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[Revue de presse] Brexit : l'Europe en territoire inconnu après le rejet de l'accord

Revue de presse 16.01.2019

C'est une défaite historique pour Theresa May. Mardi 15 janvier au soir, la cheffe du gouvernement du Royaume-Uni a en effet essuyé un profond revers politique, après le rejet massif par la Chambre des communes de l'accord de sortie négocié avec l'UE (432 voix contre, seulement 202 pour). Les incertitudes liées au Brexit s'accroissent à mesure que la date effective de sortie, fixée au 29 mars, approche et que la possibilité d'un départ brutal sans accord se concrétise.

Theresa May - Crédits :  Tiocfaidh ár lá 1916 / Flickr CC BY-ND 2.0

Theresa May - Crédits : Tiocfaidh ár lá 1916 / Flickr CC BY-ND 2.0

Theresa May souhaite rester à son poste

Une défaite de Theresa May était attendue par les Européens, "mais pas aussi cuisante", lit-on dans Le Monde. La Première ministre avait pourtant déjà repoussé le vote de l'accord, initialement prévu en décembre, dans l'espoir de convaincre des députés y étant majoritairement opposés.

Une opération qui s'est avérée vaine pour la cheffe du gouvernement britannique. Le vote de mardi soir a confirmé la faiblesse du soutien des parlementaires à l'accord de sortie conclu avec Bruxelles en novembre par la Première ministre. 432 députés ont voté contre l'accord, dont un tiers des députés conservateurs de son propre camp.

Brexit : le Parlement britannique rejette massivement l'accord de sortie

Malgré tout, Theresa May ne devrait pas démissionner, contrairement à ce que plusieurs médias annonçaient en début de semaine. L'information a par ailleurs été confirmée après le vote par le porte-parole du gouvernement [La Libre avec Belga].

A Londres, où des centaines de personnes ont assisté au vote sur écran géant, "au milieu des drapeaux britanniques et européens, applaudissements et huées se sont entremêlés à l'image d'un pays divisé sur la question", rapporte Euronews.

De l'autre côté de la Manche, les réactions ne se sont pas fait attendre. Pour Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, le risque d'une séparation du Royaume-Uni de l'UE sans accord s'est accru à la suite du vote des députés britanniques. Le chef de l'exécutif européen a ainsi appelé "le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible". "Le temps est presque écoulé", a-t-il prévenu [Le Point].

Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, renvoie lui aussi la balle dans le camp du Royaume-Uni. "Il appartient maintenant au gouvernement britannique de dire quelle est la prochaine étape. L'UE va rester unie et déterminée à trouver un accord", cite L'Express (avec l'AFP).

Même son de cloche chez Emmanuel Macron, pour qui "la pression est plutôt chez [les Britanniques]" [Le Huffington Post].

L'incertitude à son paroxysme

Que va-t-il maintenant se passer après ce revers historique essuyé par le gouvernement ? "Ils ne jouent plus au poker, mais à colin-maillard", titre à ce propos Die Welt dans la presse allemande, soulignant l'absence totale de vision du gouvernement britannique sur la marche à suivre pour le Brexit.

A l'heure actuelle, c'est en effet le flou qui domine plus que tout, estime la presse dans son ensemble. A très court terme, une motion de censure contre le gouvernement de Theresa May, immédiatement déposée à l'issue du vote par Jeremy Corbyn, chef de l'opposition travailliste, doit être votée ce mercredi à 20 heures (heure française). "Une initiative [qui] n'a que peu de chance d’aboutir", selon Agnès Alexandre-Collier, universitaire spécialiste de la politique du Royaume-Uni, interrogée par France 24.

Car "si les conservateurs sont, dans la grande majorité, opposés au plan pour le Brexit concocté par Theresa May et l’Union européenne, ils ne sont pas prêts à de nouvelles élections". Par ailleurs, "le petit Parti unioniste démocrate irlandais a signé un accord avec le gouvernement qui l’oblige à le soutenir en cas de vote de défiance", détaille la chaîne.

Différents scénarios sans aucune majorité

Plusieurs scénarios se profilent mais aucun n'apparaît satisfaisant pour résoudre la crise. Quoi qu'il en soit, la Première ministre devra proposer un "plan B" amendable d'ici lundi 21 janvier, comme l'y ont contraint les parlementaires britanniques par le vote d'un amendement en ce sens mercredi 9 janvier. En quoi pourrait-il consister ?

Bien que Theresa May s'y montre pour le moment opposée, une extension de l'article 50 du traité sur l'UE est toujours possible. Cependant, "l’extension de l’article 50 pose des problèmes considérables à l’UE ; si elle devait aller au-delà des élections européennes du 26 mai, le Royaume-Uni aurait l’obligation de participer à ce scrutin", pointe Le Monde.

L'option d'un second référendum est également sur la table, mais serait probablement rejetée par les députés car "cette consultation [est] très vivement critiquée par les 'Brexiters' qui dénoncent un déni de démocratie", souligne Le Figaro (avec l'AFP).

Bien plus improbable, la suspension pure et simple de l'article 50 pour annuler le Brexit est juridiquement réalisable mais politiquement impossible [Le Monde].

Toujours est-il qu'à l'heure actuelle, comme l'explique le média en ligne Politico, "aucune [de ces options] ne semble avoir de majorité à la Chambre des Communes".

Si l'extension de l'article 50 était finalement retenue afin d'éviter la perspective d'un no deal (sortie sans accord), le temps dégagé devrait servir à négocier un nouvel accord entre Bruxelles et Londres. Mais les dirigeants européens ont expliqué à plusieurs reprises que l'accord de sortie actuel est selon eux "le meilleur possible", refusant d'accorder de nouvelles concessions aux Britanniques.  Pour autant, selon Die Welt, ils devraient revenir sur cette position de principe, car une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord serait la pire issue à cette situation de leur point de vue.

Le backstop, qui consiste à maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE tant qu'aucune alternative satisfaisante n'est trouvée pour éviter le retour d'une frontière entre les deux Irlande, serait probablement l'objet de nouvelles négociations. Il pourrait par exemple être limité dans le temps, comme le souhaitent les Britanniques, "jusqu'en 2025 ou 2027" selon des sources diplomatiques du quotidien allemand, ce que les Européens ont pour l'instant toujours refusé.

Brexique : le lexique du Brexit

 

 

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