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[Revue de presse] Brexit : des positions irréconciliables ?

Revue de presse 12.06.2020

Les négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sont plus que jamais dans l'impasse. A trois semaines d'une date butoir sur l'accord post-transition, les craintes d'un no deal et l'impact du coronavirus peuvent-ils donner un nouveau souffle aux pourparlers ?

Face au Comité économique et social européen (CESE), Michel Barnier a rappelé mercredi 10 juin les exigences européennes dans les négociations avec le Royaume-Uni, mais a aussi montré quelques signes d'ouverture - Crédits : CESE

Face au Comité économique et social européen (CESE), Michel Barnier a rappelé mercredi 10 juin les exigences européennes dans les négociations avec le Royaume-Uni, mais a aussi montré quelques signes d'ouverture - Crédits : CESE

"Les négociations post-Brexit ressemblent plus que jamais à un dialogue de sourds", commente Capital avec l'AFP. Lancées lors d'un premier round le 2 mars, un mois après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les "quatre sessions de négociations entre Londres et l'Union, à raison d'une semaine par mois, n'ont pas permis d'enregistrer des progrès sur les points les plus conflictuels d'un accord", rapporte le magazine économique dans un second article. Preuve de la stérilité des débats, "la dernière séance de discussions" au début du mois "avait été marquée par une grande lassitude" des deux côtés.

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Pour donner un nouvel élan politique aux tractations, l'UE a invité les Britanniques à passer à la vitesse supérieure et à privilégier les rencontres en petit comité : "j'ai demandé au négociateur britannique, David Frost (…) d'accompagner les rounds de négociation en juillet, août et septembre, de réunions plus restreintes entre nous chaque semaine", a déclaré le négociateur en chef de l'Union Michel Barnier au Comité économique et social européen, mercredi 10 juin [Politico].

Autre marqueur d'une relance politique des discussions, "le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen doivent se réunir lundi" 15 juin après-midi, par visioconférence [Le Monde avec Reuters]. Michel Barnier et le président du Parlement européen, David Sassoli, seront également de la partie.

Désaccords fondamentaux

"L'impact de la rencontre à haut niveau (…) demeure cependant incertain, tant les positions entre les deux camps continuent de diverger", nuance Capital. "Les négociateurs britanniques refusent de s'engager sérieusement avec nous" dans les domaines "de la pêche, de la coopération policière et judiciaire, de la structure de gouvernance du futur accord, et du niveau de concurrence équitable" en matière de normes environnementales, de droit du travail ou d'aides d'Etat, a déploré Michel Barnier [Politico].

Dans ce dernier domaine, l'Union européenne souhaite une "approche commune". Une exigence que le négociateur britannique juge "abusive" [The Guardian]. L'UE campe également sur ses positions : "le Parlement européen pourrait apposer son veto à tout accord commercial entre le Royaume-Uni et l'UE qui manquerait de garanties 'robustes' pour assurer une concurrence équitable", indiquait The Guardian mercredi. Un projet de résolution en ce sens doit être mis au vote la semaine prochaine par les eurodéputés.

Au vu des divergences, et "compte tenu des délais d'approbation, il faut qu'on boucle la négociation en quatre mois, ce qui semble objectivement difficilement atteignable", a déclaré la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin. "On peut redouter une absence d'accord sur le front du commerce", a-t-elle ajouté [Capital].

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Signes d'ouverture et espoir de compromis

Pour éviter un no deal, Michel Barnier a montré plusieurs signes d'ouverture. Le négociateur a indiqué que l'UE était prête à "trouver des compromis" et à défaut d'un accord global, "s'il y a un réel engagement britannique en faveur de certains sujets qui [lui] sont importants, à organiser entre les rounds des réunions plus spécifiques pour progresser sur ces questions" [Politico]. Pour la première fois, le Français a également appelé ouvertement "à une extension de la période de transition", rapporte The Independent. Mais sur ce point, le discours britannique reste inchangé : "Boris Johnson, qui a fait campagne sur un retrait net du Royaume-Uni du Vieux Continent, s'y refuse catégoriquement", indique Capital.

Toutefois, les circonstances peuvent-elles pousser les Britanniques à infléchir aussi leur ligne ? "Le Royaume-Uni a abandonné son projet d'instaurer des contrôles douaniers complets avec l'Union européenne dès le 1er janvier prochain, alors que des entreprises font pression sur les ministres à Londres pour qu'ils n'ajoutent pas au chaos déjà provoqué par le coronavirus", explique Le Monde. La crise économique pousse en effet le pays à vouloir adopter "une approche flexible et pragmatique" [The Independent avec PA Media]. La raison est aussi logistique : "les frontières britanniques ne sont pas prêtes à quitter le marché commun à la fin de l'année", rapporte The Independent : il manquerait encore quelques 50 000 officiers de douane à recruter.

Ainsi, "malgré l'absence de progrès dans les discussions, le négociateur européen Michel Barnier a estimé le 5 juin qu'un 'terrain d'entente' restait possible 'dans le courant de l'été et au plus tard au début de l'automne'", note Capital.

 

 

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