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[Revue de presse] Brexit : l'insoluble question irlandaise ?

Revue de presse 10.10.2019

Le Premier ministre britannique Boris Johnson rencontre son homologue irlandais Leo Varadkar ce jeudi 10 octobre, dans l'espoir de débloquer les négociations sur le Brexit qui patinent. Mais la marge de manœuvre est limitée par le souci de préserver la paix en Irlande du Nord. Le gouvernement irlandais se prépare au no deal, dont les conséquences pourraient, en outre, être désastreuses pour l'économie de l'île.

Altadaven road, Comté de Monaghan. Sur cette route passe la frontière théorique entre la république d'Irlande et l'Irlande du Nord. En cas de no deal, elle devra être physiquement rétablie. - Crédits : Google Street View

Altadaven road, Comté de Monaghan. Sur cette route passe la frontière théorique entre la république d'Irlande et l'Irlande du Nord. En cas de no deal, elle devra être physiquement rétablie. - Crédits : Google Street View

Sans grande surprise, "les discussions sont dans l'impasse" [Le Point avec l'AFP]. Les négociations sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union européenne patinent toujours, alors que le gouvernement britannique a désormais moins de quarante-huit heures, selon l'ultimatum fixé par les Européens, pour proposer un dernier projet d'accord de sortie de l'Union. La proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson de début octobre n'avait pas suscité l'enthousiasme des Européens. Depuis, "aucun progrès majeur n'a été annoncé et Londres et Bruxelles se rejettent […] la responsabilité de faire des concessions", rapporte Le Point.

La presse rapporte notamment un entretien téléphonique "difficile" entre la chancelière allemande Angela Merkel et Boris Johnson mardi 8 octobre [Le Figaro avec l'AFP]. A son issue, une source au gouvernement britannique a jugé un accord "pratiquement impossible", selon La Croix.

C'est dans l'espoir d'une avancée de dernière minute que Boris Johnson doit rencontrer son homologue irlandais Leo Varadkar ce jeudi 10 octobre dans le nord-ouest de l'Angleterre [RTÉ]. Dans le même temps, "une rencontre prévue jeudi à Bruxelles entre le négociateur de l'UE Michel Barnier et le ministre britannique du Brexit Stephen Barclay a été reportée à vendredi", relève Le Figaro.

L'Irlande au cœur du problème

Il faut dire que "le Premier ministre irlandais est un personnage-clé tant le processus" du Brexit ne semble pas pouvoir "éviter un retour à une frontière physique" entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande [Le Point]. "La question irlandaise reste encore et toujours le caillou le plus pointu dans la botte du Premier ministre britannique", résume Mediapart.

L'Union européenne avait rejeté plus tôt dans la semaine l'idée de ce dernier, consistant à garder au moins partiellement l'Irlande du Nord dans le marché commun jusqu'en 2025, alors que le Royaume-Uni dans son ensemble quitterait l'union douanière. En outre, le Parlement d'Irlande du Nord pourrait, selon ce plan, voter tous les quatre ans pour décider de suivre ou non les règles européennes. Une nouvelle solution doit alors être trouvée.

Car avant toute considération économique, "il y a toujours en toile de fond la question humaine et historique, celle de la possibilité de raviver le conflit nord-irlandais", rappelle Mediapart. Et tout accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne devra respecter l'accord du Vendredi saint de 1998, garantissant la paix entre les deux Irlande [The Guardian].

Une économie irlandaise fragile face au no deal

Mais un no deal menacerait aussi sérieusement l'économie irlandaise. Mardi 8 octobre, "les gouvernements irlandais et britannique ont présenté […] leurs préparatifs pour faire face à un Brexit sans accord", rapporte Le Monde, "à une heure d’intervalle, sans concertation ni coordination". C'est la "preuve qu’une telle issue est désormais prise très au sérieux", souligne le quotidien.

Le ministre des Finances irlandais Paschal Donohoe, pour qui une sortie de l'Union européenne sans accord "serait très difficile", a annoncé un paquet de dépenses de 1,2 milliards d'euros en cas de no deal [L'Express avec AFP]. "Il a notamment précisé que quelque 650 millions d’euros seraient injectés pour aider des secteurs clés, comme l’agriculture ou le tourisme", précise La Croix.

Tous les indicateurs économiques seraient touchés en Irlande : le PIB pourrait plonger de 6 % [L'Express], les investissements privés de 24 % [Le Monde] et 100 000 créations d'emplois seraient menacées [Mediapart].

D'autres questions épineuses surgissent. A l'instar de l'agriculture, puisque "un tiers du lait produit en Irlande du Nord s’en va au Sud pour être transformé en fromage et en beurre, et 400 000 moutons font le même trajet chaque année vers les abattoirs méridionaux" [Mediapart]. Mais également au sujet des médicaments, dont "les deux tiers proviennent du Royaume-Uni". "Si la frontière est rétablie, cela va inévitablement provoquer des pénuries dans la République d’Irlande", rappelle le média.

Le Monde souligne enfin que "l’essentiel du commerce [irlandais] avec l’UE passe par le 'pont terrestre' que représente la Grande-Bretagne", et donc qu'"en cas d’engorgement des frontières britanniques, c’est toute la chaîne d’approvisionnement du pays qui serait touchée".

 

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