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[Revue de presse] Au Royaume-Uni, les partis rivalisent de promesses radicales en vue des élections

Revue de presse 26.11.2019

Les principaux partis politiques du Royaume-Uni ont dévoilé ces derniers jours leurs "manifestes", en vue des élections législatives du 12 décembre. Ils révèlent des positions tranchées et radicales, autant sur le Brexit que sur les questions économiques. Mais rivaliser de promesses très amibitieuses permettra-t-il aux travaillistes et libéraux-démocrates de renverser les conservateurs, donnés vainqueurs par les sondages ?

Le chef des travaillistes Jeremy Corbyn, en meeting de campagne à Manchester, le 7 novembre 2019 - Crédits : Jordan Curtis Hughes / Flickr Jeremy Corbyn CC BY 2.0

Le chef des travaillistes Jeremy Corbyn, en meeting de campagne à Manchester, le 7 novembre 2019 - Crédits : Jordan Curtis Hughes / Flickr Jeremy Corbyn CC BY 2.0

La campagne pour les élections législatives anticipées bat son plein et la bataille des programmes fait rage entre les partis.

"Les conservateurs comme les travaillistes s’étant radicalisés" [Le Monde], les commentaires de la presse portent largement sur l'ampleur des différences entre les deux principaux partis rivaux. Les électeurs britanniques doivent se rendre aux urnes le jeudi 12 décembre, pour reconduire ou non le conservateur Boris Johnson au poste de Premier ministre.

Des positions tranchées sur le Brexit

La question de la sortie de l'Union européenne reste, sans surprise, au cœur des débats. Côté conservateur, Boris Johnson n'a cessé de répéter "Let’s get Brexit done" (réalisons le Brexit). "Son unique argument de campagne, simpliste mais efficace", selon Le Monde. Lors de la présentation de son manifeste de campagne, dimanche 24 novembre, l'actuel Premier ministre n'a pas hésité à déclarer que "le Brexit [est] le seul véritable enjeu de cette campagne", rapporte Libération.

Boris Johnson promet un Brexit rapide avec un départ de son pays de l'UE le 31 janvier 2020 au plus tard. Ce dernier s'est même avancé à "faire voter son accord de retrait par le Parlement avant le 25 décembre" [Libération]. Il a également "insisté sur le fait que son gouvernement ne réclamerait pas d’extension de la période de transition post-Brexit au-delà du 31 décembre 2020", relève Le Monde. "Une perspective jugée très improbable à Bruxelles", rapporte Le Monde, mais également d'après l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair [Politico].

Brexit : tous les événements depuis le référendum

Du côté de Jeremy Corbyn, "la position travailliste consiste à négocier, dans les trois mois après [une] victoire [aux législatives], un nouvel accord avec l’UE prévoyant une sorte de maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière", explique Le Soir. "Le nouveau document sera ensuite soumis à un référendum organisé avant le 30 juin 2020", précise le journal belge. De cette manière "Corbyn [s'engage] à rester neutre entre les deux camps [anti et pro-Brexit] qui divisent son parti" [Le Soir].

Brexit : tout comprendre

Enfin, les libéraux-démocrates privilégient eux une ligne dure contre le Brexit. Ainsi, la campagne de Jo Swinson, la nouvelle cheffe du parti, se concentre purement et simplement "sur la révocation de l’article 50", soit l'annulation du divorce avec l'Union européenne [Le Monde]. "Mais cette ligne de conduite ne passe manifestement pas ; ni chez les brexiters, ni même chez une partie des remainers", fait savoir Le Monde.

Divergences sur les dépenses publiques

Hormis le Brexit, ce sont les dépenses publiques qui cristallisent le plus d'attention. Si conservateurs, travaillistes et libéraux-démocrates s'accordent pour "lâcher les cordons de la bourse" [Le Soir], les différences sont flagrantes.

Ainsi, alors que l'opposition travailliste a promis" d'augmenter les dépenses publiques de 83 milliards de livres par an entièrement grâce à l'impôt, le Premier ministre conservateur s'est contenté de faire miroiter aux électeurs un accroissement des dépenses de 2,9 milliards par an", soulignent Les Echos. Cet argent irait notamment au système de santé public, "le sacro-saint National Health Service, NHS" [Le Monde]. Si les dépenses promises par les conservateurs sont bien plus faibles que celles souhaitées par les travaillistes, le programme des premiers constitue cependant une "véritable rupture", ceux-ci abandonnant "définitivement leur politique d’austérité", note le journal.

Les Lib Dems "ont également rendu public un programme très ambitieux", tablant sur les "50 milliards de livres (58 milliards d’euros) d’économies que générerait, selon eux, un maintien dans l’UE" [Le Monde]. Toutefois, "les lib-dem omettent de préciser qu’en restant dans l’UE le Royaume-Uni devrait maintenir sa contribution d’environ 12 milliards d’euros annuels au budget communautaire", précise Le Monde.

Enfin, si "la campagne du Labour est centrée sur la justice sociale et l’environnement" [Le Soir], les conservateurs ont tenu à s'aligner sur ces problématiques. "Devenons neutres en carbone pour 2050, et neutres en Corbyn pour Noël", a déclaré Boris Johnson, jamais avare d'un bon mot [The Times].

Les conservateurs favoris des sondages

La stratégie du Premier ministre semble en tout cas s'avérer payante. "Selon un sondage de l’institut Datapraxis, publié dimanche, Boris Johnson pourrait gagner 349 sièges au soir du 12 décembre, largement au-dessus de la majorité absolue", rapporte Le Monde. "Un tel écart […] lui permettrait de régler le dossier du Brexit puis de dérouler son agenda politique en gouvernant sans avoir besoin de l'appui du DUP, le parti unioniste nord-irlandais qui donnait jusqu'à récemment aux conservateurs leur majorité à la Chambre des communes", avancent Les Echos.

Avec les conservateurs caracolant en tête des sondages (43% d'intentions de vote) et les travaillistes oscillant (autour des 30 %), les libéraux-démocrates sont en difficulté, glissant "de plus de 20 % d’intentions de vote début novembre à tout juste 15 % aujourd’hui" [Le Monde]. Quant au Brexit party, son soutien informel aux conservateurs semble avoir contribué à lui faire perdre quasiment tout son attrait : il "s'enfonce à tout juste 3 %", rapporte The Times.

 

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