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[Revue de presse] Affaire Navalny : la France et l'Allemagne appellent à des sanctions européennes contre la Russie

Revue de presse 08.10.2020

Mercredi 7 octobre, les ministres français et allemands des Affaires étrangères ont dénoncé la responsabilité du gouvernement russe dans l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny et préconisé des mesures de rétorsion européennes.

Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas ont dénoncé l'implication de la Russie dans l'empoisonnement d'Alexei Navalny et poussent pour des sanctions européennes

Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas ont dénoncé l'implication de la Russie dans l'empoisonnement d'Alexei Navalny et poussent pour des sanctions européennes - Crédits : Conseil de l'UE

Dans un communiqué de presse commun publié hier soir, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son homologue allemand Heiko Maas ont dénoncé une "implication et une responsabilité" du Kremlin dans l’empoisonnement d'Alexeï Navalny [Libération]. La veille, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques soutenait à son tour que l'opposant "avait été empoisonné avec un agent neurotoxique interdit de la famille Novichok - confirmant ainsi les découvertes de laboratoires en Allemagne, en France et en Suède", précise le Financial Times.

En août, Paris et Berlin avaient "tenté d'utiliser les canaux diplomatiques pour demander plus d'informations sur la façon dont Navalny est tombé malade", rappelle Politico. Mais le gouvernement russe "n'a pas fourni de réponses satisfaisantes", notamment lors d'un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron le 14 septembre, poursuit le média. "Nous considérons dans ce contexte qu’il n’existe pas d’autre explication plausible à l’empoisonnement de M. Navalny qu’une responsabilité et une implication russes", ont alors réagi les chancelleries françaises et allemandes [Sud-Ouest]. Pour Berlin, l'agent toxique "n'a pas pu être utilisé sans les ordres des responsables d'un service secret", complète la Frankfurter Allemeine Zeitung.

Vers des sanctions européennes ?

Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas ont ainsi annoncé hier "qu’ils soumettr[aient] à leurs partenaires de l’UE des propositions de sanctions à l’encontre de personnes considérées 'comme responsables de ce crime et de cette violation des normes internationales'", rapporte Libération. Berlin a avancé que les sanctions envisagées "pourraient comprendre des interdictions de voyager et le gel des avoirs" [Financial Times] à l'encontre de ceux "qui ont été impliqués dans le développement ou l'utilisation de l'arme Novichok en Russie" [Frankfurter Allemeine Zeitung].

Ces dernières semaines, "la pression s'est accentuée en Europe pour que Moscou soit punie", évoque le Financial Times. Après l'empoisonnement du principal opposant russe, "le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait évoqué la possibilité d’une 'loi Navalny' en tant que véhicule pour de nouvelles sanctions", confirme L'Obs. L'Estonie s'est déjà positionnée en leur faveur : pour sa présidente Kersti Kaljulaid, "l'UE devrait imposer des sanctions ciblées 'le plus tôt possible', une fois qu'elle aurait établi 'qui, où et comment' avait été perpétrée l'attaque" [Financial Times].

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Car l'absence de suspects formellement identifiés reste une difficulté. D'autres critiques ont fait valoir que "des sanctions ne seraient pas justifiées dans ce cas parce que M. Navalny a été attaqué en Russie", contrairement à celles qui avaient suivi l'empoisonnement par Moscou de l'ancien espion Sergei Skripal et de sa fille Ioulia, au Royaume-Uni en 2018 [Financial Times].

Désaccords sur les mesures

De son côté, Alexeï Navalny a lui-même exhorté les Européens à adopter des sanctions ciblées. "Les sanctions contre tout le pays ne fonctionnent pas", estime-t-il dans un entretien au quotidien allemand Bild. "Le plus important est d’interdire de séjour les bénéficiaires du régime et de geler leurs avoirs : les oligarques et les hauts fonctionnaires, le cercle le plus étroit de Poutine", détaille-t-il, préconisant également "l'arrêt de la construction du pipeline Nord Stream 2", qui doit acheminer le gaz russe en Allemagne par la mer Baltique, rapporte la Frankfurter Allemeine Zeitung.

Or ce sujet "a aggravé les divisions au sein de l'UE, entre les opposants et les partisans du projet gazier", estime le Financial Times. "Certains, comme les États baltes et la Pologne, ont profité de l'attaque contre M. Navalny pour réclamer une approche plus dure à l'égard des importations énergétiques russes, tandis que d'autres, craignant l'impact économique, se montrent plus méfiants", considère le média. Berlin a ainsi écarté l'idée d'inclure Nord Stream 2 dans les sanctions, considérant qu'il ne s'agirait pas d'une "réaction appropriée", ajoute le quotidien britannique.

Le Kremlin, quant à lui, continue de nier toute implication dans cette "tentative d'assassinat" dénoncée par Paris et Berlin, et qualifie leur déclaration "[d']inacceptable par son contenu et sa tonalité" [France info]. "Au lieu de coopérer dûment avec la Fédération de Russie afin d'éclaircir les circonstances de ce qui s'est passé avec ce blogueur, les gouvernements allemand et français sont passés à des menaces et des tentatives de chantage à notre égard", a fustigé la diplomatie moscovite [France info].

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient discuter de ces éventuelles sanctions dès le lundi 12 octobre [Financial Times].

 

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