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[Revue de presse] Bavière, Luxembourg, Belgique : percée des partis écologistes

Revue de presse 15.10.2018

Les électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 14 octobre en Bavière (élections du Parlement régional), au Luxembourg (élections législatives) et en Belgique (élections municipales). Dans des contextes très différents, une constante : les écologistes réalisent de très nettes progressions.

Vote écologiste

Vote écologiste - Crédits : Orbon Alija / iStock

Bavière : la CSU dévisse, l'AfD progresse moins que prévu

Dimanche 14 octobre, "neuf millions et demi d'électeurs étaient appelés aux urnes en Bavière", relate Le Figaro. Le scrutin avait pour objet "de renouveler le Parlement régional", même si l'enjeu politique dépassait largement les frontières du Land. "L'Union chrétienne-sociale (CSU), 'parti frère' de la CDU de Mme Merkel domine cette région depuis les années 1950", rappelle le quotidien. Pourtant, si les électeurs le placent "en tête avec 35,5%, ce score a tout d'une débâcle politique", dans la mesure où le parti obtient son pire résultat depuis la Seconde Guerre mondiale.

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L'Alternative pour l'Allemagne (AfD, extrême droite) en embuscade "a certes obtenu (…) un résultat important (11% des voix), mais pas autant que ce qu’on pouvait craindre", rapporte L'Obs. "Son score lui permet d'entrer pour la première fois au Parlement régional", mais reste "du même ordre que celui qu'elle atteint ailleurs en Allemagne".

Selon Le Point, "l'analyse des transferts de voix indique que (…) 180 000 électeurs libéraux ont déserté la CSU pour se tourner vers les Verts". Devenant la seconde force politique au Parlement bavarois, les écologistes sont donc sans conteste "les grands vainqueurs de ce scrutin". Avec 17,8% des suffrages, "ils doublent pratiquement leur score d'il y a quatre ans et réalisent le meilleur résultat de leur histoire".

Pour l'hebdomadaire allemand Die Zeit, traduit par Courrier international, "la CSU n’est maintenant plus qu’une puissance régionale dont l’influence fédérale diminue". Plus généralement, pour la presse allemande, "la débâcle de la CSU" est en partie due à "son positionnement très à droite sur le thème de l’immigration". En définitive, "le parti, sans gagner les voix de l’extrême droite, a perdu les électeurs du centre".

Au niveau national, les enjeux sont lourds, souligne France Inter. "Sept mois après avoir été formée dans la douleur et après deux crises internes cet été, la grande coalition CDU/CSU-SPD de la chancelière semble au pied du mur". Car pour l'hebdomadaire allemand Der Spiegel cité par la radio française, "l'épicentre de ce séisme politique est en Bavière, mais il peut provoquer un tsunami qui balayera le gouvernement fédéral". D'autant plus que le Parti social-démocrate ne termine qu'à la cinquième place, avec 10% des voix.

Luxembourg : le sort du Premier ministre Xavier Bettel en suspens

Le même jour, les élections législatives au Luxembourg ont été marquées par l'abstention. Seuls "256 000 électeurs ont participé au scrutin", indique Ouest France, soit "moins de 43%" des inscrits. C'est le Parti social-chrétien (CSV, centre-droit) "qui est arrivé en tête des élections législatives malgré une baisse de ses résultats". Il se place devant "les socialistes et les libéraux de l'actuel Premier ministre Xavier Bettel dont le sort reste incertain".

Lors des dernières élections, en 2013, la hiérarchie de ces trois partis était la même, mais ils ont tous "réalisé des scores inférieurs à ceux enregistrés lors de ce précédent scrutin", rappelle Le Temps (Suisse). Là encore, "les écologistes ont signé une nette progression (de 5 points, à 15%)", expliquant en partie la chute des trois premières formations du pays. L'heure est maintenant aux négociations "entre les différents partis pour former une coalition réunissant au moins 31 des 60 sièges de la Chambre des députés".

A cet égard, les Verts apparaissent comme "les arbitres de l’après-élection et sont, en définitive, les seuls gagnants de la majorité sortante", analyse Le Monde. En effet, poursuit le quotidien, "l’action de leurs deux ministres, François Bausch, chargé du Développement durable et des Infrastructures, et Carole Dieschbourg, qui avait le portefeuille de l’Environnement, a été jugée positivement par les électeurs".

Belgique : fracture entre Flandre et Wallonie aux municipales

Le 14 octobre toujours, les Belges élisaient quant à eux les bourgmestres (maires) de leurs communes. Comme en Bavière et au Luxembourg, "les écologistes, opposants au gouvernement de centre-droit au pouvoir depuis 2014, ont réalisé une percée", commente France 24. À Bruxelles par exemple, "le parti Ecolo-Groen, arrivé en deuxième position derrière le PS, est en mesure d'éclipser les libéraux francophones de la majorité municipale en devenant le partenaire des socialistes".

Par ailleurs, "le Parti vert est arrivé en tête dans plusieurs communes de la région bruxelloise", ajoute RFI, qui précise que ces "municipalités devraient donc être administrées par un maire écologiste". Pour les commentateurs belges, ces scores sont attribués à "l'urgence climatique [qui a] fait la Une de l'actualité ces derniers mois", mais aussi aux "scandales à répétition liés à la gestion frauduleuse des deniers publics au Parti socialiste".

Toutefois, les bons résultats des écologistes et plus généralement de la gauche ne concernent pas l'ensemble de la Belgique, décrypte Le Monde. Si la Wallonie francophone "glisse un peu plus à gauche", la Flandre néerlandophone quant à elle "reste ancrée très à droite". Pour le quotidien, ces disparités "augurent de nouvelles difficultés à sept mois des élections législatives", dont l'issue pourrait à nouveau entraîner un blocage politique du pays.