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[Revue de presse] Brexit : les discussions toujours au point mort, trois députés tories quittent le parti

Revue de presse 21.02.2019

A quelques semaines du Brexit prévu le 29 mars, la Première ministre Theresa May a une nouvelle fois rencontré Jean-Claude Juncker, mercredi 20 février. Résultat : toujours aucune avancée vers un accord qui contenterait à la fois les parlementaires britanniques et les Vingt-Sept. Outre-Manche, Theresa May est d'autant plus affaiblie que trois députés de son camp ont annoncé quitter le parti.

Theresa May et Jean-Claude Juncker à la Commission européenne le 20 février 2019  - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Theresa May et Jean-Claude Juncker à la Commission européenne le 20 février 2019 - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Une heure et demi de discussions…sans résultat

La Première ministre britannique, Theresa May s'est une nouvelle fois rendue à Bruxelles mercredi 20 février pour rencontrer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Toujours le même objectif pour la cheffe du gouvernement britannique : renégocier la fameuse question du backstop, qui permet d'éviter le retour d'une frontière physique en Irlande afin de répondre aux inquiétudes des plus fervents partisans du Brexit siégeant à la Chambre des communes [Le Monde].

Car c'est bien parce qu'il prévoit le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE qu'accepter ce filet de sécurité est impensable pour  les "Brexiters" les plus radicaux [Le Point]. Ces derniers revendiquent que le pays retrouve une totale souveraineté, or cette option signifie le maintien du Royaume-Uni dans une Union douanière avec l'UE [Le Monde].

Brexique : le lexique du Brexit

"Des progrès avec l'UE selon [Theresa] May, mais toujours pas de solution", titre Le Point pour résumer la réunion des deux dirigeants. Bien que selon la Première ministre britannique, cette rencontre d'une heure et demi tenue à huis-clos ait en effet été "constructive" [Le Point], celle-ci n'a "débouché sur aucune avancée" relate le Figaro.

C'est le résultat qu'avait d'ailleurs prévu Jean-Claude Juncker avant même le début du rendez-vous selon The Guardian. Alors que les dirigeants européens ne cessent de répéter que l'accord âprement négocié pendant 17 mois, n'est pas "renégociable" [Le Figaro], Theresa May cherche en effet à obtenir des "changements juridiquement contraignants" explique Le Point.

"Nous sommes à la recherche du point d'intersection entre ce dont a besoin Theresa May pour faire passer l'accord de retrait et ce que les Vingt-Sept sont prêts à accepter. Nous n'y sommes pas" confie un diplomate européen Figaro.

Mais si face à ce risque de retrait du Royaume-Uni sans accord, l'UE reste inflexible, c'est parce que l'accord actuellement sur la table est présenté par les leaders européens comme "indispensable" et "le meilleur possible". Le Monde le rappelle : le texte "sécurise le sort des presque 5 millions d’expatriés britanniques et européens après le Brexit. Il règle la question des engagements financiers du Royaume-Uni au budget de l’UE après sa sortie". Quant au backstop irlandais, l'UE y "tient" car il a "vocation à maintenir la paix en Irlande du Nord et à protéger le marché intérieur européen" poursuit le journal.

Report du Brexit ou no deal ?

Cette inflexibilité de la part de l'UE et la stagnation des discussions font craindre une sortie brutale et sans accord de l'UE. La probabilité d'un No deal gagne du terrain. En effet, "l'option du no deal se prépare" à moins d'un mois et demi du Brexit, note Le Figaro. Au point que "les annonces de fermetures d'usines et les relocalisations se multiplient", s'inquiète RFI.

Brexit : quels scénarios possibles ?

Comment éviter un no deal dans ces conditions ? A Bruxelles, on envisage un éventuel report de la date du Brexit, initialement prévu le 29 mars. "Si la Grande-Bretagne ne prépare pas une option raisonnable dans les temps, il est toujours possible d'étendre ces négociations. Ce serait mieux qu'un divorce sans accord", indiquait ainsi mercredi soir le président du Conseil européen Donald Tusk, qui n'écarte pas ce scénario.

L'avis du dirigeant n'est cependant pas partagé par le ministre allemand des Affaires européennes Michael Roth qui considère qu'"une prolongation n'aurait de sens que s'il y avait de nouvelles idées substantielles sur la table".

Dans une interview à La Croix, Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit, est tout aussi prudent lorsqu'on lui demande s'il serait "prêt à donner plus de temps à Theresa May en acceptant un report de la date du Brexit". Si la question devait se poser, la première réaction légitime des dirigeants européens, qui devront se prononcer à l'unanimité, sera de demander "pour faire quoi ?" et pour "combien de temps ?" durerait le report ?. "Nous n'avons pas besoin davantage de temps, mais nous avons besoin de décisions du parlement britannique", conclut Michel Barnier.

Loin d'obtenir du soutien, donc, du côté de l'Union européenne, la cheffe du gouvernement britannique doit aussi gérer de front les divisions au sein de son parti, une nouvelle fois illustrées par le départ de trois députés tories.

Theresa May lâchée par trois députés conservatrices

Opposées au divorce avec l'UE, les députés conservatrices britanniques Anna Soubry, Heidi Allen and Sarah Wollaston ont annoncé mercredi 20 février, lors d’une conférence de presse, qu’elles quittaient les tories pour rallier le "Groupe indépendant" [Le Monde]. Elles rejoignent ainsi les huit députés travaillistes qui en sont membres depuis lundi 18 février. Dénonçant le "virage à droite du parti conservateur", elles militent, comme leurs collègues du Labour, en faveur d’un second référendum [Europe1].

Reconnaissant que le Brexit est "une source de désaccords aussi bien au sein du parti que dans le pays", la Première ministre s’est cependant déclarée déterminée à "faire ce qui est juste pour notre pays, en mettant en œuvre la décision du peuple britannique" de quitter l’UE, écrit Le Monde.

Selon le Figaro, les réunions vont se poursuivre dans les prochains jours à Bruxelles. Michel Barnier recevra jeudi le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn. Theresa May et Jean-Claude Juncker ont prévu de se parler à nouveau avant la fin du mois.

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