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[Revue de presse] Brexit : les Européens au Royaume-Uni seront des étrangers comme les autres

Revue de presse 02.10.2018

Après son humiliation par les Vingt-Sept au sommet de Salzbourg le 20 septembre dernier, Theresa May change de ton et annonce sa ferme intention de considérer les Européens comme n'importe quels autres étrangers, après la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Une loi sur l'immigration est en préparation. Dans le même temps, un rapport pointe du doigt la facture exorbitante du Brexit depuis le vote en 2016.

Douanes britanniques

Douanes britanniques - Crédits : LIVINUS / iStock

Clap de fin pour la libre circulation des personnes

La Première ministre britannique Theresa May l'a annoncé mardi 2 octobre : selon les "nouvelles règles en matière d'immigration au Royaume-Uni, qui entreront en vigueur après le Brexit", la priorité sera donnée "aux travailleurs qualifiés en supprimant la libre circulation des citoyens européens", rapporte Le Figaro. "Ce sera un système basé sur les compétences des travailleurs, et non sur leurs origines", a précisé Mme May.

"Quand nous quitterons [l’Union européenne], nous mettrons en place un système d’immigration qui met fin, une fois pour toutes, à la libre circulation", a-t-elle poursuivi [20 minutes]. Une loi est d'ailleurs en cours de préparation : "dans le programme présenté pour les élections législatives de juin 2017", la Première ministre avait pris l'engagement de "réduire le solde migratoire à moins de 100 000 personnes par an, contre 273 000 en 2016".

Le système annoncé mardi se base sur un rapport du "Comité consultatif sur les migrations (CAM) […] adressé au gouvernement et publié le 18 septembre", souligne le Huffington Post. "Le CAM recommandait d'élaborer un système d'immigration qui n'offre aucune préférence aux citoyens issus de l'Espace économique européen", poursuit le média.

Selon les informations qui ont déjà été annoncées, "les personnes souhaitant s’installer outre-Manche devront attester d’un certain niveau de revenu", relate Ouest-France. Le but de la manœuvre est de garantir que ces personnes "n’occupent pas des emplois 'qui pourraient être pourvus' par la population britannique". Alors que le Parti conservateur est réuni en congrès à Birmingham en ce début de semaine, "la dirigeante britannique devrait détailler ce nouveau système dans un discours qu’elle prononcera mercredi [3 octobre]".

Des Tories toujours plus divisés

La question de l'appartenance au marché unique européen se trouve donc au coeur du congrès des conservateurs, qui se déchirent sur ce point depuis des mois. Le parti "s’est toujours considéré comme celui qui soutient les entreprises et le libre marché. Mais cette année marque un divorce évident", analyse Le Monde.

Même la Confederation of British Industry (CBI), principale organisation patronale britannique et fortement opposée au Brexit, a été critiquée par les plus farouches Brexiters conservateurs durant le congrès des Tories. "La peur du Brexit est organisée et manipulée par des organisations comme le CBI", déclare Tim Martin, un homme d'affaire partisan du Brexit. Pour le parlementaire Steve Baker, la CBI est une "menace grave à la stabilité politique et à l’avenir économique du Royaume-Uni",  occultant néanmoins le fait que nombre de de grands groupes ont déjà commencé à quitter Londres.

Le coût du Brexit évalué à £500M par semaine

Le déchirement de la majorité politique sur le Brexit et les mouvements d'entreprises en dehors du pays ne contribuent pas à arranger la situation de l'économie britannique, alors que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne coûterait 500 millions de livres par semaine aux Britanniques.

Le chiffre est révélé par "les conclusions d’une étude publiée le 30 septembre", par le think tank Centre for European Reform (CER), rapporte Euractiv. Ce coût "efface pour le moment d’éventuelles économies provenant d’un arrêt de ses contributions à Bruxelles". Même s'il est encore difficilement quantifiable avec précision, "l’impact économique du vote sur le Brexit est l’objet d’un débat intense au Royaume-Uni". Ce dernier donne lieu à une bataille rhétorique sans fin, "les partisans et les opposants au départ s’emparant de la moindre information allant dans leur sens pour renforcer leur position", poursuit le média européen.

Le CER "se décrit comme 'pro-européen' mais sans pour autant être 'un partisan inconditionnel de l’UE'", précise Ouest-France. Pour arriver à cette conclusion, le think tank assure avoir conçu "un modèle permettant de voir comment l’économie britannique se serait comportée si le 'oui' au maintien dans l’UE l’avait remporté au référendum en 2016". Leur analyse se base sur "l’étude de 22 pays avancés dont les caractéristiques correspondent à celles de la Grande-Bretagne et qui n’ont pas voté pour quitter l’UE", continue le quotidien régional.

En fin de compte, "la taille de l'économie britannique est environ 2,5% inférieure à ce qu'elle aurait été" si le pays n'avait pas choisi de quitter l'UE, détaille Challenges. Selon ces mêmes calculs, "les finances publiques ont été affaiblies de 26 milliards de livres par an, soit l'équivalent de 500 millions de livres par semaine, et ce chiffre ne cesse de croître". Bien qu'il résulte d'un calcul discutable, ce chiffre vient faire ironiquement échos aux partisans de la sortie de l'UE en 2016, qui affirmaient que "la Grande-Bretagne serait gagnante avec un Brexit, car elle n'enverrait plus 350 millions de livres par semaine à l'UE".