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[Revue de presse] Brexit : les équipes européennes entre pessimisme et exaspération

Revue de presse 26.11.2020

Mercredi 25 novembre, la présidente de la Commission européenne a fait le point sur l’avancée des négociations avec le Royaume-Uni face aux eurodéputés. Alors que le temps presse, l’impatience est de mise à Bruxelles.

Invitée au Parlement européen, mercredi 25 novembre, la présidente de la Commission européenne n'a pas caché ses inquiétudes quant à la conclusion d'un accord avec le Royaume-Uni

Invitée au Parlement européen, mercredi 25 novembre, la présidente de la Commission européenne n'a pas caché ses inquiétudes quant à la conclusion d'un accord avec le Royaume-Uni - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Un accord avec le Royaume-Uni est-il encore possible ? Hier, face aux eurodéputés réunis en session plénière, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’est montrée pessimiste. La cheffe de l'exécutif a certes salué les avancées réalisées “sur une série de questions importantes", notamment en matière de coopération policière et judiciaire, sur la sécurité sociale, le commerce de biens et de services ainsi que sur les transports. Sur tous ces domaines, "nous avons les bases d'un possible texte final’”, a-t-elle annoncé aux élus.

Mais sur les trois points de blocage, aucune ouverture sérieuse ne se dessine”, écrivent Les Echos. “Les négociations se concentrent de plus en plus sur les principaux points d’achoppement : l’accès de l’UE aux eaux de pêche britanniques, l’insistance de l’UE à garantir des ‘règles du jeu équitables’ pour protéger les entreprises contre la concurrence déloyale, et les questions de gouvernance du traité commercial”, rappelle le Financial Times.

Ce sont ces dossiers, encore ouverts, “qui peuvent faire la différence entre un accord ou pas d'accord” [Financial Times]. Mais la présidente de l’institution ne se fait pas d’illusions : “Franchement, je ne peux pas vous dire aujourd'hui si, au final, il y aura un accord”, a-t-elle concédé aux députés européens. “C'est notable, étant donné que la fin est proche, dans un sens ou dans l'autre”, observe Politico. A un peu plus d’un mois du 31 décembre, qui doit clore la période de transition dans laquelle se trouve aujourd’hui le Royaume-Uni, “les prochains jours seront décisifs” pour parvenir à un accord sur la relation future entre les deux parties [Ouest-France]. 

A Bruxelles, lassitude et exaspération

En écho aux craintes d’Ursula von der Leyen,  les négociateurs de l’UE ont exprimé cette semaine “leur frustration croissante face à l'absence de progrès dans les négociations avec le Royaume-Uni”, note le Financial Times. Ces pourparlers “qui font du sur-place depuis des semaines, commencent à susciter, à Bruxelles, une forme de ras-le-bol devant ce qui est perçu comme un refus britannique de faire la moindre concession”, confirment Les Echos.

Lors d’une visioconférence qui s’est tenue mardi, le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier aurait même averti son homologue britannique David Frost que “si Downing Street n’opère pas un changement majeur dans les 48 heures à venir, il se retirera des négociations sur le Brexit prévues ce week-end à Londres, ce qui entraîneraît une nouvelle crise dans les négociations”, note The Guardian. Selon un fonctionnaire européen, “M. Barnier aurait dit à son homologue britannique (…) qu'il ne servait pas à grand-chose que la délégation européenne se rende dans la capitale britannique si les discussions ne donnaient aucun signe de mouvement”, précise le Financial Times

Pour Politico, les déclarations de von der Leyen font ressortir la gouvernance comme “enjeu clé” des négociations. “Nous voulons savoir quelles solutions sont disponibles, au cas où une partie s’écarterait des règles à l’avenir”, a expliqué la présidente aux députés européens. “Parce que la confiance, c’est bien, mais le droit, c’est mieux, et – crucialement – l’expérience récente a montré que celui-ci était fondamental : un système de gouvernance solide est essentiel pour faire en sorte que ce qui a été convenu soit effectivement mis en œuvre”, a-t-elle insisté, “en référence au projet de loi sur le marché intérieur du Royaume-Uni, qui viole l’accord de retrait, signé l’année dernière seulement”, analyse le média bruxellois.

A Londres, de l'incertitude à l'optimisme

L’ambiance est tout autre de l’autre côté de la Manche. “Les alliés [du Premier ministre britannique] Boris Johnson ont insisté sur le fait qu'il n'y avait ‘aucun drame’ ni aucun signe que les pourparlers étaient sur le point de s'interrompre”, note le Financial Times. “Pourtant, quelques indications laissent penser que Boris Johnson n’a toujours pas écarté la possibilité d’un no deal”, observe La Libre. “Signer un accord avec les Vingt-sept obligera Boris Johnson à faire des compromis, que ce soit sur la pêche, sur la concurrence réglementaire loyale ou sur le processus de règlement des différends”. Or, si “l’écrasante majorité du cabinet gouvernemental est en faveur d’un compromis avec l’UE parce qu’ils sont conscients des conséquences d’un échec à trouver un accord [...], les ambitieux parmi eux savent qu’être associé à un compromis sur le Brexit est un geste dommageable pour leur carrière”, analyse l’ancien ministre britannique David Gauke pour le quotidien belge. Ce pourquoi le Chancelier de l’Echiquier [ministre de l’Economie] Rishi Sunak a déclaré ces derniers jours que l’accord ne se ferait pas “à n’importe quel prix” [La Libre].

Côté bruxellois, l’ambiguïté de la position britannique suscite une certaine exaspération. “Les Britanniques se moquent franchement de nous”, s’agace une source proche des discussions auprès des Echos : “ils ont négocié activement sur tous les sujets où ils avaient des intérêts à trouver des compromis, mais ne lâchent rien sur le reste” alors que “ce qu'on leur offre est sans précédent dans l'histoire”, cite le quotidien économique. “Si rien ne bouge à Londres, nous risquons d'aller vers le no deal”, prévient-on à Bruxelles [Les Echos]. “Sans traité commercial pour régir leur relation, Londres et Bruxelles courent le risque d'un nouveau choc économique, qui viendrait s'ajouter à celui provoqué par l'épidémie de nouveau coronavirus”, rappelle Le Figaro. “Ultime contrainte : les négociateurs doivent théoriquement laisser suffisamment de temps à leurs parlements pour qu'ils puissent ratifier un accord avant le 1er janvier”, précise le journal. Les députés européens ont indiqué que le Parlement européen pourrait tenir des sessions plénières supplémentaires à la fin du mois de décembre “si cela s'avérait nécessaire pour créer plus de temps pour les discussions. Mais les fonctionnaires de l'UE ont déclaré que même ce calendrier serait mis à rude épreuve si un accord n'était pas trouvé au début de la semaine prochaine au plus tard” [Financial Times].

 

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