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[Revue de presse] Brexit : dernier round de négociations avant la date butoir du 30 juin

Revue de presse 03.06.2020

Le gouvernement britannique et la Commission européenne ont repris hier leurs négociations sur l'après-Brexit. Une réunion qui pourrait être la dernière.

A l'issue du précédent round de négociations mi-mai, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier avait insisté sur l'importance de cette nouvelle rencontre inaugurée le 2 juin.

A l'issue du précédent round de négociations mi-mai, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier avait insisté sur l'importance de cette nouvelle rencontre inaugurée le 2 juin. - Crédits : Claudio Centonze / Commission européenne

D'un commun accord, les négociateurs sur la relation future entre le Royaume-Uni et l'Union européenne avaient fixé une date butoir au 30 juin. D'ici là, Londres devait décider de prolonger ou non la période de transition qui court jusqu'à la fin de l'année, pendant laquelle le pays "continue à jouir de l’essentiel des droits − et des obligations − d’un Etat membre" [Le Monde].

Sauf qu'en février dernier, le Premier ministre britannique Boris Johnson a également "fait de ce point d'étape une date-butoir en menaçant de ne pas poursuivre les pourparlers si les progrès n'étaient pas suffisants." [Boursorama, avec AFP]. Au vu du peu de progrès réalisé ces derniers mois, il y a donc tout à craindre que la rencontre entamée hier entre les négociateurs européen et britannique, Michel Barnier et David Frost, ne soit la dernière. "Cette nouvelle semaine de discussions, qui devrait s’achever vendredi 5 juin, débouchera-t-elle sur la décision de reporter des débats au-delà de la fin de l’année ? Va-t-elle préfigurer le 'no deal' ? Ou permettra-t-elle, au contraire, de dégager les bases d’un accord ?", questionne ainsi Le Monde.

La Croix se montre pessimiste, estimant que "le 4e round de négociations entre Londres et l’UE sur la relation post-Brexit s’ouvre cette semaine sans l’ombre d’un accord". Pour le quotidien, Michel Barnier s'interroge même sur "la sincérité du Premier ministre britannique Boris Johnson" dans sa quête d'un compromis. Dans une interview accordée au Sunday Times et citée par La Croix, le négociateur en chef de l'Union européenne n'a en effet pas caché sa déception face à l'attitude de ses interlocuteurs, en affirmant : "Le Royaume-Uni a fait un pas en arrière, deux pas en arrière, trois pas en arrière par rapport aux engagements qu'il avait pris à l'origine."

Tentation du no deal

Les Européens craignent que Boris Johnson n'ait "aucune intention d’accepter un accord qui rognerait une once de la souveraineté britannique", confirme RFI. A ce titre, "les dégâts économiques du coronavirus pourraient servir à dissimuler les dégâts économiques d’un éventuel Brexit sans accord", analyse le média, pour qui cette manœuvre permettrait au chef du gouvernement britannique "d’endosser sans risque le costume de celui qui a sauvé le Royaume-Uni de la tutelle européenne". Un avis partagé par Iain Martin, chroniqueur au Times : "Etant donné l’ampleur du choc de la pandémie, le Brexit pourrait passer pour une simple anicroche en comparaison." [Le Temps].

Mais le négociateur en chef de l'UE n'entend pas céder face à l'attitude britannique. Michel Barnier, a ainsi déclaré à la presse ce week-end que "les discussions pourraient échouer si la Grande-Bretagne ne change pas de position, notamment sur la question du régime [de concurrence équitable] ('level playing field') qui, selon Bruxelles, doit sous-tendre un accord commercial", rapporte le Financial Times. Dès lors, pour Michel Barnier, "les négociations de cette semaine vont montrer si le Royaume-Uni veut quitter le marché intérieur européen et l’union douanière ; une déclaration en forme de semi-ultimatum face à l’intransigeance affichée par les négociateurs britanniques", complète RFI.

Réunion au sommet ?

Des signes d'ouvertures sont toutefois à signaler dans le domaine de la pêche. En la matière, "Londres et Bruxelles pourraient parvenir à un compromis qui permettrait aux Etats membres de l'Union d'accéder aux eaux britanniques en échange d'une augmentation des quotas britanniques", a annoncé mardi 2 juin un représentant du secteur à l'agence Reuters [Challenges].

En revanche, les négociateurs butent sur le cadre réglementaire de leur futur accord : tandis que Bruxelles vise un compromis global, Londres souhaite signer plusieurs accords sectoriels. Downing Street a ainsi affirmé que "le plan de Bruxelles pour un cadre réglementaire commun était 'nouveau et déséquilibré' et ne se reflétait dans aucun autre accord commercial mené par l'UE", rapporte le Financial Times. "Dès que l'UE acceptera de ne pas conclure d'accord sur cette base, nous serons en mesure de progresser", a déclaré le porte-parole du Premier ministre, cité par le quotidien économique. Une potentielle impasse qui pourrait, selon le Financial Times, conduire à une "réunion politique de 'haut niveau' (...) ce mois-ci pour trouver une solution".

Boris Johnson a en effet affirmé vouloir s'impliquer "personnellement" dans les négociations "à l’occasion de la 'réunion à haut niveau', prévue entre lui, les présidents du Conseil, de la Commission et probablement du Parlement, à la mi-juin", rapporte Le Monde. Selon des fonctionnaires britanniques cités par le Financial Times, il espère ainsi donner un "élan politique aux négociations" en s'entretenant avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen durant le mois de juin. Autre échéance, "le Conseil européen du 19 juin pourrait également se saisir du dossier, même si les suites de la pandémie et le plan de relance retiendront l’essentiel de son attention", prévient Le Monde.

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