Derniers articles publiés

[Revue de presse] Brexit : le vote à Westminster est reporté, Theresa May retourne à Bruxelles

Revue de presse 11.12.2018

Face à l'hostilité des députés de la Chambre des communes, la Première ministre britannique a finalement décidé de reporter le vote sur l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévu le 11 décembre au parlement britannique. Theresa May se rend donc cette semaine à Bruxelles pour rencontrer ses homologues européens et tenter de rediscuter l'accord, une possibilité que la Commission européenne a immédiatement écartée.

Theresa May à la Chambre des communes

Theresa May à la Chambre des communes - Crédits : Jessica Taylor / UK Parliament

Pas de vote à la Chambre des communes

L'accord sur le Brexit, qui a été validé par le Conseil européen le 25 novembre dernier, doit encore être adopté par les parlementaires britanniques. Mais depuis que Theresa May est rentrée de Bruxelles avec cet accord, ces derniers ont fermement exprimé leur opposition au texte. Face à une très probable absence de majorité, "la Première ministre britannique Theresa May a annoncé lundi [10 décembre] après-midi au parlement, que le vote sur l’accord de Brexit, initialement prévu ce mardi [11 décembre], était reporté", relate Le Progrès. La locataire du 10 Downing Street "a ajouté qu’elle allait 'discuter' avec ses homologues de l’UE à Bruxelles des 'préoccupations' du parlement britannique sur l’accord de Brexit".

La cheffe du gouvernement "redoutait un camouflet de la part des députés britanniques, majoritairement hostiles à ce texte". L'accord ne satisfait ni les "Brexiters, qui regrettent un accord ne permettant pas de 'reprendre le contrôle' selon leur slogan de campagne" ni les "partisans de l’Union, les Remainers, qui rêvent d’un nouveau référendum", explique le quotidien lyonnais dans un second article. En définitive, "plus d'une centaine de députés conservateurs menaçaient de voter aux côtés de l'opposition contre leur première ministre, soit un déficit total de près de 200 voix", précise Le Figaro.

Si Downing Street a annoncé que le vote aurait lieu avant le 21 janvier, aucune date précise n'a été avancée. Et ce report "prolonge l’incertitude absolue quant à l’issue du Brexit", commente RFI.

Pour Bruxelles, l'accord existant est le seul possible

En annonçant le report du vote censé ratifier l'accord, Theresa May a affirmé avoir "écouté attentivement" les critiques des parlementaires et a promis "de repartir discuter de leurs réserves avec ses homologues européens et les dirigeants de la Commission", selon Le Figaro.

Mais la Première ministre risque de se heurter à un mur. Pour la porte-parole adjointe de la Commission européenne Mina Andreeva, "l'accord mis sur la table le 25 novembre est le meilleur qui soit et le seul possible. Il n'est pas question d'une renégociation", a-t-elle fermement déclaré [La Tribune de Génère (Suisse)].

Enfonçant le clou, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a fait une déclaration allant dans le même sens, ce mardi matin. "Il n’est pas envisageable de renégocier quoi que ce soit", a-t-il insisté selon Le Parisien. "Cette déclaration faite lors d’un discours devant le Parlement européen, en prélude au sommet des 13-14 décembre, balise très clairement la rencontre prévue dans la journée entre les dirigeants européens et Theresa May". Le Première ministre, qui a entamé une tournée des capitales européennes, envisage "d’obtenir des assurances supplémentaires" sur l'accord.

L'accord de retrait en 8 points clés

Paris continue à préparer le "no deal"

En France, on se prépare plus que jamais à une sortie brutale du Royaume-Uni de l'UE, sans accord. "L’Assemblée nationale française", relate Le Monde, "a voté dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 décembre le projet de loi habilitant le gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne". Face à la tournure des évènements, "il s’agit ainsi de faire face à toutes les éventualités, y compris un Brexit sans accord". Le texte voté a notamment pour objectif de "protéger les Français ayant vécu au Royaume-Uni et revenant en France et les Britanniques se trouvant en France pour qu’ils ne se retrouvent pas brutalement en situation irrégulière", ajoute le quotidien.

"Le texte adopté en première lecture dans le cadre d’une procédure accélérée, après le vote du Sénat le mois dernier", rapporte Ouest France, "doit maintenant faire l’objet d’une commission mixte paritaire entre les deux chambres". Ce "recours aux ordonnances", visant à "anticiper une série de casse-têtes, du fait des multiples vides juridiques que ferait naître un Brexit dur", est cependant "contesté par une partie de l’opposition", souligne toutefois le journal régional.

La CJUE laisse le choix aux Britanniques

"Et si on annulait tout ?", s'interroge Pierre Haski sur France Inter. Selon un arrêt de la CJUE rendu lundi, "le Royaume-Uni est libre de révoquer unilatéralement la notification de son intention de se retirer de l'Union européenne", cite Europe 1 : le Royaume-Uni pourrait donc décider unilatéralement de renoncer au Brexit. "La Cour a ainsi suivi l'avis de l'avocat général rendu public le 4 décembre", souligne la station de radio. Pour autant, le choix de faire machine arrière ne peut pas être décrété par le pouvoir exécutif seul : l'annulation "doit être décidée à l'issue d'un processus démocratique dans le respect des règles constitutionnelles" du pays. Selon la CJUE, "le Royaume-Uni peut renoncer unilatéralement au Brexit […] jusqu'au 29 mars 2019, date de départ prévu des Britanniques", poursuit la radio.

[Revue de presse] Brexit : cinq jours avant le vote, pas de majorité en vue au Parlement britannique

Un tel revirement pourrait avoir lieu "sans même consulter les autres membres de l’UE, à condition d’accepter de revenir dans les mêmes termes qu’avant", explique encore Pierre Haski sur France Inter. Cette idée est-elle seulement possible ? "Hérétique et invraisemblable pendant très longtemps, réservée à quelques pro-européens acharnés, cette hypothèse prend des couleurs à mesure que le monde politique britannique s’enfonce dans l’impasse", analyse le chroniqueur géopolitique.

Abonnez-vous gratuitement aux newsletters de Touteleurope.eu !