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[Revue de presse] Brexit : les Européens guère enchantés à l'idée d'un nouveau report

Revue de presse 08.04.2019

Toujours en négociation avec le parti travailliste, Theresa May a demandé, vendredi 5 avril, un report supplémentaire du Brexit au 30 juin. Une stratégie qui, à moins de deux mois des élections européennes, affole les Brexiters et ne réjouit pas les Européens.

Crédits : BrasilNut1 / iStock

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Theresa May sollicite un nouveau report

"Le Brexit promet d'être à nouveau dans tous les esprits, cette semaine", écrivent Les Echos. Alors qu'une adoption de l'accord de retrait par le Royaume-Uni avant le vendredi 12 avril semble compromise, "la première ministre britannique a demandé un nouveau report, au 30 juin", rapporte Le Monde.

Theresa May demande un nouveau report au 30 juin

Pour faire pression sur les députés britanniques afin qu'ils acceptent le deal (refusé à trois reprises) lors d'un quatrième vote, Theresa May "brandit la menace des élections européennes" pour "justifier ce nouveau report", titre le quotidien. Dans une lettre adressée vendredi 5 avril au président du Conseil européen Donald Tusk, "Theresa May admet que, si elle ne parvient pas à faire voter la sortir de l'UE, Londres sera contraint de convoquer les électeurs pour désigner des députés européens", poursuit le journal. "En réalité, les partis britanniques se préparent déjà à ce scrutin", note le média.

A quelques jours de la date butoir, la position de la cheffe du gouvernement est "claire" : "soit le Royaume-Uni sort de l’Union européenne avec un accord, soit… il n’y aura pas de Brexit du tout", a -t-elle déclaré samedi 6 avril, citée par Ouest-France. En prévenant que plus les élus tarderont à accepter l'accord, "plus le risque que le Royaume-Uni ne parte jamais est grand" [Politico].

Mais le temps presse et les Européens s’impatientent. Les 27 devront se réunir mercredi 10 avril lors d'un sommet extraordinaire pour trancher entre deux solutions : "accorder à Londres un nouveau report qui n'enthousiasme personne, ou se résoudre à un Brexit sans accord, dont personne ne veut" [Challenges].

Des Européens peu enthousiastes

Pour ménager la chèvre et le chou, "le président du Conseil européen va soumettre aux Etats membres de l'UE le scénario d'un report 'flexible' du Brexit allant jusqu'à 12 mois", font savoir Les Echos. Une option écartée jusqu'alors par la leader britannique. C'est pourtant ce scénario de report long qui "circule à Bruxelles, Paris et Berlin depuis plusieurs semaines (…) sous condition d’un plan crédible de la part de Londres", dit-on à Paris [Le Monde]. L'objectif de cette "flextension" ? Eviter un hard Brexit.

Cette proposition risque pourtant "de ne pas soulever l'enthousiasme de tous les Etats membres, inquiets de garder le Royaume-Uni avec un pied à l'intérieur et l'autre à l'extérieur de l'UE, dont il pourrait perturber le fonctionnement", souligne La Tribune. Mais également des Brexiters comme Jacob Rees-Mogg qui, cité par le média, menace : "Si une longue extension nous laisse coincés dans l'UE, nous devrions nous montrer aussi pénibles que possible". "Nous pourrions opposer notre veto à toute augmentation du budget, à la supposée armée européenne et bloquer les projets intégrationnistes de M. Macron", poursuit-il.

Côté français, l'impatience est au plus haut. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré samedi 6 avril qu'il était temps que l'imbroglio autour du Brexit "s'arrête", et que les Britanniques devaient présenter "très rapidement" les moyens d'en sortir, relate La Croix.

Les discussions avec le Labour continuent

Afin de sortir de l'impasse au Parlement, Theresa May tente de trouver un compromis avec le leader de l'opposition travailliste depuis la semaine dernière. Jeremy Corbyn a déclaré samedi [6 avril] "qu’il attendait de voir bouger les lignes rouges fixées par la dirigeante conservatrice", rapporte Ouest-France. "Il y a des domaines sur lesquels les deux principaux partis sont d'accord : nous voulons tous deux la fin de la liberté de circulation, quitter l'UE avec un bon accord et protéger nos emplois", a quant à elle déclaré Theresa May. Dans une vidéo publiée ce dimanche, la dirigeante conservatrice estime que "parvenir à un accord dans les discussions sur le Brexit entre le gouvernement et l'opposition nécessiterait 'des compromis des deux côtés'"  [Le Figaro (avec AFP)].

Selon une information du Sunday Times datant de dimanche 7 avril, la dirigeante britannique serait en train "d'élaborer des plans pour 'réécrire le projet d'accord de retrait du gouvernement afin d'intégrer un arrangement douanier dans la loi', dans un effort pour trouver un terrain d'entente avec les travaillistes et garantir au parti que tout accord conclu ne pourrait être abrogé par son successeur". Une information que Downing street n'a pas commentée, selon le média.

Bien que le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier se soit dit, dimanche 7 avril, "ouvert" à une modification du texte sur les relations futures entre l'Union européenne et le Royaume-Uni "si Theresa May et l'opposition travailliste trouvent un accord", il a "réitéré son opposition à toute renégociation de l'accord de retrait".

Ce qui est pour l'heure certain, c'est que la situation devient urgente au point que les autorités britanniques ont, elles, commencé à délivrer des passeports qui ne portent plus la mention "Union européenne", relate RFI.

 

 


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