Derniers articles publiés

[Revue de presse] Brexit : l'Espagne veut une négociation directe avec Londres sur Gibraltar

Revue de presse 21.11.2018

Le gouvernement espagnol réclame une négociation bilatérale avec Londres quant au sort de l'enclave britannique de Gibraltar après le Brexit. Madrid, qui revendique ce micro-territoire depuis trois siècles, menace de ne pas voter l'accord de sortie du Royaume-Uni en l'état, ce dimanche 25 novembre.

Le Rocher de Gibraltar, enclave britannique depuis 1713

Le Rocher de Gibraltar, enclave britannique depuis 1713 - Crédits : benkrut / iStock

L'Espagne menace de "bloquer" l'accord

Un problème peut en cacher un autre. La question frontalière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande occupait toutes les négociations sur le Brexit depuis des mois. Alors que "la Première ministre britannique Theresa May a défendu mardi le projet d'accord de divorce conclu avec l'Union européenne devant son gouvernement remanié", rappelle France 24, c'est au tour de l'Espagne de s'inviter dans les négociations, au sujet du sort réservé à Gibraltar. Et le pays "menace désormais de bloquer le texte du Brexit".

Gibraltar est une "enclave britannique de sept kilomètres carrés située dans le sud de l'Espagne", rappelle le Huffington Post. "En tant que pays", a déclaré le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, "nous ne pouvons pas concevoir que ce qui se passera à l'avenir concernant Gibraltar dépende de négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne". Le futur du Rocher "devra être quelque chose de défini, de négocié et de décidé entre le Royaume-Uni et l'Espagne", continue-t-il.

Quel avenir pour Gibraltar après le Brexit ?

C'est un nouvel obstacle sur le chemin qui doit conduire au Brexit : "lors du sommet extraordinaire de Bruxelles" qui se tiendra dimanche 25 novembre, "l'Espagne serait prête à bloquer l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne", souligne la RTBF (Belgique). Plus précisément, "l'Espagne voterait 'non' si l'article 184 de l'accord de retrait était mis aux voix dimanche dans sa forme actuelle, a déclaré mardi le dirigeant socialiste".

Il faut rappeler que ce contentieux n'est pas nouveau : "Gibraltar est sous souveraineté britannique depuis 1713, mais l'Espagne continue de le revendiquer", ajoute le média belge. Or, malgré ce passif de plusieurs siècles, l’article 184 "établit en substance que ce minuscule territoire […] n’est pas un problème", résume RFI. Pedro Sánchez "reprend en effet la position espagnole de toujours", à savoir que "Gibraltar est une colonie britannique qui – c’est ce que dit le traité d'Utrecht de 1713 – doit revenir dans le giron espagnol dès lors qu’il change de statut".

Les services juridiques du Conseil européen travaillent sur la question

"À la lecture de l'accord négocié par Michel Barnier, le gouvernement de Gibraltar s'est félicité de deux aspects, précisément ceux qui ont fâché Madrid", explique Le Figaro. D'une part, l'accord du Brexit "inclut explicitement Gibraltar dans la définition du Royaume-Uni", d'autre part il ne fait "aucune mention de négociations bilatérales qui puissent générer quelque inquiétude que ce soit". Mais le statut de Gibraltar est une problématique épineuse en Espagne, et Madrid pourrait donc être tentée de "s'arc-bouter sur son veto", poursuit le quotidien, "pour ne pas offrir de munitions à la droite à deux semaines d'élections régionales en Andalousie". Dans cette situation, "comment sortir de l'impasse" ?

Même "au ministère espagnol des Affaires étrangères, on admet qu’il va être difficile de réécrire l'article" controversé, rapporte BFM Business. Finalement, "le compromis pourrait résider dans une évacuation vers un protocole annexe, ou bien […] une clarification : le contentieux de souveraineté ne relève pas de l’UE". Une résolution pourrait ainsi être trouvée rapidement, et "d’après des sources gouvernementales espagnoles, Michel Barnier a donné des assurances, hier, sur la cohérence de la solution. Ces mêmes sources se déclarent [donc] confiantes que les choses s’arrangent".

"Nous sommes bien conscients des préoccupations espagnoles et nous y travaillons", a même déclaré un porte-parole de la Commission européenne [La Libre (Belgique)]. "Pour essayer de rassurer Madrid, il s'en réfère aux lignes directrices du Conseil européen d'avril 2017". Celui-ci indique qu'"après la sortie de l'Union du Royaume-Uni, aucun accord entre l'Union et le Royaume-Uni ne peut s'appliquer au territoire de Gibraltar sans accord entre l'Espagne et le Royaume-Uni".

Pour certains, ce nouveau rebondissement menaçant l'accord de sortie du Brexit pourrait bien n'être qu'un pétard mouillé lancé par Madrid. En effet, "selon des sources diplomatiques qui se sont confiées à Reuters : l'accord de retrait doit être adopté à la majorité qualifiée des États membres et non à l'unanimité", décrypte L'Echo (Belgique). L'Espagne ne disposerait donc pas du véto qu'elle fait valoir pour bloquer l'accord si elle n'est pas satisfaite de la solution qui sera proposée d'ici à dimanche.

Abonnez-vous gratuitement aux newsletters de Touteleurope.eu !