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[Revue de presse] Brexit : les manœuvres s'accélèrent juste avant le vote du Parlement britannique

Revue de presse 07.01.2019

L'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne devrait être soumis au vote de la Chambre des communes le 15 janvier. Alors que son issue est toujours aussi incertaine, Theresa May joue son va-tout pour convaincre les députés, parallèlement à des exercices militaires et logistiques qui préparent ardemment le no-deal. Un scénario catastrophe qui se profile, alors même que la majorité des Britanniques souhaite désormais rester dans l'UE.

Theresa May s'est exprimée le 6 janvier sur la BBC - Crédits : Capture d'écran / BBC

Theresa May s'est exprimée le 6 janvier sur la BBC - Crédits : Capture d'écran / BBC

C'est une véritable "bataille", selon Europe1, qui va reprendre mercredi au Parlement britannique. Avec à la clé "un vote décisif", d'après Euronews. "Les vacances parlementaires terminées, la Première ministre Theresa May replonge cette semaine dans les affres du Brexit et tentera une nouvelle fois de convaincre les députés britanniques de ne pas enterrer l'accord de sortie de l'UE conclu avec Bruxelles", indique l'AFP.

Avant les fêtes, le dossier avait été laissé au point mort, les Brexiters redoutant "une forme d'arrimage permanent à l'UE" et les europhiles "espérant encore pouvoir faire marche arrière", rappelle l'Agence.

Mais à l'aube de l'année 2019, Theresa May, qui a survécu en décembre à un vote de défiance de son propre camp et organisé un report "in extremis" du vote du Parlement britannique "faute de majorité" [Le Figaro], ne compte rien lâcher. Alors qu'un nouvel ajournement avait été évoqué ces derniers jours, elle a finalement confirmé lors d'un entretien diffusé dimanche 6 janvier sur la BBC que le vote aurait bien lieu la semaine prochaine. Ce devrait être le 15 janvier, précise ce lundi matin la radio, en citant des sources gouvernementales.

"Opération de persuasion"

Dans l'espoir de convaincre la Chambre des communes, Theresa May "a promis de nouvelles garanties pour l'Irlande du Nord et envisage de donner davantage de poids aux députés lors des futures négociations avec l'Union européenne", relate Atlantico. Elle tente notamment de faire changer d'avis le parti unioniste nord-irlandais DUP, membre de la coalition gouvernementale mais opposé au plan de la Première ministre, rappelle Le Figaro.

"Selon le Telegraph, les collaborateurs de Theresa May travailleraient à un amendement assujettissant la ratification de l'accord à l'obtention de concessions supplémentaires auprès des Européens, précise ReutersL'idée serait de proposer aux députés de voter la ratification sous réserve que le gouvernement britannique obtienne par la suite la garantie de Bruxelles que le 'backstop' serait un mécanisme temporaire". Car c'est en raison de ce filet de sécurité, "une disposition du texte destinée à empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord", que le DUP est opposé à l'accord actuel de sortie, rappelle Ouest-France.

L'accord de sortie en 8 points clés

La manœuvre aurait pour conséquence de rejeter la balle dans le camp des Européens. Mais "à ce stade, la Commission européenne ne veut pas entendre parler d'un 'backstop' limité dans le temps", relève Reuters.

"L'opération de persuasion s'annonce particulièrement ardue pour Theresa May", conclut donc l'AFP. "Le Brexit est prévu dans à peine 3 mois. Mais on est toujours en plein brouillard (…) plus épais qu'un fog londonien", ajoute Le JDD. Selon le rédacteur en chef du service international de l'hebdomadaire, le scénario "le plus probable (…) c’est que ça ne passe pas. Cela signifie que l’on va vers un Brexit 'hard', sans accord, sans coordination, avec d'innombrables incidents à venir, notamment sur le plan financier puisqu'il est possible que le Royaume-Uni ne paie pas ce qu'il doit à l'UE avant de partir. Bref, c’est un cauchemar pour les entreprises comme pour les millions de citoyens qui vivent au cœur de ce mariage européen."

Des exercices militaires et logistiques pour se préparer au no-deal

"Si l'accord n'est pas adopté au terme de ce vote, nous allons nous retrouver en terrain inconnu", a ainsi prévenu Theresa May dimanche dans l'émission politique de la BBC The Andrew Marr Show.

"Face à tant d'incertitude, Londres et les États européens se préparent donc chacun de leur côté au scénario redouté par tous : une sortie brutale de l'UE le 29 mars prochain, sans accord", observe Euronews. Outre-Manche, "ce lundi, un test logistique grand nature impliquant une centaine de camions doit avoir lieu dans un aéroport désaffecté du Kent (sud-est de l'Angleterre), abonde l'AFP. Ce site pourrait être utilisé pour éviter les embouteillages à proximité des ports, que pourrait provoquer un rétablissement des contrôles douaniers en cas de 'no deal'".

A la demande de la police nord-irlandaise qui craint des troubles en cas de retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande, "près de 1000 officiers de police anglais et écossais vont s'entraîner ce mois-ci en vue d'un déploiement en Irlande du Nord, dans le cas de désordres causés par une sortie de l'UE sans accord", annonçait également The Guardian début janvier.

Le téléfilm "Brexit : The Uncivil War", diffusé ce lundi sur Channel 4, jettera-t-il de l'huile sur le feu ? "Dans ce contexte politique particulièrement confus, les citoyens britanniques vont pouvoir découvrir à la télévision un téléfilm fascinant sur le Brexit", indique en effet Atlantico. "Un téléfilm qui dérange", selon Le Figaro. "Un film choc qui promet de révéler les coulisses de la campagne de 2016, en montrant comment l’opinion britannique a été manipulée notamment grâce aux réseaux sociaux", ajoute France Inter. "Sous la forme d'un drame politique de deux heures, le film met en scène les personnages clés et les stratégies à l'œuvre au cours de la campagne du référendum de 2016, avec un slogan : 'Tout le monde sait qui a gagné. Mais peu de gens savent comment'", résume L'Express.

Qu'est-ce que le Brexit ?

Les Britanniques veulent désormais rester

De quoi donner du grain à moudre aux opposants au Brexit, qui réclament plus que jamais "un nouveau référendum, persuadés que les Britanniques renonceront finalement à quitter l'Union européenne", précise Euronews.

En effet, "si un référendum avait lieu aujourd'hui, 46% des Britanniques voteraient pour rester dans l'UE alors que 39% d'entre eux se prononceraient en faveur d'un retrait", relate Challenges d'après un sondage effectué par l'institut YouGov pour le compte de People's Vote, "une organisation qui milite pour une nouvelle consultation".

Mais l'hypothèse d'un nouveau référendum reste "fermement rejetée par le gouvernement de Theresa May", affirme Reuters. "D’où un troisième scénario qui commence à se profiler et qui risque de ne pas plaire à tout le monde", souffle le chef du service international du JDD. Malgré la détermination affichée par la Première ministre britannique, "on réfléchit en effet à Londres, comme à Paris et Bruxelles, à un nouveau délai", affirme-t-il. "Les Européens accorderaient à Theresa May quelques semaines de plus pour convaincre les siens avec un argumentaire plus clair, éventuellement des concessions minimales supplémentaires pour être plus persuasive".

 

 

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