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[Revue de presse] Brexit : les Vingt-Sept appellent à la poursuite des négociations et attendent la réponse de Londres

Revue de presse 16.10.2020

Réunis à Bruxelles, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont invité le Royaume-Uni à prolonger de quelques semaines les pourparlers sur leur relation future, malgré l'ultimatum fixé au 15 octobre par le Premier ministre britannique Boris Johnson. Si chacun campe en apparence sur ses positions, des concessions de part et d'autre paraissent envisageables.

Jeudi 15 octobre, les 27 dirigeants de l'UE ont plaidé pour une poursuite des négociations avec le Royaume-Uni

Jeudi 15 octobre, les 27 dirigeants de l'UE ont plaidé pour une poursuite des négociations avec le Royaume-Uni - Crédits : Conseil européen

Le Conseil européen s'est ouvert hier à Bruxelles sur le thème du Brexit. A deux mois et demi de la fin de la période de transition, les dirigeants ont pris note de l'état des négociations avec le Royaume-Uni, portant sur la relation future entre les deux parties. Dans leurs conclusions adoptées jeudi soir, les Vingt-Sept "constatent avec inquiétude que les progrès réalisés sur les questions clés qui intéressent l'Union ne sont toujours pas suffisants pour qu'un accord soit conclu", rapporte Le Point.

Si les Européens ont réitéré leur volonté de poursuivre les négociations en vue de "parvenir à un accord 'dans les semaines à venir'", ils ont surtout "renvoyé la balle [au Premier ministre britannique Boris Johnson] qui, début septembre, avait fixé la date limite du 15 octobre pour un accord" et dont la réaction est attendue dans la journée [Le Figaro].

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Unité et fermeté

Les 27 confirment ainsi leur forte cohésion sur ce sujet, remarque Anne Rovan pour Le Figaro : "à ce stade, pas une des manœuvres de Londres n’est parvenue à diviser les Vingt-Sept ou à les faire dévier de leur cap. Ni la poursuite du 'blame game', ni les séances stériles de discussions, ni les menaces de mettre un terme aux négociations. Les Européens n’ont jamais quitté la table des discussions", écrit la correspondante du quotidien à Bruxelles. Les 27 n'ont pas non plus "céd[é] à la pression du temps", invitant Michel Barnier, leur négociateur en chef, à simplement "continuer les négociations", complètent Les Echos.

"Une version antérieure du texte préconisait une intensification des tractations", souligne le média. "Mais pour les Vingt-Sept, pas question d'affecter la moindre inquiétude : le message implicite est que c'est à Londres de mesurer les risques d'une absence d'accord", analyse Gabriel Grésillon depuis Bruxelles [Les Echos]. De l'autre côté de la Manche, cette modification a été très mal accueillie. Le négociateur pour le Royaume-Uni David Frost a ainsi réagi dans la foulée sur Twitter, se disant "déçu" et "surpris que l'UE ne s'engage plus à travailler 'intensivement' à la conclusion d’un futur partenariat". Le Britannique a également raillé la position européenne selon laquelle "toutes les futures initiatives doivent venir du Royaume-Uni. C'est une approche inhabituelle pour mener une négociation", a-t-il déploré [Politico].

L'étonnement est également palpable dans la presse britannique. Selon The Guardian, la déclaration a été considérée comme "incendiaire" par Downing Street. Pour The Independent, elle ne donne "aucun signe de compromis", l'injonction faite aux Britanniques de modifier leur position venant "enfoncer le clou". "Ce n’est pas aux Européens d’intensifier les négociations, c’est aux Britanniques de bouger", rétorque-t-on dans les couloirs du Conseil européen. "Nous avons durci les conclusions. Et ils ont été surpris parce qu’elles sont bien plus fermes que ce qui était prévu dans le projet", analyse un diplomate pour Le Figaro.

Signes de compromis

Mais derrière ces déclarations fermes, les journalistes notent que les positions évoluent. "Les Vingt-Sept, tout en affichant leur unité, commencent à discuter des moyens d'avancer en direction d'un compromis, en particulier sur le sujet très délicat de la pêche", rapportent Les Echos. "Nous n'allons pas pouvoir éternellement dire aux Britanniques que strictement rien ne peut changer pour les pêcheurs européens", explique un diplomate au journal économique.

"Nous avons demandé au Royaume-Uni de rester ouvert aux compromis (...). Bien entendu, cela signifie également que nous devons accepter des compromis", a également reconnu la chancelière allemande Angela Merkel [Le Point]. Le président français Emmanuel Macron a lui aussi envoyé un signal dans cette direction : tout en rappelant "qu'il ne permettrait pas que le secteur [de la pêche] soit sacrifié", il aurait indiqué "une certaine volonté de négocier sur le poisson en disant qu'il cherchait 'un bon compromis' sur la question", analyse le Financial Times.

Côté britannique, les lignes semblent également bouger "dans le domaine des politiques de subventions publiques", selon le quotidien britannique. "Un certain mouvement semble avoir été fait sur la question de l'égalité des conditions de concurrence, qui s'est résumée en grande partie à un débat sur la question de savoir si le Royaume-Uni sera libre d'accorder davantage d'aides d'État aux entreprises après avoir quitté le marché unique", observe également The Independent.

Si Boris Johnson accepte de jouer les prolongations, les négociations pourraient donc entrer dans les prochaines semaines dans "la dernière ligne droite" [Les Echos]. S'exprimant à l'issue du sommet, Michel Barnier a déclaré que "son équipe était prête à se rendre à Londres dès lundi afin de tirer le meilleur parti 'des deux à trois semaines qui nous restent'" [Financial Times].

 

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