Derniers articles publiés

[Revue de presse] Brexit : malgré la concession britannique sur la question nord-irlandaise, l'inquiétude demeure

Revue de presse 09.12.2020

Mardi 8 décembre, Londres a accepté de retirer une disposition de sa loi sur le marché intérieur concernant l'Irlande du Nord. Une avancée notable dans les négociations sur la future relation entre Londres et Bruxelles car ce texte entrait en contradiction avec l'accord de retrait conclu en octobre 2019. Néanmoins, d'autres points de blocage demeurent à moins d'un mois de la fin de la période de transition.

Maroš Sefčovič, vice-président de la Commission européenne, et Michael Gove, ministre d’État britannique, ont annoncé ce mardi 8 décembre un accord sur la question irlandaise, une avancée importante dans les négociations post-Brexit

Maroš Sefčovič, vice-président de la Commission européenne, et Michael Gove, ministre d’État britannique, ont annoncé ce mardi 8 décembre un accord sur la question irlandaise, une avancée importante dans les négociations post-Brexit - Crédits : Commission européenne

 Un "obstacle majeur" à la conclusion d'un accord commercial entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a été levé mardi 8 décembre, s'est réjoui Maroš Sefčovič, vice-président de la Commission européenne en charge des Relations interinstitutionnelles [Le Monde]. Ce dernier s'est en effet accordé avec le ministre d'Etat britannique Michael Gove sur le dossier nord-irlandais, l'un des points d'achoppement des négociations sur la future relation entre Bruxelles et Londres. Pour ce faire, Londres a annoncé qu'elle retirerait "les clauses 44, 45 et 47 du projet de loi britannique sur le marché intérieur, et n'introduira aucune disposition similaire dans le projet de loi sur la fiscalité" [The Guardian].

Brexit : tous les événements depuis le référendum

Et pour cause, le projet de loi poussé par le Premier ministre Boris Johnson donnait au gouvernement "le pouvoir de prendre unilatéralement des décisions commerciales dans sa province d'Irlande du Nord, pouvoirs censés être partagés avec les Européens selon l'accord de Brexit", ce qui revenait à "[violer] les règles du droit international" [France Info]. Ces dispositions remettaient en effet "en cause les termes du protocole nord-irlandais", partie de l'accord de retrait trouvé par l'Union européenne et le Royaume-Uni en octobre 2019, qui devait permettre "d’instaurer une frontière douanière en mer d’Irlande, entre Grande-Bretagne et Irlande du Nord", rappelle Le Monde. En revenant sur ce projet de loi, le gouvernement britannique fait donc un pas en direction de Bruxelles, s'est félicité Michael Gove : "Notre accord va sécuriser la position de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni comme elle sécurisera le marché intérieur européen", rapporte le journal. Ce revirement est le fruit de longues discussions et d'un compromis exigeant une contrepartie de la part de l'Union européenne. En retour, cette dernière a fait "la promesse de réduire au minimum les vérifications et les contrôles qui seront imposés sur les denrées alimentaires et les médicaments entrant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne à partir du 1er janvier", précise en effet The Guardian.

Des négociations commerciales toujours dans l'impasse

"Faut-il y voir le signe que le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) sont sur le point de conclure leurs négociations sur la relation commerciale qu’ils engageront pour l’après-Brexit, à compter du 1er janvier 2021 ?", interroge Le Monde. Pour La Libre, "ce geste s'apparente à une concession faite à Bruxelles", à quelques semaines de la date fatidique de la fin de la période de transition post-Brexit, pendant laquelle Londres continue de participer aux politiques européennes sans avoir voix au chapitre.

"Mais des sources diplomatiques de l'UE ont averti que si le revirement était un 'moment de remise à zéro' dans les relations avec le Royaume-Uni, cela ne changeait pas la donne pour les négociations commerciales, qui restent dans l'impasse", note The Guardian. Par ailleurs, ces concessions "ne sont pas considérées comme un rameau d'olivier ou un signe de bonne foi" à Bruxelles, selon Politico. "L'UE a été tellement offensée par les intentions de Londres de ne pas honorer l'accord de divorce de Brexit - ce que le Royaume-Uni n'aurait jamais dû faire - qu'elle considère simplement cela comme un retour à la normale", explique le média américain.

Déjeuner crucial à Bruxelles

Etape supplémentaire des discussions, "Boris Johnson va rencontrer Ursula von der Leyen [la présidente de la Commission européenne] mercredi 9 décembre à Bruxelles pour débloquer les négociations commerciales post-Brexit", annonce France info. Ils devront discuter des points de blocage encore persistants, d'une importance majeure, à savoir "la pêche, la manière de garantir des conditions de concurrence équitables et le règlement des éventuels futurs différends" [Le Monde].

"Il nous reste trois semaines avant la fin de la période de transition et nous ne savons pas si nous serons en mesure de trouver un accord ou non", relève l’eurodéputée néerlandaise Kati Piri (S&D). Elle souligne notamment qu'en cas d'échec des négociations, "il faudra trouver le temps nécessaire pour voter des mesures d’urgence afin de protéger les citoyens et les entreprises" [Euronews].

Brexit : quel serait l'impact d'un no deal pour la France ?

Les autres sujets du jour

Covid-19

Justice

Plan de relance

Transports

Relations extérieures

Abonnez-vous gratuitement aux newsletters de Touteleurope.eu !