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[Revue de presse] Après le blocage de la Hongrie et de la Pologne, le budget bouscule l'agenda du Conseil européen

Revue de presse 19.11.2020

Les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement se retrouvent ce jeudi 19 novembre pour une nouvelle visioconférence, à l’origine dédiée à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Mais l’adoption du plan de relance et du budget pluriannuel de l’UE devrait occuper une large partie des débats.

Le président du Conseil européen Charles Michel doit coordonner les discussions entre les vingt-sept dirigeants européens pour permettre l'adoption du plan de relance et du budget pluriannuel

Le président du Conseil européen Charles Michel doit coordonner les discussions entre les vingt-sept dirigeants européens pour permettre l'adoption du plan de relance et du budget pluriannuel - Crédits : Conseil européen

Les dirigeants européens devaient se concentrer sur la pandémie de coronavirus lors du sommet virtuel” de ce jeudi. Dans la continuité de leur dernière réunion le 29 octobre, les Vingt-Sept devaient poursuivre leurs discussions visant à “renforcer l'effort collectif de lutte contre la pandémie, dans le but de se coordonner sur les politiques de test et de traçabilité, ainsi que sur les vaccins” [Euronews]. 

Le sujet sera abordé, tout comme l'intensification des négociations post-Brexit. Mais la paralysie du budget de l'UE à la suite des vetos hongrois et polonais sera au cœur des discussions”, prévient L’Express. En début de semaine, “Varsovie et Budapest - désormais avec le soutien de la Slovénie - ont bloqué l'adoption du plan de relance post-virus et du budget à long terme de [1 800 milliards d'euros]", rappelle Euractiv.

[Revue de presse] La Hongrie et la Pologne bloquent le prochain budget et le plan de relance européens

Bras de fer

La Pologne et la Hongrie, rejointes depuis mercredi par la Slovénie, rejettent en effet le “mécanisme liant le versement des fonds du plan de relance européen, adopté in extremis en juillet, au respect de l'état de droit”, écrit Le JDD. Avec ce dernier, un pays pourrait voir ces fonds refusés s'il met à mal “des domaines tels que les normes démocratiques, la liberté des médias et l'indépendance du pouvoir judiciaire”, explique Euronews. “Le principe d'un tel mécanisme à la majorité qualifiée avait été agréé, en juillet”, par les chefs d'Etat et de gouvernement eux-mêmes, rappelle Gabriel Grésillon dans les colonnes des Echos. Mais chacun des trois États invoque plusieurs raisons pour revenir sur ses engagements. 

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui a dans sa ligne de mire les élections du printemps 2022, veut s'assurer qu'aucune sanction ne pourra être prise d'ici là : il cherche à rendre le mécanisme inopérant et réclame une possibilité d'appel en cas de sanction, fustigeant le ‘chantage’ d'une Union européenne ‘pro-immigration’”. Il est rejoint sur ce point par le chef du gouvernement slovène Janez Janša, pour qui "seule une instance judiciaire indépendante peut dire ce qu'est l'état de droit, pas une majorité politique", poursuit Le JDD. Face à cela, “plusieurs diplomates évoquent la possibilité de ‘redonner des garanties’ sur l'impartialité du mécanisme pour donner des gages à Budapest, en réaffirmant que l'Etat visé pourra se défendre et saisir la Cour de justice de l'UE”, répond L’Express.

Varsovie, dont les réformes judiciaires sont régulièrement épinglées, voit, elle, dans cette initiative, une atteinte inacceptable à sa souveraineté, un conflit ‘purement idéologique’” [Le JDD]. Elle redoute avec Budapest que la Commission européenne, à qui serait confiée la responsabilité de déclencher une procédure en cas de non-respect de l'état de droit, “ne développe une approche trop politique de sa fonction”. Les Européens pourraient donc se pencher sur une déclaration “qui rassurerait les deux pays, en particulier sur le rôle futur de la Commission européenne dans ce mécanisme”, écrivent Les Echos

A la recherche d’un compromis

Pas question en revanche “de déployer des trésors d'inventivité pour résoudre un problème dont la substance précise n'a pas été définie”, ni de rouvrir le contenu de l’accord trouvé avec le Parlement européen, poursuit le média. “C'est à ces deux pays d'apporter des solutions et nous espérons qu'ils pourront le faire au plus vite”, explique un diplomate européen cité par Les Echos. Et c'est à l’Allemagne, en charge de “la présidence semestrielle de l'Union européenne", que revient "la lourde tâche" d'obtenir une solution [Le JDD]. “Angela Merkel est très expérimentée et jouit de la confiance de nombreux membres du Conseil européen, elle a donc de bonnes chances de trouver un compromis”, assure Manfred Weber, le chef du Parti populaire européen au Parlement européen [Euronews].

En cas de blocage persistant toutefois, certains pays comme la France n’excluent pas “en dernier ressort” d’adopter le plan de relance “sans les pays qui bloquent", a annoncé le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, devant le Sénat mercredi [Ouest-France]. “L’Europe ne peut être retenue en otage par un certain nombre de gouvernements qui ne souhaitent pas avancer, qui ne souhaitent pas respecter le socle essentiel de notre projet politique”, a-t-il déclaré devant les élus. Le plan de relance pourrait faire ainsi faire l'objet “d'un accord intergouvernemental excluant les Etats frondeurs”, soit une option “techniquement complexe et ‘prématurée’" mais "qui est sur la table", selon une source européenne, citée par L’Express

A ce stade, cette menace “sert essentiellement d'épouvantail, tant elle serait lourde dans sa mise en œuvre et, plus encore, dans ses conséquences politiques”, analyse Gabriel Grésillon [Les Echos]. Aucune décision n'est toutefois attendue à l’issue du sommet de ce soir. Celui-ci sera "l'occasion d'un échange de vues", [L’Express] mais “ce n'est certainement pas dans une téléconférence à 27 que nous allons pouvoir élaborer une véritable solution”, explique un diplomate européen. “Seuls des formats plus restreints, notamment bilatéraux, peuvent permettre d'avancer”, explique-t-il aux Echos.

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