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[Revue de presse] Au Parlement européen, la répartition des postes clés se précise

Revue de presse 20.06.2019

Les équilibres politiques s'ajustent au Parlement européen et les tractations vont bon train pour tenter de satisfaire familles politiques et délégations nationales. Au programme, la désignation des présidents et vice-présidents de groupe puis la formation des commissions parlementaires et l'élection du président du Parlement.

Session de vote au Parlement européen

Session de vote au Parlement européen, 2017 - Crédits : Parlement européen / Flickr

"Intenses tractations au Parlement européen", titrent Les Echos. Après le 26 mai et l'élection des 751 députés qui y siégeront pour une première session plénière à partir du 2 juillet prochain, le visage du Parlement européen continue de se dessiner. C'est en effet en ce moment que se composent les groupes politiques et que sont désignés leurs présidents, ces formations devant être constituées avant cette première plénière durant laquelle sera élu le président du Parlement. C'est le "premier chantier" de la nouvelle législature, expliquent Les Echos.

Pour constituer un groupe parlementaire, 25 élus représentant un quart des Etats membres sont nécessaires. La précédente mandature comptait huit groupes politiques différents, allant de la gauche radicale à l'extrême droite. Il n'est toutefois pas certain que tous puissent se reformer dans ce nouveau Parlement, dont la composition politique a été largement chamboulée par le scrutin du 26 mai.

A quoi ressemble le nouveau Parlement européen ?

Nouveau chef de file centriste

Mercredi, les centristes du groupe "Renew Europe" (ex-ADLE), rejoints par les députés de La République en marche (LaREM) qui ont impulsé ce changement de nom [Ouest-France] ont choisi leur chef de file. Fort de 108 députés, le "troisième groupe au Parlement européen" [Ouest-France], derrière la droite du Parti populaire européen (PPE) et la gauche sociale-démocrate (S&D), a ainsi élu le Roumain Dacian Ciolos "lors d'un vote interne" mercredi 19 juin, rapporte le journal.

Si "en toute logique, ce poste devait revenir à Nathalie Loiseau, cheffe de la délégation française, la plus importante du groupe", explique Libération, les eurodéputés macronistes ont tout de même célébré l'élection du nouveau chef de file : "pour la première fois, un groupe pro-européen, très en pointe sur la question des droits, est présidé par un élu venu de l’Est", souligne ainsi Pascal Canfin, numéro 2 de la liste LaREM cité par le quotidien. Après de virulentes critiques prononcées en "off" à l'encontre de ses propres collègues mais finalement rendues publiques, la tête de liste de LaREM avait en effet dû retirer sa candidature à la tête du groupe.

"Personnalité peu connue du grand public", admet Ouest-France, Dacian Ciolos a malgré tout recueilli "65 voix contre 41 pour l'eurodéputée néerlandaise Sophie in't Veld" et succède ainsi à Guy Verhofstadt. "Francophone et francophile, marié à une Bretonne" [Libération], cet ancien Premier ministre roumain est aussi celui "qui avait notamment préparé la nouvelle Politique agricole commune lorsqu’il était commissaire européen à l’Agriculture entre 2009 et 2014", rappelle Ouest-France.

Première femme présidente de groupe

Du côté des sociaux-démocrates, la socialiste espagnole Iratxe Garcia, qui brigue son quatrième mandat d'eurodéputée, a été élue à la tête du S&D par acclamation mardi 18 juin, relatent Les Echos. Impliquée sur la question de l'égalité des genres, elle devient en outre la première femme à occuper cette position, relève Euractiv. "Jusqu’ici, seuls les Verts (quatrième groupe au parlement alors que les sociaux-démocrates sont deuxième) avaient une femme co-présidente", poursuit le média. Elle succède à Udo Bullman, du parti social-démocrate allemand, aujourd'hui en perte de vitesse et qui s'est ainsi retiré de la course [Politico].

L'eurodéputé Eric Andrieu, troisième sur la liste Place Publique-PS-Nouvelle Donne, a été de son côté réélu à la vice-présidence du groupe, rapporte La Dépêche. "C’est aujourd’hui une reconnaissance supplémentaire du travail accompli par cet eurodéputé fortement engagé notamment en matière d’agriculture, d’environnement, de santé humaine et budgétaire", a ainsi réagi la délégation des socialistes français, selon le quotidien.

L'extrême droite européenne dans le flou

A l'extrême droite, les tractations sur la composition des groupes vont toujours bon train. L'Europe de la Liberté et de la Démocratie directe (ELDD), groupe formé du Brexit Party de Nigel Farage et du Mouvement 5 étoiles (M5S) italien, est sûrement voué à disparaître : s'il atteint bien le seuil d'élus requis, ses membres ne sont issus que de deux Etats membres, loin des 7 nécessaires pour former un groupe [Les Echos].

La N-VA, parti d'extrême droite belge qui compte 3 eurodéputés, a finalement annoncé mardi soir rejoindre le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), tout comme le parti d'extrême droite espagnol Vox et le parti europhobe néerlandais Forum pour la démocratie avant lui, explique Euractiv.

Commissions spécialisées

Mais la formation des groupes et leur présidence ne sont pas les seuls enjeux qui agitent le Parlement européen. "Il s'agit désormais de tenter de peser sur la marche de l'institution, via la présidence ou la vice-présidence de commissions parlementaires", décryptent Les Echos. C'est par exemple l'objectif de Pascal Canfin, "qui brigue la présidence de la commission Environnement", rapporte Libération.

La législature 2014-2019 a compté 20 commissions thématiques permanentes, la composition de chacune d'elle reflétant celle du Parlement. A travers l'adoption de rapports et l'audition d'experts, elles ont notamment pour mission d'étudier en profondeur les textes de loi proposés par la Commission européenne, et de les amender avant de les soumettre en plénière. Un travail qui requiert généralement d'intenses négociations entre ses membres.

A quoi servent les députés européens ?

En outre, "les groupes politiques vont surtout devoir s'entendre autour d'un programme de coalition", expliquent Les Echos. Une discussion qui pourrait s'avérer plus compliquée qu'habituellement puisque les deux principaux groupes, le S&D et le PPE, ne possèdent plus ensemble la majorité absolue au sein du Parlement.

Des calculs et équilibres politiques qui ne manqueront pas d'être influencés par le prochain Conseil européen des 20 et 21 juin, censé proposer les successeurs de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, "de Donald Tusk à la tête du Conseil, de Federica Mogherini – la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères –, et d’Antonio Tajani à la présidence du Parlement européen" [Le Monde].

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