Euronews].

La mise en place de tels contrôles administratifs n'a en outre rien d'évident. "Des contrôles seront réalisés pour les biens industriels dans les locaux des entreprises en Irlande du Nord et pas aux frontières", a expliqué M. Barnier [RTBF, Belgique]. Quant aux "contrôles sanitaires et phytosanitaires", ils "devront être réalisés aux frontières pour des motifs de sécurité alimentaire et de santé animale". Les difficultés techniques sont importantes, car si "des contrôles sont déjà effectués dans les ports, (…) ils devront concerner 100% des animaux vivants et non 10% comme aujourd'hui".

Prompt à la polémique, "l'ancien chef de la diplomatie Boris Johnson, s'est aussitôt saisi des propos de Michel Barnier", relate BFM Business, "pour accuser la Première ministre britannique Theresa May de négocier un accord qui va faire du Royaume-Uni 'une colonie de l'Union européenne'". Ce à quoi le négociateur européen a rétorqué que "le Brexit n'a aucune valeur ajoutée. C'est une situation perdant-perdant".