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[Revue de presse] Brexit : la menace du no deal agite Bruxelles et Londres

Revue de presse 07.08.2019

Fixée au 31 octobre, la sortie du Royaume-Uni de l'UE se profile et inquiète. A 12 semaines seulement de la date butoir, un Brexit dur apparaît comme le scénario le plus plausible. Car les discussions entre le nouveau Premier ministre britannique et Bruxelles, cristallisées autour de la question du "backstop", sont laborieuses.

Crédits : wildpixel / iStock

A moins de trois mois de la date butoir fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le Brexit semble susciter plus d'interrogations que jamais. Au cœur des préoccupations, la possibilité grandissante d'une sortie sans accord.

Discussions difficiles

L'Union européenne se prépare en effet "à de difficiles discussions avec Boris Johnson, consciente que le Premier ministre britannique est prêt à faire sortir le Royaume-Uni sans accord et joue sur la peur de cette issue pour diviser les Vingt-Sept, ont expliqué ce mardi plusieurs responsables européens" [BFMTV].

Mais "pas question de céder à la panique", tempèrent Les Echos. "Il demeure essentiel de notre côté de rester calme, de coller à nos principes et à nos lignes directrices et de montrer l'unité et la solidarité des Vingt-Sept", a ainsi expliqué le négociateur de l'UE, Michel Barnier.

Du côté britannique, Boris Johnson se montre intransigeant. "Son conseiller, David Frost, a rencontré la semaine dernière à Bruxelles les collaborateurs du négociateur de l'UE, Michel Barnier, et des membres du cabinet de Jean-Claude Juncker" afin de "réclamer l'abolition du 'backstop' irlandais", condition sine qua non, pour Londres, à la réouverture des discussions, relate BFMTV.

Pourtant, cette clause de l'accord, qui permettrait d'éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande, "ne peut être renégociée", estime le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, rapporte la BBC. Une position partagée par les autres dirigeants européens.

Pour le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney, cité par Les Echos, Boris Johnson se prépare ainsi à "un choc frontal", car "les discussions seraient aujourd'hui à nouveau les mêmes qu'il y a trois ans" [BBC]. On s'apprête donc, des deux côtés de la Manche, à une sortie sans accord le 31 octobre.

Les Vingt-Sept prêts à la possibilité d'un Brexit dur

Le Royaume-Uni cherche dès lors à renforcer ses liens avec d'autres pays. Comme le Canada, "notamment dans les domaines du commerce, de la coopération en matière de sécurité ou de la lutte contre le changement climatique", a indiqué mardi à Toronto le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, qui doit ensuite se rendre aux Etats-Unis et au Mexique [La Croix].

A Bruxelles, on estime aujourd'hui les Etats membres "prêts" à un "hard Brexit". Car "depuis deux ans, une équipe dédiée a brossé les nombreux enjeux d'un tel divorce", soulignent Les Echos. Les avions, trains et camions mais aussi les actifs financiers pourraient en effet continuer à circuler dans les conditions actuelles plusieurs mois après le Brexit, explique le quotidien.

Mais "les Etats dont la proximité géographique avec le Royaume-Uni est la plus forte, et qui commercent donc beaucoup avec, seront les plus impactés par le Brexit", prévient Anand Menon, directeur de l'initiative de recherche The UK in a changing Europe. "Et particulièrement l'Irlande, les Pays-Bas, la France, la Belgique, et certaines parties de la Scandinavie", ajoute-t-il. Même si l'impact le plus fort devrait toutefois être ressenti par le Royaume-Uni [The Daily Express].

"'La sécurité du Royaume-Uni souffrirait d'un Brexit sans accord et aucune planification ni préparation ne pourraient effacer ce risque', a ainsi déclaré le responsable britannique de la lutte contre le terrorisme", Neil Basu [The Guardian]. Celui-ci déplore la perte d'outils majeurs, tels que le Système d'information Schengen II, ainsi que l'accès aux dossiers de passagers et la possibilité d'émettre des mandats d'arrêts européens, détaille le média.

Jeu dangereux

Ainsi Boris Johnson, qui espère voir les Européens céder, semble jouer un jeu dangereux qui déplaît à Bruxelles. Mais aussi dans son pays : "de nombreux députés, dans la majorité comme dans l'opposition, sont farouchement opposés à une sortie sans accord", pointe La Libre. "La Chambre des communes s'est déjà prononcée contre le principe d'un 'no deal'".

Mais selon plusieurs diplomates européens cités par le Daily Express, seul le no deal pourrait garder le Parti conservateur intact. Tous les autres scénarios favoriseraient le Brexit Party de Nigel Farage, un calcul que Boris Johnson aurait bien compris.

Dans un tel contexte, les spéculations sur la tenue d'élections anticipées "vont bon train" : les députés "pourraient tenter de faire tomber le gouvernement et provoquer un scrutin", tandis que le dirigeant conservateur pourrait lui-même en appeler aux électeurs afin de tenter d'élargir sa majorité, explique La Libre. Toutefois, si une motion de censure était votée contre Boris Johnson, il "dispose[rait] alors de 14 jours pour tenter de renverser la vapeur et rallier une majorité de soutiens". Et dans le cas où il devrait convoquer des élections, il pourrait attendre que le Brexit soit passé.

Le Premier ministre irlandais espère néanmoins que les discussions pourront reprendre, notamment autour de la déclaration politique commune sur la relation future, qui pourrait laisser "de la place pour des arrangements alternatifs" [Challenges].

Pour l'instant, tous les regards sont tournés vers le sommet du G7, qui se tiendra à Biarritz à la fin du mois [BBC]. Selon la Commission européenne, "une réunion de préparation pourrait être organisée juste avant entre Michel Barnier et le ministre britannique du Brexit Stephen Barclay, mais rien n'a encore été convenu", rapporte BFMTV.

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