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[Revue de presse] Brexit : le temps presse pour éviter l'organisation des élections européennes

Revue de presse 24.04.2019

Les discussions entre Theresa May et Jeremy Corbyn ont repris, mardi 23 avril, afin de trouver un accord sur le Brexit. En attendant un hypothétique compromis, les préparatifs se poursuivent pour l'organisation du scrutin européen le 23 mai. Deux nouvelles formations s'imposent dans la campagne : le Brexit Party de Nigel Farage et Change UK, qui milite pour un second référendum.

Drapeau de l'Union européenne près du Parlement britannique - Crédits : Drazen_ / iStock

Drapeau de l'Union européenne près du Parlement britannique - Crédits : Drazen_ / iStock

Reprise des discussions entre Theresa May et le Labour

Pour tenter de sortir de l'impasse à la suite du triple refus des parlementaires britanniques d'adopter l'accord de retrait de l'UE, Theresa May est en discussions avec l'opposition travailliste. L'objectif ? Trouver un compromis acceptable par la Chambre des communes. Et "après 11 jours de pause", consécutive au nouveau report du Brexit au 31 octobre, les négociations ont repris mardi 23 avril, informe Le Point.

Toutefois, si les pourparlers sont jugés "sérieux", mais "difficiles" par Euronews, ils "n'ont pour l'instant rien produit", estiment Les Echos. "Downing Street et le Parti travailliste se blâment mutuellement de l'absence de progrès dans les discussions transpartisanes visant à trouver un compromis sur le Brexit", relate ainsi le quotidien britannique The Guardian. Avant les vacances de Pâques déjà, les discussions semblaient "mal engagées", le chef du Labour Jeremy Corbyn reprochant à Mme May de refuser de "modifier ses lignes rouges", poursuit le média.

Le Parti conservateur est par ailleurs "furieux" que Theresa May se soit engagée dans un tel processus de dialogue [RFI], réactivant par conséquent les rumeurs quant à une éviction de la Première ministre. Réuni mardi 23 avril, le très conservateur Comité 1922 a débattu d'un possible changement des règles afin de permettre un nouveau vote de défiance à l'encontre de Theresa May, rapporte The Guardian. En effet, un tel vote de défiance ayant échoué en décembre, l'organisation d'un nouveau scrutin n'est normalement pas permise avant 12 mois, donc jusqu'en décembre prochain, rappelle le journal.

Dans ce contexte, parvenir à un accord sur le Brexit d'ici au 22 mai paraît peu probable. Aussi le gouvernement poursuit-il les préparatifs en vue de l'organisation du scrutin européen le 23 mai.

La campagne est lancée

"Malgré le Brexit, le Royaume-Uni se prépare aux élections européennes", titre ainsi CNews. "Theresa May a lancé les machines pour organiser des élections européennes le 23 mai (…) tout en espérant encore pouvoir tout annuler", écrivent également Les Echos. "Qui aurait parié sur de telles élections il y a à peine quelques semaines ?", s'interroge en outre le quotidien.

Le cas échéant, les "73 eurodéputés censés être temporaires siégeraient jusqu’à la sortie effective du Royaume-Uni", précise Le Figaro.

Quant aux partis politiques, ils sont "en pleins préparatifs" outre-Manche, rapporte CNews. Ils ont jusqu'au 25 avril pour établir leurs listes et conservateurs comme travaillistes "ont donné la priorité à leurs élus actuels pour y figurer", notent Les Echos.

Emergence de deux partis : le "Brexit Party" et le "Change UK"

A cet égard, "deux nouveaux partis ont fait leur apparition sur la scène politique", observe Euronews. Et à en croire Les Echos, ces formations "attirent les projecteurs et structurent le débat".

Il s'agit d'abord du "Brexit Party". Dirigé par Nigel Farage, ancien leader du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), il préconise d'accélérer la sortie de l'UE sans s'encombrer d'un accord de divorce à l'amiable. La candidature du "principal artisan du Brexit", eurodéputé depuis près de vingt ans et "europhobe revendiqué" constitue, pour ses soutiens, un "espoir de voir respecter le référendum d'il y a trois ans pour une sortie de l'Union européenne", analyse Franceinfo. Lancé le 12 avril dernier à Coventry (ouest de l'Angleterre), le parti est crédité de 27 %, devançant largement le Labour (22 %) et les Tories (17 %) selon un sondage YouGov du 17 avril, indique CNews.

Le nombre d'eurodéputés britanniques souverainistes et antieuropéens pourrait donc être "non négligeable", ajoute CNews. Les conséquences pourraient être "négatives pour l'équilibre des forces au sein du Parlement européen", relèvent Larissa Brunner et Fabian Zuleeg, analystes à l'European Policy Center (EPC) interrogés par le média. Selon eux, les plus farouches Brexiters voudront "saboter" le travail de l'institution de l'intérieur.

L'autre nouvel entrant est la liste "Change UK". Constituée "d'indépendants ayant récemment quitté les rangs conservateurs et travaillistes à la Chambre des Communes", elle propose "de rendre la main aux Britanniques à l'occasion d'un second référendum" [Les Echos]. Les membres de la liste, europhiles, démarrent leur campagne à Bristol (sud-ouest de l'Angleterre) ce mardi 23 avril. Elle est créditée de 8 à 9% dans les sondages [Le Figaro].

Le Parti conservateur de Theresa May apparaît donc en passe de faire les frais de son incapacité à mener à bien sa principale mission depuis trois ans, à savoir le Brexit,  décrypte Le Figaro. "La loyauté habituelle envers le parti va être éclipsée par la division entre le Leave et le Remain", soutient la député conservatrice Lucy Allan [Huffington Post]. "Si les élections européennes ont lieu, les électeurs qui soutiennent le Leave voudront voter pour les candidats qui soutiennent le Leave", rappelle-t-elle.

 

 

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