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[Revue de presse] Affaire Navalny : les Européens durcissent le ton face à Moscou

Revue de presse 04.09.2020

Jeudi 3 septembre, l'Union européenne a menacé la Russie de sanctions si elle n'ouvrait pas d'enquête sur l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny. Plusieurs acteurs appellent également l'Union européenne à remettre en cause le projet commun de gazoduc Nord Stream 2.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny est toujours dans le coma suite à son empoisonnement le 22 août 2020

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny est toujours dans le coma suite à son empoisonnement le 22 août 2020 - Crédits : Evgeny Feldman - Novaya Gazeta / Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

"La pression est montée d'un cran jeudi soir", constate Le Point : au nom de l'Union européenne, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell "a appelé Moscou à [ouvrir] une enquête sur l’empoisonnement de l’opposant russe, Alexeï Navalny, et n’a pas exclu des sanctions" en cas de non-coopération [Le Monde]. La veille, des tests toxicologiques réalisés par un laboratoire de l’armée allemande avaient apporté des "preuves sans équivoque" d’empoisonnement de M. Navalny par un produit de la famille du Novitchok, selon le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert. La chancelière allemande Angela Merkel a poursuivi parlant de "crime" destiné à le "réduire au silence" [Le Monde].

Massivement dénoncé par les dirigeants européens, "le recours à cet agent hautement toxique conçu par les scientifiques soviétiques a renforcé les soupçons sur l'implication de l'Etat russe dans cet empoisonnement", poursuit le quotidien. Il s'agit en effet de la même substance que celle utilisée "contre l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018" au Royaume-Uni. Les autorités britanniques en avaient alors "imputé la responsabilité à l'Etat russe", ce qui avait entraîné "de lourdes sanctions occidentales" contre le pays [Le Point]. Ainsi, "deux ans après la crise diplomatique provoquée par l'affaire Skripal, (…) les relations entre l'Ouest et la Russie risquent bel et bien de s'envenimer à nouveau", estiment Les Echos.

Moscou en difficulté

Si devant la presse, "le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a soutenu qu'il n'y avait 'aucune raison' d'accuser l'Etat russe et a appelé l'Occident à se garder de tout 'jugement hâtif'"[Le Point], les dernières déclarations européennes mettent déjà la Russie en difficulté. "Moscou voit, depuis quelques jours, son économie secouée par cette nouvelle crise diplomatique", explique Le Monde. "Le rouble a plongé, mercredi soir, à son plus bas niveau depuis le pic de la pandémie". Et "face aux accusations européennes, les marchés et analystes politiques craignent de nouvelles sanctions contre la Russie", poursuit le média. Celles-ci viendraient alors "s’ajouter à celles déjà imposées à Moscou depuis l’annexion de la Crimée en 2014".

Dans l'immédiat, la non-coopération de Moscou pourrait avoir des conséquences "sur toute la première partie de la saison politique, sur les rencontres et les événements prévus", estime Andreï Kortounov, directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales, important groupe de réflexion cité par Courrier international. "La visite programmée du président français Emmanuel Macron à Moscou (…) aura-t-elle lieu" ?, s'interroge l'expert. Selon lui, l'épisode pourrait même avoir un "effet cumulatif" avec les évènements en Biélorussie, dans lesquels "la Russie est accusée d’ingérence par l’Occident“, et conduire "à une nouvelle escalade de la confrontation entre la Russie et l’Occident”.

"L'arme du gaz"

Un grand nombre de députés européens veulent aller plus vite : dans une lettre commune, ils appellent le haut représentant de l'UE à mettre en place des "sanctions coordonnées", via "le mécanisme européen de sanction des violations des droits de l'homme", relaie Politico. Doutant que la Russie ne soit "capable et désireuse d'enquêter sur le véritable contexte de ce crime", ils refusent de "rester les bras croisés alors que l'opposition en Russie est systématiquement soumise à des attaques au poison", poursuit le document.  

Dans le même temps, "plusieurs responsables et diplomates allemands appellent à faire appel à  'l’arme du gaz'" afin d'accroître la pression sur Moscou [Le Monde]. La construction du gazoduc russo-européen Nord Stream 2, qui doit "renforcer les importations de gaz russe vers l'Europe, Allemagne en tête", apparaît ainsi menacée, expliquent Les Echos. Si la chancelière allemande Angela Merkel a jusque-là défendu ce projet "controversé au sein de l'Union européenne", elle est depuis plusieurs jours "confrontée à des pressions internes" pour le reconsidérer.

Les Verts, plus grand parti d'opposition du pays, "ont demandé à Merkel d'utiliser le projet de gazoduc pour faire pression sur le Kremlin" [Euractiv]. Un appel relayé par le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, Norbert Röttgen, qui réclame que "l’Union européenne abandonne le projet controversé de gazoduc". "Nous devons mener des politiques dures, nous devons répondre avec le seul langage que Poutine comprenne : les ventes de gaz", a-t-il déclaré jeudi [Le Monde].

 

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