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[Revue de presse] Biélorussie : la répression à l'encontre des figures de l'opposition s'accentue, l'UE réclame leur "libération immédiate"

Revue de presse 08.09.2020

Face à une mobilisation de plus en plus grande contre le pouvoir biélorusse, celui-ci intensifie sa répression. Figure de l'opposition, Maria Kolesnikova semble avoir été enlevée. L'Union européenne réclame la "libération immédiate de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques".

Chaque dimanche depuis les élections, les manifestants descendent dans les rues pour demander la démission du président Alexandre Loukachenko. Ici, la manifestation du 30 août 2020 à Minsk - Crédits : Natallia Rak / Flickr CC BY-NC 2.0

Les rues ne désemplissent pas pour demander la démission du président russe Alexandre Loukachenko après son élection frauduleuse il y a un mois. Ce dimanche 6 septembre, "ils étaient encore des dizaines de milliers – 100 000 selon les réseaux sociaux – à s’être amassés, malgré la pluie et les coups de matraque des siloviki", les forces de l'ordre biélorusses, explique Le Monde. Ces marches, qui prennent de l'ampleur autant à Minsk qu'en province, visent à obtenir l'organisation d'un nouveau scrutin présidentiel.

Mais elles font face à une répression accentuée. "Ce weekend, plus de 600 manifestants ont été embarqués par la police, qui a brisé des vitrines", explique Libération. Un peu plus tôt, "des membres cagoulés des forces de sécurité ont traîné des étudiants biélorusses hors des rues et les ont embarqués dans des fourgons", rapporte Challenges. "Il semblerait qu’Alexandre Loukachenko cherche à accélérer le rythme des répressions et à les rendre encore plus terrifiantes pour dissuader les manifestants", confie à Libération Ryhor Astapenia, du cercle de réflexion New Belarus.

Disparition d'une figure de l'opposition  

La répression est également montée d'un cran avec la disparition, ce lundi 7 septembre, d'une figure de l'opposition biélorusse, Maria Kolesnikova. Au lendemain de la manifestation, celle-ci a été "emmenée dans un véhicule […] par des inconnus et ne répond plus à son téléphone", rapporte Le Figaro. Maria Kolesnikova était jusque-là "l'une des seules ayant choisi de ne pas s'exiler à l'étranger", poursuit le journal. Elle avait tenté d'organiser et de structurer l'opposition, en annonçant notamment la création d'un nouveau parti politique, "Ensemble, le 1er septembre", note Le Monde.

Son arrestation, "si elle était confirmée, marquerait une nouvelle étape dans la lutte du régime de Loukachenko contre l’opposition [...].  Tous les membres du Comité de coordination font d’ailleurs l’objet de poursuites judiciaires pour tentative illégale de prise du pouvoir", explique Courrier International. Une autre hypothèse suggère le "transfert de Kolesnikova vers l'un des pays limitrophes de la Biélorussie", continue le journal. Celle-ci rejoindrait ainsi les deux autres figures de l'opposition, Veronika Tsepkalo et Svetlana Tikhanovskaïa, qui ont déjà quitté le pays sous la pression des autorités biélorusses.

Menace de l'intervention russe et réaction européenne

Pour mater la contestation, "Alexandre Loukachenko peut aussi brandir la menace russe", note Le Monde. Le président russe Vladimir Poutine, qui avait manifesté son soutien à son homologue biélorusse dès le lendemain des élections, s'était dit "prêt à déployer ses hommes" si la situation devenait "hors de contrôle". Et le pays "a intensifié son soutien avec la visite à Minsk jeudi de son Premier ministre Mikhaïl Michoustine, le premier déplacement de ce niveau depuis le début de la crise, en attendant une rencontre Poutine-Loukachenko dans les semaines à venir", souligne Le Point.

"La double question qui se pose désormais est d’abord l’attitude de Moscou, dont le soutien sera déterminant pour permettre à Alexandre Loukachenko de se maintenir au pouvoir […] et d’autre part la réaction de l’Europe, qui, tout en condamnant le régime de Minsk, semble hésiter sur la voie à suivre", explique Pierre Haski dans sa chronique sur France Inter. L'Union européenne, qui n'a pas reconnu les résultats de l'élection présidentielle du 9 août, avait annoncé des sanctions contre les responsables de la répression biélorusse. Elle hésite cependant à s'imposer de peur "de reproduire la crise ukrainienne", continue le chroniqueur.

A la suite de la disparition de Maria Kolesnikova, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a demandé "la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques avant et après les élections présidentielles falsifiées du 9 août" [Ouest France]. Il a condamné les actions des "autorités de l'Etat du Belarus", qui "violent grossièrement à la fois leurs propres lois nationales et leurs obligations internationales". Peter Stano, porte-parole de la Commission européenne, a quant à lui rappelé que la Biélorussie devrait s'attendre "très bientôt" à l'adoption de sanctions européennes [Le Point].

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