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[Revue de presse] Attentat à Vienne : quelle réponse européenne au terrorisme ?

Revue de presse 04.11.2020

Après deux attaques terroristes en France, l'Autriche a été frappée à son tour lundi 2 novembre par un attentat au cœur de sa capitale. Des drames qui relancent la perspective d'actions communes européennes contre le terrorisme, dont le besoin s'intensifie selon nombre d'acteurs et observateurs de l'Union européenne. 

Le chancelier et le président autrichiens,  Sebastian Kurz et Alexander Van der Bellen, ont rendu hommage mardi 4 novembre aux victimes de l'attaque terroriste de Vienne

Le chancelier et le président autrichiens, Sebastian Kurz et Alexander Van der Bellen, ont rendu hommage mardi 4 novembre aux victimes de l'attaque terroriste de Vienne - Crédits : Twitter @vanderbellen

"La menace terroriste est à nouveau très élevée en Europe", s'alarme La Croix. "Après la France, frappée par l’assassinat d’un professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) puis de trois fidèles catholiques dans la basilique Notre-Dame à Nice, c’est au tour de l’Autriche d'en être la victime", poursuit le quotidien. Le centre-ville de la capitale viennoise a été touché lundi 2 novembre au soir, à la veille d'un nouveau confinement, par une série d'attaques à l'arme automatique.

"Dans un premier temps, le bilan faisait état de deux hommes et d'une femme décédés durant la nuit. Mais une quatrième victime a succombé à ses blessures ce mardi matin, a indiqué le ministère autrichien de l'Intérieur", rapporte Euronews. A ce macabre bilan, s'ajoutent seize personnes blessées, "dont au moins sept gravement [...] et parmi lesquelles se trouve un policier". Un des assaillants a été abattu par la police. Ce dernier est décrit par le ministre autrichien de l'Intérieur Karl Nehammer comme "une personne radicalisée qui se sentait proche de [l'Etat islamique]" [Euronews].

 Attentat à Vienne : les dirigeants européens font part de leur émotion

Des Européens solidaires de l'Autriche

Les dirigeants européens n'ont pas tardé à exprimer leur émotion et leur solidarité face à ce nouvel attentat. Le président du Conseil européen Charles Michel a ainsi condamné "avec force" cette "horrible attaque". "L'Europe est totalement solidaire de l'Autriche. Nous sommes plus forts que la haine et la terreur", a quant à elle martelé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen [Euronews].

Cependant les réactions européennes restent prudentes, estime Le Figaro. "Combien sont-ils à avoir nommé explicitement le 'terrorisme islamiste' ?", s'interroge le journal. "À l’exception d’Emmanuel Macron, seule la chancelière allemande a employé ce terme mardi, amenant dans la foulée Ursula von der Leyen à employer cette terminologie pour la toute première fois", continue Le Figaro. Arnaud Danjean, député européen du groupe conservateur (PPE), note une "hétérogénéité dans la perception" de la menace terroriste, "et donc dans la réponse à y apporter" [La Croix].

Muscler les réponses de l'UE face au terrorisme

Les discussions n'ont pas tardé à porter sur les réponses de l'Union européenne en matière de terrorisme.

Les pistes avancées à l'échelle communautaire concernent par exemple un règlement, proposé par la Commission européenne en septembre 2018, permettant de retirer en une heure les contenus terroristes en ligne. Lundi 2 novembre, dans une tribune publiée par l'Opinion, Manfred Weber, président du groupe conservateur (PPE) au Parlement européen, s'en est pris à "la gauche qui complique inutilement cette procédure". "Ce texte va faire l'objet de nouvelles concertations dans les jours qui viennent et une ultime réunion entre Parlement et représentants des Etats, la semaine prochaine, pourrait déboucher enfin sur un compromis final", font savoir Les Echos. Autre mesure de lutte contre le terrorisme au niveau de l'Europe, la mise en place d'un procureur européen dédié à la lutte contre le terrorisme, tel que le rapporte Le Figaro.

Pour certains ces dispositions ne suffisent plus. Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio a par exemple proposé mardi 3 novembre sur Facebook un "Patriot Act" européen, calqué sur la loi américaine de 2001 restreignant les libertés fondamentales. "Il est évident que l'Europe et l'Italie ne peuvent plus continuer à prononcer des paroles de circonstance", a déclaré le ministre issu du Mouvement 5 étoiles. "L'UE doit renforcer ses niveaux de sécurité" [La Libre].

L'Union européenne dispose cependant déjà d'outils en matière de sécurité. "Beaucoup de choses se font dans la coopération antiterroriste autour d’Europol (l’agence européenne de coopération entre polices nationales NDLR) et d’Eurojust (son homologue pour la coopération judiciaire) qui fonctionnent à plein", explique le président de la Fondation Rober Schuman Jean-Dominique Giuliani [La Croix]. "Mais si l’UE peut mettre des outils sur la table, elle n’a pas vocation à remplacer les États nations, car la lutte antiterroriste relève de l’autorité régalienne […]. Les 27 devront toutefois faire preuve d’unité face à la double menace que nous courrons", conclut Jenny Raflik, professeure en histoire contemporaine à l’Université de Nantes et spécialiste des questions de sécurité et de terrorisme [France 24].

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