Derniers articles publiés

[Revue de presse] Belgique : Charles Michel présente sa démission

Revue de presse 19.12.2018

Neuf jours après avoir perdu sa majorité, le Premier ministre belge Charles Michel a présenté mardi 18 décembre sa démission au roi Philippe. La cause de la dissolution de sa coalition : le refus de l'Alliance néoflamande (droite nationaliste) de signer le Pacte de Marrakech sur les migrations. Le roi pourrait toutefois demander au gouvernement de rester en place pour expédier les affaires courantes jusqu'aux élections de mai.

Le Premier ministre belge Charles Michel, lors du sommet de Marrakech

Le Premier ministre belge Charles Michel, lors du sommet de Marrakech - Crédits : @charlesmichel / Twitter

Après des semaines de tension et de passes d'armes médiatiques autour de la signature du Pacte migratoire de l'ONU, l'Alliance néoflamande (N-VA, droite nationaliste), membre de la coalition au pouvoir en Belgique et "première force politique à la Chambre avec 31 députés sur un total de 150" [Europe 1], avait annoncé le 9 décembre dernier sa décision de claquer la porte du gouvernement. Un événement intervenu la veille du départ du Premier ministre Charles Michel pour le Maroc, pour approuver le Pacte. Ce dernier pensait alors pouvoir gouverner le pays à la tête d'un gouvernement minoritaire jusqu'aux élections législatives prévues pour mai prochain.

[Revue de presse] Belgique : les nationalistes flamands quittent la coalition gouvernementale

Après avoir tendu la main à l'opposition, Charles Michel jette l'éponge

Il n'aura finalement tenu que neuf jours dans cette position et a "annoncé sa démission, mardi 18 décembre, devant la Chambre des députés", rapporte Franceinfo. En effet, "les socialistes et les écologistes ont déposé une motion de méfiance", précipitant son départ.

Dans les jours précédents, le Premier ministre avait tendu la main à l'opposition, en l'appelant "à le soutenir au coup par coup, sur plusieurs thèmes-clés, pour permettre au gouvernement de continuer à travailler", note Le Progrès. Mais "l'appel à cette 'coalition de bonne volonté' n'a 'pas été entendu', a déploré le Premier ministre devant les députés" [Courrier international]. "Refusant de se soumettre à un tel vote" qui "pouvait le mettre en minorité", le Premier ministre, cité par Le Monde, a préféré déclarer : "je respecte et je prends note. Je décide de présenter ma démission et je me rends immédiatement chez le roi".

Pour autant, "la démission présentée mardi soir au roi Philippe ne va pas déboucher forcément sur son départ ni sur des élections anticipées", poursuit Courrier international. En réalité, "l'option 'la plus probable', selon une source proche du pouvoir, est que le roi demande au gouvernement démissionnaire d'expédier les affaires courantes jusqu'à l'échéance électorale".

"Mardi soir, après avoir reçu Charles Michel, le roi a annoncé qu'il mettait sa décision 'en suspens'" souligne L'Obs. Le verdict du chef de l'État est encore à venir et "il devrait mener des consultations avec les chefs de partis avant de trancher". "À ce stade, la démission de Charles Michel n'est donc ni acceptée, ni refusée", résume Le Figaro.

Pacte de la discorde

À l'origine des événements, le fameux "Pacte sur les migrations, un texte non contraignant, qui a mis le feu aux poudres", rappelle Europe 1. Cet accord, adopté par l'ensemble des États membres de l'ONU en juillet, repose sur des engagements souscrits en 2016. Le Pacte reconnaît notamment que les migrants et les réfugiés sont confrontés à de nombreuses difficultés et vulnérabilités, et vise à mieux gérer les migrations à tous les niveaux tout en faisant respecter les droits de l'Homme.

Qu'est-ce que le "Pacte de Marrakech" sur les migrations ?

"La N-VA […] avait retiré son soutien à la coalition à la veille du déplacement de Charles Michel pour approuver le Pacte sur les migrations au nom de la Belgique, le 10 décembre à Marrakech", poursuit Europe 1.

"Membre de la coalition conduite par Charles Michel depuis 2014, la N-VA avait d'abord soutenu durant deux ans le Pacte avant de demander en novembre au Premier ministre de ne pas l'adopter", ajoute Le Figaro. Pour le quotidien, c'est une volte-face très politique, dictée par "la perspective des élections de 2019 avec la nécessité pour le parti de revenir à ses fondamentaux". Les nationalistes flamands considèrent "visiblement qu’une campagne axée prioritairement sur les questions d’immigration et d’identité leur serait profitable", souligne Le Monde.

Quoi qu'il en soit, "le fait que le gouvernement soit démissionnaire ne remet pas en question la signature du Pacte de l'ONU sur les migrations par la Belgique à New York", a ainsi confirmé l'envoyé spécial de la Belgique auprès de l'ONU dans plusieurs médias flamands, rapporte la RTBF (Belgique). La signature belge avait été donnée en septembre par Didier Reynders le ministre des Affaires étrangères. "La N-VA n'y avait pas formulé d'objection à l'époque".