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[Revue de presse] Brexit : les pénuries n'effraient pas le gouvernement britannique

Revue de presse 19.08.2019

A moins de 80 jours de l'échéance fixée pour le Brexit, de nouvelles discussions entre les dirigeants européens et britanniques suscitent peu d'optimisme. Une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE provoquerait pourtant des pénuries outre-Manche, selon des documents officiels. La libre circulation des personnes pourrait elle aussi être abolie dès le 31 octobre.

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Alors que la fin des vacances et la date fatidique du Brexit se rapprochent, Boris Johnson, le Premier ministre britannique, devrait "se rendre la semaine prochaine à Paris et à Berlin pour rencontrer Emmanuel Macron et Angela Merkel". Au programme, des discussions autour du Brexit avant la tenue du G7 à Biarritz, le week-end du 24 août [Challenges].

Le chef de file des conservateurs cherche en effet à "obtenir la réouverture des négociations sur le Brexit" [Ouest France], à laquelle les dirigeants européens ne sont pas favorables. Mais le Royaume-Uni quittera bien l'UE "comme promis le 31 octobre, quelles que soient les circonstances", a rappelé Steve Barclay, le secrétaire d'Etat au Brexit dans un communiqué publié dimanche 18 août. Et pour s'en assurer, le gouvernement conservateur de Boris Johnson prévoit d'abroger la "loi britannique qui a permis au Royaume-Uni d'adhérer à l'Union européenne, le European communities act de 1972", explique RTL.

Pénuries de nourriture et de médicaments

Avec ce partisan du "hard Brexit" aux commandes, le scénario d'une sortie sans accord le 31 octobre apparaît donc aujourd'hui probable. Mais de nombreuses questions demeurent. Et les conséquences d'un tel divorce effraient. Selon des documents officiels publiés par le Sunday Times et repris par la BBC, le "no deal" entraînerait des pénuries de nourriture, d'essence et de médicaments comme l'insuline. En effet, "des blocages dans les ports et le rétablissement d'une frontière physique en Irlande" sont attendus, résume France Info. 85 % du fret routier pourrait également être perturbé, de même que le fonctionnement des aéroports et du tunnel sous la Manche, précise la BBC.

"Le Times souligne que ces prévisions du gouvernement britannique ne présentent pas le scénario du pire, mais bien les répercussions les plus probables d’un Brexit sans accord", souligne par ailleurs Ouest France. "Un point démenti par le ministre chargé des préparatifs du 'no deal', Michael Gove" [France Info]. "D'importantes avancées ont eu lieu depuis trois semaines dans les préparatifs du Brexit", a-t-il ainsi déclaré sur Twitter.

De même, Kwasi Kwarteng, le ministre britannique de l'Energie, pointe l'"alarmisme" du camp favorable au maintien du Royaume-Uni dans l'UE, et assure que le pays sera "parfaitement prêt à sortir sans accord le 31 octobre" [Ouest France].

Des résidents européens inquiets

La situation des citoyens européens voyageant outre-Manche, et plus particulièrement le statut de ceux qui résident au Royaume-Uni, interroge aussi, remarque le quotidien britannique The Sun. La liberté de circulation devrait en effet "prendre fin le 31 octobre", selon une source du ministère de l'Intérieur. Le gouvernement tenterait de s'inspirer du système de gestion des arrivées en place à Singapour [The Sun], alors qu'à l'automne, l'ancien cabinet avait annoncé la mise en place d'une "période de transition raisonnable" pour les ressortissants européens et britanniques installés de part et d'autre de la frontière.

"Aucun système n'a été mis en place et rien n'est prêt", affirme donc aujourd'hui Nicolas Hatton, à la tête du groupe "the3million", qui défend les droits des quelque 3 millions de citoyens européens habitant outre-Manche.

L'opposition reste divisée

Une situation précaire dénoncée également par les "adversaires du Brexit". "Notre pays est au bord d'une crise économique alors que nous nous dirigeons vers un Brexit sans accord. Nous sommes devant une urgence nationale, et le Parlement doit être convoqué immédiatement", ont ainsi écrit plus de cent parlementaires britanniques dans une lettre publiée ce dimanche [RTBF].

Ces derniers souhaitent que le parlement siège sans discontinuer jusqu'au 31 octobre, et sans attendre la rentrée parlementaire, fixée au 3 septembre, détaille le média belge. De son côté, le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, espère parvenir à faire voter au plus vite une motion de censure à l'encontre du gouvernement, afin d'organiser de nouvelles élections législatives et repousser la date du Brexit, explique la BBC.

Mais "les parlementaires de l’opposition n’arrivent pas à s’entendre autour de la proposition du Labour" et "les Libéraux-démocrates sont rebutés par la personnalité clivante de Jeremy Corbyn", analyse L'Opinion. Une réticence partagée par les députés indépendants et les conservateurs favorables au report du Brexit, croit savoir le journal.

En outre, ce scénario ne plairait pas nécessairement aux Britanniques : selon une enquête d'opinion YouGov réalisée jeudi et vendredi, 48 % d'entre eux "préfèreraient que le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord plutôt que de voir Jeremy Corbyn devenir Premier ministre". Seuls 35 % se montrent favorables à la solution proposée par le leader du Labour [RTBF].

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