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[Revue de presse] Brexit : le Parlement britannique vote une troisième fois sur l'accord de sortie

Revue de presse 29.03.2019

Les députés britanniques votent finalement pour la troisième fois sur l'accord de sortie ce vendredi 29 mars, aux alentours de 15h30 (heure française). S'ils le valident, un report "technique" du Brexit jusqu'au 22 mai pourrait avoir lieu. Mais les chances de Theresa May de faire accepter le deal de retrait sont minces. Et qu'elle y parvienne ou non, sa succession occupe déjà les esprits.  

Palais de Westminster - Crédits : majaiva / iStock

Palais de Westminster - Crédits : majaiva / iStock

C'est aujourd'hui vendredi 29 mars que le Brexit devait se produire. "Mais en rejetant par deux fois l’accord de retrait du gouvernement [le 15 janvier et le 12 mars] qu’ils estiment mauvais pour le pays, les députés ont bouleversé non seulement le calendrier, mais aussi l’avenir même du Brexit", expose RFI. En lieu et place d'une sortie de l'UE, le pays va connaître un nouveau vote en début d'après-midi sur l'accord de sortie conclu avec Bruxelles en novembre.

Les Européens ont exigé sa validation, lors du Conseil européen du 21 mars, pour accorder un report du Brexit au 22 mai. Mais s'il est rejeté, "Londres [n']aura [que] jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report. Sinon, ce sera une sortie brutale, sans accord", rappelle LCI.

Parade juridique

Hier encore, l'organisation de cette troisième tentative était incertaine. Car John Bercow, le président de la Chambre des communes, refusait de soumettre à nouveau l'accord de sortie aux députés si aucun changement "substantiel" n'y était apporté.

"Pour contourner l’obstacle, le gouvernement a décidé de ne présenter au vote qu’une partie de l’accord, le traité de retrait, et d’en exclure la déclaration politique sur la relation future avec l’Union", rapporte LCI. "La motion est nouvelle, substantiellement différente", a ainsi déclaré le speaker John Bercow, autorisant un nouveau vote.

Le plan de la Première ministre britannique Theresa May prévoit donc deux phases, explique la BBC : demander aux députés de voter "la première partie de l'accord qui règle le départ du Royaume-Uni et laisser la partie à long terme pour les prochaines semaines".

De minces chances pour Theresa May

La stratégie de la cheffe de l'exécutif britannique a cependant bien plus de chances d'échouer que de réussir. Car si certains des Brexiters les plus fervents ont finalement décidé de se ranger derrière l'accord en échange de la démission de Theresa May, à l'instar de Boris Johnson, "entre 10 et 20 Tories" parmi eux restent intraitables [Les Echos].

Et "le Labour ainsi que le petit parti unioniste nord-irlandais ont déjà signalé qu’ils s’opposeraient à ce 'demi-vote'", fait savoir RFI. Selon un porte-parole du Parti travailliste, "Jeremy [Corbyn] a clairement indiqué que le Labour n'approuvera[it] pas un Brexit à l'aveugle", fustigeant ainsi le report du vote sur la déclaration politique, lit-on dans le Guardian.

L'après-Theresa May en toile de fond

Ainsi, alors que la Première ministre britannique a annoncé mercredi 27 mars qu'elle démissionnerait en cas de vote positif à la Chambre des communes, un refus pourrait donc tout aussi bien la pousser vers la sortie. "La presse, elle, a déjà tourné la page, avec une foison de portraits de ses potentiels successeurs, d’analyses de leurs forces et de leurs faiblesses", rapporte RFI.

Un exercice auquel se livre Le Figaro. Le quotidien cite notamment Boris Johnson, qui figure parmi les plus influents Brexiters. Mais également Michael Gove, "autre figure de la campagne pour le 'Leave' en 2016" : le ministre de l'Environnement est "resté jusqu'au bout auprès de Theresa May alors que tout le monde le voyait quitter le gouvernement en novembre après la validation de l'accord de sortie par le gouvernement". Il pourrait ainsi être "le candidat de la réconciliation" avec les Brexiters. Troisième possibilité : Jeremy Hunt, ministre des Affaires étrangères initialement en faveur du Remain, mais qui s'est converti au Brexit, "devant 'l'arrogance' avec laquelle les Vingt-Sept ont conduit les négociations".

Si les candidats à la succession de Theresa May ne manquent pas, "son héritage n’est même pas encore défini", estime Libération. "Restera-t-elle dans l’histoire comme la Première ministre qui, dans des circonstances extraordinaires, aura réussi à concrétiser ce fameux Brexit ? Ou laissera-t-elle l’image d’une femme obstinée au point de frôler l’absurdité, en compliquant incroyablement une tâche inédite et en échouant lamentablement ?", s'interroge ainsi le quotidien.

Près de la moitié des Français en faveur du no deal

Quoi qu'il en soit, l'exaspération vis-à-vis de ce Brexit qui s'éternise est également grandissante du côté français. Selon un sondage OpinionWay-Tilder pour Les Echos et Radio Classique, 46 % des personnes interrogées se disent favorables à un "Brexit rapide et sans accord entre l'UE et le Royaume-Uni". "Beaucoup d'entre eux laisseraient bien partir les Britanniques de l'Union européenne du jour au lendemain, visiblement sans beaucoup d'états d'âme. Un peu comme si des rancœurs vieilles de plusieurs siècles se réveillaient soudainement", commentent Les Echos.

Mais comme les Britanniques, les Français se montrent divisés sur la question, puisque 49 % d'entre eux jugent néanmoins que les négociations doivent être prolongées pour qu'un accord soit conclu entre les deux parties.

 

 

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